Mais oui Madame
Mais oui Madame
Mais oui Madame
La ville lentement s’éclaire,
fin de journée, fatigue venue,
alors on voit les éphémères
porter leur ombre en coin de rue,
yeux de rimmel,
bouche rubis,
et puis des jambes en étincelles
sous une jupe ultra-mini.
Ce sont des putes,
mais oui Madame,
mais que cela ne vous rebute,
car c’est cela aussi Paname.
À demi-nue au bel été,
fourrure mitée au dur hiver,
elles sont faites pour s’afficher
sous la lueur des réverbères.
Rue Saint Denis ou rue Blondel,
sur des talons en altitude,
avec des airs de top models,
elles promènent leur lassitude.
Morceau de roi
pour un micheton,
un demi-sel, un grand bourgeois,
ça se marchande à trois biffetons.
Ce sont des fleurs qui ont poussé
sauvagement, et leur histoire
se rabougrit sur le pavé
comme une ivraie sous le sarcloir.
Et quand souvent, samedi soir,
votre migraine vous interdit
de satisfaire votre devoir,
on aperçoit votre mari…
qui va aux putes,
mais oui Madame,
et ce sont elles qu’il culbute
sans retenue ni état d’âme.
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