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Le paysage et le point de vue
Non-fiction
Personal Development
calendar Published May 28, 2026
calendar Updated May 28, 2026
time 9 min

Merci pour la lenteur et la réflexion profonde que je perçois dans votre récit Jackie. Elles permettent d’observer et de voir, voir avec votre sensibilité individuelle. Vous soulignez dans votre texte son importance et l’éventail de perceptions qu’elle permet. J’aime beaucoup votre constat final - des actes concrets qui permettent un ajustement psychologique personnel.
J’ai envie de dire encore une fois : Nous sommes tous Un. Le texte que j’ai corrigé cet après-midi, sans avoir eu la possibilité de le publier, touche le même sujet - le regard. Mais pssst ! Il arrivera bientôt.

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Le paysage et le point de vue

Récemment, j'ai échangé quelques propos avec Elysio Van Sterwald dans le cadre de sa publication Nettoyage de printemps. Au cours de cet échange, il a confié avoir la sensation que le Panodyssey dont on parle si souvent sur la plateforme ne lui paraît pas correspondre à celui qu'il utilise. Ce décalage d'impressions m'a rappelé des souvenirs personnels, et c'est ce qui m'a inspiré cet article.

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Pendant quatre ans et demi, j'ai travaillé à Wiltz, dans l'Ösling, les Ardennes luxembourgeoises – le nord du Grand-Duché. J'ai fait tous les jours ouvrables le trajet en voiture depuis le sud du pays, où j'habitais. Cela me faisait une heure de route, ce qui étonnait systématiquement tous les Luxembourgeois (et pas qu'eux) à qui j'en parlais. Bon – ayant débuté dans la vie active en Belgique Wallonne, où les opportunités d'emploi ne se trouvent qu'au microscope, et encore, j'étais habituée à faire avec ce que je pouvais trouver, donc je ne m'étonnais pas si vite. J'avais déjà vécu bien pire – et en transports en commun.


En quittant la N15 (où je roulais depuis Bastogne) au carrefour Schuman (qui a été bien réaménagé depuis lors, à l'époque il me suffisait de tourner à gauche, aujourd'hui il faut prendre une bretelle d'accès, mais je suppose que cela sécurise l'endroit et permet d'éviter des accidents de la route), je prenais la N26 qui épouse les contours de la colline qui domine la vallée de la Wiltz (oui, la rivière qui a donné son nom à la ville). Un peu comme en suivant une route de montagne, mais en beaucoup plus large et plus sûr – c'est un paysage de collines plus que de montagnes, ce sont les Ardennes après tout : Wiltz est la capitale des Ardennes luxembourgeoises et se revendique capitale des Ardennes – tout court.


C'est ainsi qu'en entrant dans la ville de Wiltz – qui, pour être une ville, n'en est pas bien grande – j'avais l'occasion d'admirer toute une variété de points de vue différents sur la vallée de la Wiltz.


Je me souviens de m'être sentie interpellée à l'époque par toutes ces différences. En constatant à quel point, de chaque point de vue, je pouvais penser avoir affaire à un paysage tout à fait étranger à chaque virage (et il y en avait beaucoup), alors qu'en réalité il restait toujours le même – la même vallée de la Wiltz. Même en approche, le complexe industriel où je travaillais, et qui n'était pourtant pas minuscule, ne se voyait pas de loin. Il fallait y être quasiment arrivé, avoir pratiquement le nez dessus, pour le découvrir.


C'était pourtant loin d'être la première fois dans ma vie que je me déplaçais à l'intérieur d'un paysage. J'avais déjà remarqué depuis longtemps que le changement de perspective pouvait le faire paraître différent. Je n'avais en principe aucune raison particulière de trouver qu'il s'agissait là d'une observation spéciale.


La sinuosité spécifique de la vallée de la Wiltz expliquait sans doute que ce phénomène m'ait paru alors particulièrement frappant, car il dépassait le simple changement de perspective sur une distance pourtant relativement courte. Du moins était-ce l'impression que j'en avais. Il faut dire que j'ai grandi dans la vallée mosane – littéralement au bord de la Meuse – et que le cours relativement plus rectiligne de ce fleuve ne prête pas à des vues aussi changeantes sur de courtes distances. Même si en réalité, un cours d'eau naturel n'est jamais vraiment rectiligne. Mais même les rivières de l'Ardenne belge – l'Ourthe et ses affluents, l'Amblève et la Vesdre – ne m'avaient jamais paru aussi sinueuses ni aussi encaissées.


Peut-être aussi y étais-je plus sensible parce que cela faisait partie de choses dont j'avais encore besoin de prendre conscience à ce moment-là – j'avais environ la trentaine. Disons, pour faire court, que cela faisait partie de mon chemin spirituel. Une prise de conscience du monde extérieur, une attention aux choses plus aiguisée. Un regain d'anticipation, une conscience plus nette d'avoir eu de la chance quand je réalisais que je venais de faire une manœuvre un peu dangereuse qui, dans d'autres circonstances, aurait pu tourner mal. Une attention plus aiguë, une présence augmentée au monde. Je commençais à ne plus tenir de la même manière les choses pour acquises. Cela me rendait probablement attentive à des observations qui auparavant me seraient passées inaperçues, ou bien que j'aurais trouvées plus banales et sur lesquelles je ne me serais pas posé d'autres questions. Qui sait.


Toujours est-il que la vallée de la Wiltz m'apparaissait semblable à un mystère qui révélait sans cesse de nouveaux aspects de lui-même, et que je voyais (ou que je pensais voir) dans cette sensation une leçon de vie. Et une leçon importante.


En découvrant ainsi sans cesse de nouvelles perspectives sur ce qui était et restait pourtant la même, seule et unique vallée de la Wiltz, je réalisais à quel point une perspective particulière peut changer totalement – mais alors là, totalement – la perception que l'on peut avoir de ce qui est pourtant le même paysage. À telle enseigne que deux observateurs différents, placés chacun à des postes différents, décriraient chacun un lieu totalement étranger à l'autre, dont on s'attendrait à ce qu'il se trouve à un endroit totalement différent. Mais vraiment à un endroit qui n'a rien à voir avec l'autre, et qui pourrait se trouver totalement ailleurs. À des kilomètres. Une autre vallée. Un autre fleuve. Et pourtant il s'agirait du même endroit. Exactement du même endroit.


Rien de tel qu'une expérience pareille pour réaliser à quel point, dans la vie, tout est question de perspective. Deux personnes peuvent traverser les mêmes événements et pourtant les vivre de deux façons totalement différentes. Il peut y avoir autant d'expériences que d'individus qui les vivent. La description dépend de l'observateur. Le trajet dépend du voyageur. L'observation dépend du point de vue. Et aucun point de vue ne rend compte du paysage. Ce n'est pas une simple question de perspective. C'est parfois tout le paysage perçu qui est complètement différent. Alors même qu'on se trouve à la base au même endroit. Et le plus important à en retenir, c'est que contrairement à ce que certains en diraient, aucune de ces observations n'est moins légitime que n'importe quelle autre. Aucune d'entre elles n'est plus légitime que les autres non plus. Chacune d'entre elles l'est parfaitement de son propre point de vue.


La seule et unique supériorité réside dans la vision d'ensemble – dans la vue d'avion. Qui, à bien y réfléchir, n'est elle aussi qu'un point de vue différent. Un point de vue qui a l'avantage d'embrasser une vision plus large, certes, et de réconcilier entre elles plusieurs visions particulières. Mais un point de vue, aussi, qui noie les détails dans l'étendue de l'ensemble. Or, dans la vie concrète, dans la vie réelle, dans le vécu individuel, ce sont justement les détails qui comptent le plus.


C'est une leçon dont j'ai très vite trouvé l'application partout dans ma vie. Dans mon métier d'alors, bien sûr – dans les affaires, savoir "porter la casquette de l'autre", comme on dit, ça aide. Mais ça aide aussi dans la vie personnelle. Dans les relations humaines. Dans la vie sociale. Dans l'analyse de la société. Dans la vision du monde. Dans tout.


C'est le genre de révélation qui ouvre brutalement un esprit sur de nouvelles façons de considérer les choses. Si les gens pouvaient s'en inspirer un tant soit peu, le monde irait déjà beaucoup mieux. Ou a minima beaucoup moins mal...


Crédit image : Hôtel de Ville de Wiltz, © Johnny Chicago | lb.wikipedia, GNU Free Documentation License


© Jackie H, 2026

Tous droits réservés selon toutes législations et conventions nationales et internationales en vigueur, qu'il s'agisse d'individus humains, d'organisations ou d'intelligences artificielles

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Attention les vibrisses numériques : on sniffe, on regarde, mais on ne touche pas et on ne mord pas, sinon Maman Chat donne une tape sur le museau, et la patte de Maman Chat a des griffes acérées qui peuvent faire très mal ! Si on a faim, on miaule et on demande la permission à Maman Chat d'abord 🐱 et si elle dit "non", c'est non ! Il se peut qu'elle dise "oui", mais vous connaissez la règle : pas de bras... pas de chocolat ! Par contre, on peut ramener les copains – et les copines. S'ils sont sages et s'ils se contentent de regarder, pas de problème les chatons !

Comments (2)

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Merci pour la lenteur et la réflexion profonde que je perçois dans votre récit Jackie. Elles permettent d’observer et de voir, voir avec votre sensibilité individuelle. Vous soulignez dans votre texte son importance et l’éventail de perceptions qu’elle permet. J’aime beaucoup votre constat final - des actes concrets qui permettent un ajustement psychologique personnel.
J’ai envie de dire encore une fois : Nous sommes tous Un. Le texte que j’ai corrigé cet après-midi, sans avoir eu la possibilité de le publier, touche le même sujet - le regard. Mais pssst ! Il arrivera bientôt.

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Jackie H verif

Jackie H 21 days ago

Merci beaucoup de votre lecture et de votre appréciation Bozena 🙏🏻.
Oui, tout est question de regard, de perception, puis d'ajustement psychologique et peut-être même spirituel... et, oui, j'aime prendre le temps de la réflexion voire de la méditation, et je pense que cela se ressent dans mon écriture 🙂.
Je lirai avec intérêt votre... regard 😉 sur la question 🙂.

PascalN verif

Pascaln 21 days ago

J'ai lu avec attention et curiosité votre texte. J'en retiens et partage l'idée aussi belle que finalement simple et encontournable de dire : Que tout n'est que question de perspective personnelle. Ce qui me renvoie à " l'Alchimiste ou au "Manuel du guerrier de lumière " de P. Coelho, un auteur que j'ai beaucoup lu et qui m'a beaucoup apporté. Tout comme par ailleurs Don Miguel Ruiz qui n'a pas écrit que les intergalactiques " Accords Toltèques " ...
Pour finir se commentaire, j'enfile ma casquette de philosophe de comptoir que j'aime bien, pour poser ici cette pensée que m'inspire votre écrit :

" Chaque histoire détient une part de vérité selon celui qui la raconte.
Et finalement, chacun écrit sa propre légende. "

Merci de ce partage.

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Jackie H verif

Jackie H 21 days ago

Merci à vous de votre commentaire Pascal 🙏🏻
Oui, j'ai lu moi aussi le "Manuel du guerrier de la lumière" et je l'ai beaucoup apprécié. Un peu moins "Le Zahir" (où j'ai pourtant appris certaines choses) et "Onze minutes".
Sinon, chacun d'entre nous n'est-il pas un peu philosophe – et aussi psychologue – à sa manière ? Nous n'avons pas forcément la prétention d'être de grands savants, mais nous avons tous un cerveau 🙂. Servons-nous-en donc ! 🙂

PascalN verif

Pascaln 21 days ago

En tout cas un texte à méditer...🙏
Pour le reste, tous un peu philosophe et aussi psychologue à nos heures, incontestablement. Même si personnellement et sans prétention je crois que le côté philosophe prend le dessus. Et enfin, tous un cerveau, par nature évidemment. Qu'en faisons-nous ? Là, j'avoue que dans bien des cas, je me pose la question🤔

Jackie H verif

Jackie H 21 days ago

Quand on voit l'état du monde et la direction qu'il prend, effectivement, il y a de quoi se poser quelques questions. Les récents événements mondiaux notamment n'incitent guère à l'optimisme... mais qui sait ? Parfois il suffit d'un ou de quelques individus pour provoquer par réaction en chaîne un mouvement de masse en sens inverse... alors, si la vraie sagesse consistait à continuer nos vies et à poursuivre nos projets envers et contre tout ? en réfléchissant au mieux bien sûr...

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