Le Disparu de Montdevergues
Le Disparu de Montdevergues
Qu’est-ce qui se cache derrière les murs de Montdevergues ?
Les lieux transpirent d’un mal indéfinissable. Un mal ancien qui suinte comme le pus d’une plaie béante. Un mal pesant qui fait ployer les épaules du visiteur, qui alourdit l’âme. Peut-être plus pesant encore, les jours de brume hivernale. Emile le ressentit dès qu’il en eut franchi l’entrée.
Fini les bras de chemises de ses vacances en Ardèche. Le Commissaire avait ressorti son chapeau, son pardessus et son écharpe. Il relu le message qui l’avait conduit jusqu’ici : “De retour ou un copycat ? Tu devrais vérifier.” Et il se dit que décidément, il était beaucoup question de Georges Michel depuis peu. D’abord cet été, avec une demande inopinée de dédicace du livre sur l’affaire. Et puis maintenant, ces meurtres avec la signature du tueur enfermé à l’asile d’aliénés.
De retour ou un copycat ?
Ils s’étaient vu pour en parler, le bon père de famille d’un autre temps et le commissaire amateur de cigares cubains. La Sorcière des Sablés avait servi ses fameux biscuits avec le café. Emile a toujours eu du mal à choisir entre les madeleines au levain et les gourmandises de sa sœur. Victor était un homme de goût d’avoir choisi Dorothée comme femme.
— Alors, comme ça, le Petit Poucet serait de retour ?
— Ou alors, c’est une copie trop conforme, répondit Emile avant de croquer dans une hélénette à la badiane.
— Une fuite d’informations confidentielles n’est pas exclue. Surtout avec les technologies modernes. Ce ne serait pas le premier tueur sans personnalité qui voudrait sublimer l’œuvre de son modèle.
— Ni le dernier. Je suis censé voir Georges demain.
— Parfait.
— Nachau va faire barrage.
— Dans ce cas, tu me préviendras.
Le feu crépitait doucement dans la cheminée. Emile s’était abandonnée au moelleux du fauteuil.
Celui que lui proposa le Docteur Nachau était nettement moins confortable. Pouvait-on encore qualifier de fauteuil ce mobilier à l’assise austère ? Pour le moins, il s’accordait très bien avec le bureau froid et impersonnel dans lequel la blonde aux cheveux courts et aux yeux durs l’accueilli, sans petits gâteaux. D’ailleurs, il l’imaginait plutôt maniant la cravache que le fouet de cuisine. Etait-ce à cause de l’ambiance du lieu, du “je-ne-sais-quoi” qui se dégageait de sa personne, ou des deux ?
A bien y penser, la psychi
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