2 janvier 2026
2 janvier 2026
La fatigue est tenace, ces jours-ci, solidement ancrée à mon corps. Je pourrais, comme d’autres, blâmer la faible luminosité, les fêtes qui se terminent ou la Lune qui veille très tôt. La vérité, c’est que si la nuit avance vite, mon sommeil, lui, court plus vite encore. Bien avant que le soleil ne se couche, il m’envahit, brouille mes idées, me ralentit. Je le repousse aussi longtemps que possible, malgré mes yeux qui pleurent et ma tête lourde, mais lorsqu’enfin je ferme les yeux, il disparaît sans un bruit. Aussitôt les rôles s’inversent et me voici galopant derrière le sommeil qui s’échappe. Je le traque plus ou moins longtemps, quelque part entre les pensées du quotidien, les interminables listes de choses à faire et les projets grandioses qui, lorsque le reste du monde est endormi, paraissent soudainement tout à fait accessibles. Il finit toujours par se laisser attraper, mais alors il ouvre grand les portes de mon esprit aux questions sans réponses, aux chagrins mal digérés, à des fantômes inconnus et à ceux que j’ai trop fréquentés, à ce qui aurait pu être mais n’a pas été, aux images de ce qui a bien existé et que je préfèrerais oublier. Le matin venu, j’émerge le corps meurtri, les muscules endoloris, le cœur triste ou terrifié, la peau brûlante des mauvais rêves qui y restent accrochés. Souvent, la nuit me fait mal.
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Véronique Morel 8 hours ago
"Souvent la nuit me fait mal."
Phrase magnifique de souffrance.
Clara Mancini 6 hours ago
Merci beaucoup