Troisième cycle 4/5
Troisième cycle 4/5
Très souvent,
après la colère,
mais même après l’amour,
il y a cette mélancolie
qui s’abat sur moi
comme une déferlante.
J’ai beau dresser
des barrières,
des murs,
pour qu’elle ne m’atteigne pas,
elle est d’une force
insoupçonnée.
J’ai souvent perdu
contre elle.
Mais elle a aussi
un rôle essentiel
dans ce corps
que je façonne.
De la mélancolie
naissent parfois
des notes de couleurs
étincelantes.
Elle va chercher,
dans ce corps meurtri,
des fragments
de créativité.
Combien de fois
ai-je ressenti
ce pouvoir de créer,
de m’épanouir
dans une pensée
qui venait m’apaiser.
La mélancolie
peut être une pause,
celle qui me permet
de passer
d’une émotion
à une autre.
Elle est cette porte
que l’on tient fermée
à bout de bras,
car la laisser s’ouvrir,
c’est s’exposer
à des vents tourbillonnants.
Mais j’ai besoin
de ses couleurs
pour peindre ce corps
qui fera de mon histoire
quelque chose d’authentique.
La mélancolie
me porte
quand rien ne va.
Elle n’est pas
un havre de paix,
mais une transition,
qui peut devenir
une renaissance
quand on l’accueille.
Elle me rappelle
que le corps,
malgré son aspect brut,
malgré cette volonté
d’être solide,
porte en lui
les émotions fortes.
Elle me rappelle
la fragilité
qui me traverse.
Elle fait partie
de l’histoire.
Elle est comme
le quatrième élément,
le vent,
capable d’être
à la fois une brise
et un ouragan.
Je sais maintenant
que teintée de sa couleur,
elle va poser des mots
sur ce corps
qui se forme
et qui, désormais,
est complet.
4/5
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