PURGATOIRE
Comme les chétives saisons se défilent,
et que les palétuviers bleus, las de porter leurs essaims de bras estropiés, en direction d'un ciel résolument insaisissable ─ finissent par s'incliner sur l'autel terrestre:
voici que je me couche encore ici bas.
Entre ces échos qui troublent de loin ─
ces appels disloqués, dans le vide de cathédrales déchues ;
en attendant l'avènement improbable de songes inouïs :
voici que je me couche encore ici-bas.
Ici-bas.
Écrasée par le poids du monde.
Tout n'est-il que mutisme abstrait ?
Seuls, au firmament, ça et là, quelques satellites égarés en guise de réponse ...
Quelques étincelles précoces:
astres de feu et de sang, qui éclatent,
tels des boutons de roses à maturité,
comme pour ébranler un instant la fixité maladive
de l'espace désespérément sourd.
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