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Comme une vague

Comme une vague

Published Mar 3, 2026 Updated Mar 10, 2026 Poetry and Songs
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Assis à regarder le large,

je me prends à rêver de reprendre l’océan,

de remonter dans ce navire

qui un jour m’a déposé sur cette terre.


L’océan est d’une beauté si majestueuse

qu’on en oublie qu’elle peut être dangereuse,

de par sa force.


Toutes voiles dehors,

je quitte le port,

ces eaux tranquilles.


Je passe l’estuaire

pour entrer dans ces premiers murs de vagues

qui me redonnent un air vivant.


Elles me donnent l’envie d’aventure,

alors je monte en haut de ce mât

pour y voir l’horizon.


Parfois je suis en suspens,

suspendu par des silences

qui n’attendent qu’un bruit,

un signe,

un mot.


Je suis en apesanteur

de mes pensées qui s’égarent,

qui vagabondent.


Je ne suis pas à la recherche d’un ancrage,

mais d’un phare

qui me guide dans cette pénombre.


Au détour d’îles,

de péninsules,

de continents,


je traverse les océans

à la recherche de nouvelles expériences,

de nouveaux visages.


Je me laisse porter,

et parfois emporter,

par les courants,

pensant ne jamais perdre le nord.


Et puis il y a toi,

assise là,

que je vois au détour d’un songe.


Je rêve sans doute,

mais j’ai envie de t’écouter,

de me baigner dans ce regard

qui se pose sur moi.


Alors, pour un instant,

même si cela me coûte,

je veux le vivre

sans jamais rien regretter —

sinon de ne pas avoir goûté

à cette ivresse bien plus tôt.


Je n’ai jamais réellement regardé

la chance qui était autour de moi.


Par peur de toujours tout perdre,

par peur de croire

que ce n’était qu’un mirage.


Tant de fois j’ai lancé tout mon être

sans même vérifier

si j’étais bien attaché au mât

lorsque l’océan grondait.


De ces songes,

j’aime pouvoir dire

que je te vois telle que tu es,

plus comme un mirage,

plus comme une ivresse.


Mais te voir comme cette lumière

qui me porte au milieu des vagues.


Mon embarcation ne tient

que de bouts de ficelle,

de liens qui me tiennent.


Je suis d’une maladresse maladive,

car à trop m’oublier

pour tenir le lien,

je me fais défaut.


À trop vivre cette ivresse,

j’en oublie de t’écouter.


Alors je chavire,

je pars à la dérive,

pour échouer sur mes sentiments.


Mais tel un naufragé,

un Robinson,

je ne perds nul espoir.


Je flotte au gré des vagues,

accroché à un bout de bois

rescapé de mon embarcation.


Je suis nulle part,

dérivant dans mes pensées.


Même si je ne vois

ni rivage,

ni bateau,

je n’ai pourtant pas peur.


Il fait froid,

l’eau me glace le corps —

et pourtant,

j’ai chaud au plus profond de moi.


Est‑ce l’espoir

qui me tient en vie,

ou bien ton souvenir ?


La douceur de ton corps,

de tes bras qui m’enlacent,

qui me tiennent

dans mes songes les plus doux.


Je flotte

sans réellement savoir

où les vagues m’emportent.


Peut‑être vers une fin,

sans issue,

sans retour possible.


Une fin qui,

même si elle est déchirante,

me fait dire

que j’ai eu le bonheur

de toucher,

d’une caresse,

des instants vivants.


Je n’ai nullement peur.


Je ne me résigne pas

à m’abandonner

sans qu’il n’y ait une lueur,

une nouvelle route

qui se crée devant moi.


Je me tiens fermement

à ce dernier bout de bois,

celui qui me rattache

à ce que je tiens le plus.


Dès que la nuit

laissera place à la lumière,


quand l’obscurité cédera

aux premières lueurs

posées sur l’immensité

de cet océan,


et que la chaleur

remplira mon corps

de sa brillance,


je sais que je retrouverai

la force d’avancer.


Je flotte

dans cette lumière

qui m’enveloppe.


Je l’accueille

dans sa chaleur,


et je me mets à rêver

de ses bras qui m’enlacent,

qui me font tenir bon,

et qui me donnent

cette force de voir plus loin,

d’apercevoir

cette petite île.


Même si ce n’est

qu’un petit bout de terre,

il est un nouveau départ,

une étape

pour reconstruire mon embarcation,


reprendre ma route

en suivant, pour boussole,

mes sentiments,

mon désir d’amour.


Je flotte

au beau milieu

de cet océan.


Mais cela ne veut pas dire

que je me sens perdu —

juste que je traverse

mes songes.


Je ne saurais dire

quel cap je prendrai.


Je sais ce qui me pèse,

ce qui m’attire

vers les fonds marins,

sombres et froids.


Mais je sais surtout

ce qui me fait voyager,

planer

comme ces oiseaux

qui me suivent

dans mon sillage.


La traversée

sera sans doute longue,


mais j’écrirai

tous ces songes

que je lancerai

comme une bouteille à la mer.


Pour qu’un jour

ils soient lus,

sans que je m’y attende,

qu’ils soient reçus,

sans que je n’aie rien à attendre.


Même si l’embarcation,

faite de peu de choses —

de mes espoirs

et de mon envie

de repartir au large —


vacille,

je reprendrai la mer.


Non pour refaire

les mêmes erreurs,

ni réparer,

ni reconstruire.


Mais pour bâtir

de nouveaux songes.

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