Mardi 27 janvier 2026
Mardi 27 janvier 2026
Voilà déjà plusieurs semaines que chaque jour, de nouveau, je m’installe devant mon ordinateur. Ensuite, je m’efforce d’écouter. Je tends l’oreille vers ce qui vient du dedans et ce qui vient du dehors, essayant d’attraper en vol l’un des fils invisibles qui flottent dans l’air autour de moi. Le processus est plus ou moins long, plus ou moins fastidieux. Parfois la mécanique est fluide et les phrases se forment facilement, d’autres fois chaque mot oppose une résistance farouche et se débat. Souvent, même lorsque j’ai au moins une vague idée de ce que je souhaiterais aborder, je m’aperçois que s’il m’est si difficile de formuler précisément les choses, c’est parce que je ne les discerne pas encore assez bien. Les images, les émotions ou les souvenirs sont là, je perçois leur présence et leur poids, mais leurs contours m’échappent. Il me faut alors me lancer à leur poursuite, plonger très loin à l’intérieur de moi et les suivre à la trace aussi longtemps que mon souffle me le permet. Si je finis par les débusquer, je remonte à la surface la peau collante et les mains sales d’avoir tant farfouillé, quelque part entre le vertige et la nausée. Lorsque j’ai terminé, la sensation s’est transformée en quelques lignes sur mon écran et existe en dehors de moi, figée telle qu’elle a existé à un instant donné. Je peux ensuite reprendre mon chemin, rassurée d’avoir semé derrière moi quelques mots pour dire que ce jour-là, mon cœur était précisément à cet endroit. J’écris pour ne rien oublier de ce qui aura compté et ne faisait que passer.
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