Chapitre 13 : La voix.
Chapitre 13 : La voix.
Dire que je voyais ma vie être auparavant. J’aurais dû consulter une madame Irma pour comprendre que j’en étais aux balbutiements des ennuis. Quelques coups, qu’ils soient dans la tête ou le ventre, étaient finalement supportables. Connaître le goût de son propre sang dans la bouche n’était rien. La vie était ainsi faite. Il y avait les forts, les brutes, les alpha d’un côté, qui règnent sur leur territoire. Et les… comme moi. Les faibles. Ceux qui hésitent de s’imposer, de prendre leur place dans ce monde. Qui prennent les coups durs de la vie. Ce qui se passa dans ce cimetière en fut un. Un autre, dira-t-on. Mais, il était nécessaire. Il me fallait ce que certains appellent un électrochoc. Un événement qui m’ouvre les yeux. Un… qui m’amènerait à l’éveil.
Je fus figé un long moment face à ce mur. Face à ce nom. Charles !
Qu’il soit de ma famille me rassurait, mais, qu’il soit… mon père, était à la fois étrange et impossible. Mon père, même si ma mémoire était mauvaise à son sujet, était mort en se la donnant. Ma mère, elle, partit plus tôt en tentant de mettre au monde ma petite sœur. Mais les deux furent déclarés décédés le jour de l’accouchement. J’étais très jeune ce jour-là, mais j’avais tout de même connu mes parents. Le temps avait beau avoir effacé leur visage dans ma mémoire, les photos dans ma chambre étaient bien la preuve que Charles n’était pas mon père. Alors ? Qu’osait donc me révéler ce mur ?
Prenant sur moi, je continuai de balader mes mains, cherchant d’autres réponses. Qui pouvait faire partie de ma famille que je connais. Juste avant qu’un autre nom surgisse, une voix intérieure me parla. La voix. Celle que j’avais déjà entendue avec Charles.
« Pars! Ils sont là ! »
Pardon ? Qui ? Et pourquoi devais-je m’en aller ? J’étais enfin devant une source de réponse importante, je ne partirais pas avant de comprendre qui je suis.
« La mort t’attend si tu restes ! Pars ! »
La mort ? Et ? Avais-je vraiment envie de vivre ? À quoi cela servait-il de vivre sans savoir ce que nous sommes ?
« Laisse le temps au temps. La fatalité n’est pas une fin en soi. »
Mais merde. Elle allait se taire cette foutue voix ? J’étais déterminé pour tout découvrir ici même. Le temps ? Il était justement temps que je prenne ma vie en main. Que je me mette en quête de la vérité.
« Tu la connaîtras. Mais, seule la vie compte aujourd’hui. Pars ! Fuis ! MAINTENANT ! »
« NON !!! JE RESTE !!! »
Quelle erreur ! Une de plus. À peine m’étais-je énervée de la sorte que je sentis comme une odeur de gaz. À la suite de cela, j’entendis le bruit sourd de la roche qui frottait au plafond. L’entrée ! Elle se refermait ! On essayait véritablement de me tuer.
Je courus le plus vite possible vers la sortie, mais il était trop tard, j’étais belle et bien enfermé. Le peu de lumière provenant du mur me permit de voir qu’un gaz jaunâtre remplissait mon espace. Si je ne trouvais pas rapidement comment sortir d’ici, j’allais crever, comme une merde. La voix avait raison. On en voulait à ma vie, et vue comme c’était parti, ils avaient gagné.
« Tout n’est pas fini. Le mur ! »
Le mur ? Oui et ? Ce n’est pas des noms qui allaient me sauver. Au contraire, c’est le fait d’avoir été trop curieux que j’en étais là.
« Derrière le mur, ta vie sera. »
Et voilà que la voix se prenait pour Yoda. Mais je te jure. On se jouait de moi, ce n’était pas possible. Un sabre laser m’attendait en récompense si je m’en sortais ? Bon, je n’avais pas le choix, je me mis à fouiller pour voir comment passer derrière le mur.
« Il faut le briser. Vite. »
Quoi ? Mais… ? Ma véritable identité était là, devant moi, et il faudrait que je le casse ? Cela reviendrait à briser mes espoirs. À ne plus avoir la possibilité d’en savoir plus. Mais, le gaz qui se répandait de plus en plus vite m’avait obligé à prendre une décision. La super force que j’avais utilisée sur Zack pourrait certainement venir à bout de ce mur, mais avant cela, je pris mon téléphone. Je passai ma main rapidement de partout sur le mur tout en filmant avec le Smartphone. Ne cherchant pas à savoir ce que je prenais, je fis rapidement le tour. Mes poumons inhalaient déjà ce gaz mortel. Il était temps de détruire le mur. Les larmes aux yeux, mes pensées axées sur un sentiment de puissance, je vis le mur partir en éclats. Qu’allais-je découvrir derrière lui ? Allais-je vraiment survivre à cela ? Bien évidemment, je ne serais pas là à pouvoir vous raconter tout cela aujourd’hui sinon.
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