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Le Danemark, l'Europe, le Groenland et Donald Trump

Le Danemark, l'Europe, le Groenland et Donald Trump

Published Jan 8, 2026 Updated Jan 8, 2026 Politics
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Le Danemark, l'Europe, le Groenland et Donald Trump

Ceci est une réponse à un post de Thierry Curty dans le fil d'actualité le 8 janvier 2026


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Le plan détaillé dans le deuxième paragraphe de ce post, c'était il y a dix ou quinze ans qu'il aurait fallu le mettre en œuvre. Quand personne ne s'intéressait au Groenland. Maintenant c'est trop tard. Y installer des bases militaires européennes ? Trump considérerait désormais cela comme un casus belli. Et les USA ont beau être en déclin, ils ont encore toujours les moyens de leur politique. Les Européens sont-ils prêts à se battre pour le Groenland ? Euh, j'ai comme un doute, là...

Sans parler des écologistes qui n'auraient pas manqué de crier au scandale : le Groenland ne devrait-il pas rester une vaste étendue neigeuse immaculée et inviolée ? Son déneigement n'est-il pas un indicateur du réchauffement climatique ?

Et puis, je ne voudrais pas faire ma décolonisatrice attardée, mais... qu'en pensent les Inuits ?... En principe, c'est aux habitants autochtones que la terre devrait appartenir, pas à un pays situé à des milliers de kilomètres et au-delà de l'océan. C'est tout le principe de la décolonisation, qui fut l'un des événements majeurs de la seconde moitié du vingtième siècle. De ce strict point de vue-là, USA-Danemark/Europe, match nul : c'est bonnet blanc et blanc bonnet (c'est le cas de le dire !).

S'il faut absolument rattacher le Groenland à un autre pays déjà existant, il serait plus logique de le rattacher au Canada, il suffit d'ouvrir un atlas ou de regarder une mappemonde pour s'en convaincre. Sauf que le Canada n'a pas vraiment l'âme conquérante, qu'il n'a pas un Donald Trump à sa tête, et qu'il estime probablement avoir déjà assez de vastes étendues neigeuses sans avoir besoin d'en rajouter.

Dans la même logique de la mappemonde, le Groenland est tout de même plus proche des États-Unis que de l'Europe.

Il m'en coûte assez de devoir l'écrire tant ce personnage me fait horreur, mais Trump n'est pas vraiment illogique sur ce coup-là.

S'il paraît fou et ridicule, c'est parce que dans un premier mouvement, on pense au Groenland comme à un désert blanc : "qu'est-ce que les États-Unis peuvent bien avoir à faire de ce désert blanc emprisonné le plus gros de l'année dans une mer de glace ?"

Le deuxième mouvement consiste à s'étonner de le voir remettre en cause le statu quo (comme si Trump n'avait pas déjà largement prouvé dans le passé qu'il n'en a strictement rien à faire du statu quo, comme s'il ne l'avait pas déjà maintes et maintes fois remis en question).

Dans un troisième mouvement, on se demande pourquoi il s'en prend à l'Europe et surtout à l'UE, qui a toujours été une fidèle alliée, et surtout au Danemark, qui le soutient le plus.

Et ce n'est que dans un quatrième mouvement que l'Europe se réveille, sort de sa torpeur, et réalise qu'en fait, en dessous et au-delà de ses mètres de neige, le Groenland cache un coffre-fort de ressources naturelles, de vastes étendues où installer des éoliennes et, pourquoi pas, des panneaux solaires (soleil de minuit en été !), et aussi une terre devenue stratégique dans un océan Arctique qui se dégèle avec le réchauffement climatique.

C'est tout de même malheureux qu'il ait fallu que Donald Trump s'intéresse au Groenland en 2025 pour que l'Europe réalise qu'elle dormait sur un coffre au trésor... qu'elle aurait été parfaitement capable d'exploiter si elle l'avait voulu.

Évidemment, exploiter minièrement, industriellement et énergétiquement le Groenland, ça ne fait pas très "green policy". C'est clair que si les autorités du Danemark ou de l'UE avaient voulu le faire, ils auraient eu les écologistes sur le dos - pas seulement en Europe, mais dans le monde entier.

Mais si on s'y était mis il y a dix ou quinze ans, Trump aurait-il la même audace pour revendiquer ce bout de terre ?

On sait bien que Trump ne recule devant rien - il vient de le prouver au Venezuela en enlevant leur chef d'État - ou alors seulement devant aussi puissant et/ou aussi déterminé que lui (Chine, Russie, Corée du Nord).

S'il avait constaté la présence d'une Europe puissante et déterminée au Groenland, tenterait-il de passer en force de la même manière ? Aurait-il même pensé, dans un premier temps, qu'il pourrait racheter le Groenland à un Danemark qui n'en faisait rien, ou pas grand-chose, et que le fric, à coups de milliards de dollars, pouvait suffire à régler la question ?

Mais... "une Europe puissante et déterminée" ? Hihihi, je me marre...

Et Trump aussi doit bien se marrer si on lui sort une chose pareille.

L'Europe, par contre, aujourd'hui, elle se marre un peu moins...


Crédit image : © Connormah - licence CC BY-SA 3.0


© Jackie H, 2026

Tous droits réservés selon toutes législations et conventions nationales et internationales en vigueur, qu'il s'agisse d'individus humains, d'organisations ou d'intelligences artificielles

Texte entièrement rédigé par un être humain

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Comments (9)

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Daniel verif

Daniel Muriot 19 days ago

Je souhaite ajouter un point au commentaire de Thierry, directement en lien avec l'écologie et le nom de l'île.

Si les explorateurs qui accompagnaient Erik le Rouge l'on dénommé "pays vert", c'est qu'il avait une bonne raison. Alors les écolos et leur neige à la con...

Cependant, je trouve bien dommage de sacrifier l'une des rares terres fertiles que l'agriculture moderne n'a pas encore détruite pour en extraire quelques tonnes de terres rares.

À mon sens, le retour à une véritable alimentation, exempte de l'appétit dévastateur du complexe agro-industriel en cheville avec les fabricants de médicaments (et d'huile de serpent) devrait primer sur la fabrication massive de voitures électriques et de téléphones portables.

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Daniel Muriot verif

Daniel Muriot 19 days ago

Bien sûr, ce que je dis plus haut est un ramassis de bêtises. Il est plus plausible que ce nom ait été choisi car "plus séduisant pour de future colons."

Mais avouez que ça pourrait passer crème sur Facedebouc.

Notre époque n'a pas la primeur des publicités plus belles que la réalité. ;)

Jackie H verif

Jackie H 19 days ago

Ce n'est pas du tout un ramassis de bêtises. L'expédition d'Érik le Rouge a eu lieu au dixième siècle, lors de ce qu'on appelle "l'optimum climatique médiéval", et à cette époque, l'île était bien verte pendant une bonne partie de l'année, d'où le nom qui lui a été donné (et qui peut surprendre aujourd'hui). C'est du Groenland que les Vikings sont partis pour découvrir et coloniser à leur époque l'Amérique du Nord, qu'ils ont appelée le "Vinland" - témoignage du climat de l'époque. C'est au quatorzième siècle que le refroidissement climatique du "Petit Âge Glaciaire" médiéval a conduit les populations d'origine scandinave à quitter l'île, désormais pratiquement toute l'année sous la neige (et avec elle l'Amérique du Nord), pour y revenir trois siècles plus tard sous l'impulsion de Hans Egede quand le climat s'est à nouveau réchauffé (eh oui, les variations climatiques ne datent pas d'aujourd'hui 🙂)

Daniel Muriot verif

Daniel Muriot 19 days ago

Merci.

J’ai appris l’histoire de la colonisation du Groenland quand j’étais petit. Et on me disait que les vikings y faisaient justement pousser des céréales. Idem pour la découverte de raisin qui expliquait le nom Vinland.

Cependant, il était déjà mal vu à l’époque d’émettre l’idée que le climat ait pu être plus chaud dans le passé. Parce qu’il ne fallait pas contredire le sacro-saint réchauffement dont on accusait déjà les émissions carbone.

À priori, le niveau de la mer serait aussi monté faisant reculer la côté groenlandaise. Ce serait lié en partie à l’affaissement du sol sous le poids de la calotte glaciaire. Pas étonnant, qu’ils soient partis à ce moment-là, d’autant que les cultures devaient pousser moins bien.

Jackie H verif

Jackie H 19 days ago

Effectivement, entre le climat qui se refroidissait, rendant les cultures moins rentables, et le niveau de la mer qui montait, réduisant la surface disponible de terres arables, des populations au mode de vie essentiellement agricole n'avaient plus beaucoup d'intérêt à rester là-bas.

Les Inuits, qui, eux, étaient surtout des chasseurs, et dont le mode de vie était plus adapté aux grands froids - pas seulement par les fameux igloos, mais aussi par tout le mode de vie dérivé de la chasse, vétements en fourrures et cuir d'animaux notamment - ceux-là sont restés, parce que pour eux, le refroidissement climatique ne changeait pas grand-chose.

Thierry verif

Thierry Curty 21 days ago

J'aime beaucoup. Je vais répondre d'abord à la question écologique : la transition écologique nécessite des moyens et il se trouve que l''exploitation du Groenland y répond. D'exploiter le Groenland est en droite ligne avec l'électrification, la dématérialisation, la décarbonation. Les écolos, on s'en fout. Les écologistes, eux, sont pour.

Ensuite le casus belli de l'implantation de militaires européens. Il n'y a pas de raison si il n'y a pas d'agression des militaires américains implantés depuis 70 ans à Thulé. Nous parlons de deux fondateurs de l'OTAN qui ont un partenariat de coopération.

Enfin, il faut savoir que les inuits ne sont pas natifs du lieu, les européens se sont implantés au Groenland bien avant leur arrivée. Il a été colonisé par Erik le Rouge il y a 1000 ans.

https://www.7sur7.be/monde/washington-se-demande-de-quel-droit-le-danemark-possede-le-groenland-que-disent-les-faits-historiques~a47b409c/

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Jackie H verif

Jackie H 20 days ago

Merci pour ce beau commentaire bien circonstancié, qui a quelque peu fait évoluer mon opinion en me mettant en contact avec d'autres informations, comme vous le verrez ici (encore une fois, la réponse était trop longue pour un commentaire !)
https://panodyssey.com/fr/article/politique/le-danemark-l-europe-le-groenland-et-donald-trump-2-6enekjg66qv6

Une question cependant : quelle différence faites-vous entre les écolos et les écologistes ? (les uns politiques, les autres scientifiques peut-être ? ou est-ce autre chose ?)

Thierry Curty verif

Thierry Curty 20 days ago

Les écologistes savent de quoi qu'ils parlent, ce sont des gens instruits, c'est un métier scientifique. Les écolos sont des idéologues primaires, ils sont les antivaxx de l'écologie, ils font chier et surtout peur de la transition écologique. On doit se battre pour éviter que ce qu'ils soutiennent se fasse plutôt que réaliser la transition écologique, parce qu'il vaut mieux un monde à la Mad Max que leur monde pseudo-écolo de merde. Les ennemis de la transition écologique, c'est eux, pas les climatosceptiques ou les dénialistes, qui sont quotité négligeable.

Jackie H verif

Jackie H 20 days ago

Quotité négligeable certes... mais potentiellement influente (quand on compte un Donald Trump dans ses rangs, fatalement, on pèse de son poids.. et pas seulement parce qu'il est obèse...)

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