24 heures à pleurer
24 heures à pleurer
Comment cette poussière de merde avait-elle pu atterrir dans son œil ?
Et surtout, comment avait-elle pu s’y accrocher au point de ne pas pouvoir la déloger ?
Marseille. Le soleil chauffait à blanc la couche de crasse et de tags sous laquelle se cachaient les façades d’époque avec leurs pépites insoupçonnées. Les cigales peinaient à se faire entendre au milieu du tumulte des travaux et de la circulation. Les piétons ne faisaient que passer comme des ombres dans les artères pauvres en vitrines.
Et lui, il était là devant son miroir maculé de crottes de mouches avec sa foutue poussière dans l’œil. Les flacons de sérum physiologique vides s’accumulaient à ses pieds. Malgré tous les rinçages, cette pourriture de poussière était résolue à rester là.
Là !
Là !!
Là !!!
Par dépit, Hégésippe (1) finit par s’allonger. Tenter de trouver le sommeil pendant que son œil pleurait… Qu’elle heure était-il ?
15h13.
Les yeux fermés, la douleur se faisait moins insupportable. De toute façon, sa vision était troublée par les larmes qui tentaient de noyer l’indélicate intruse. Un oeil voyait à peu près bien. L’autre ne voyait que des ombres, comme sous trois mètres d’eau, peut-être plus. Il ne pouvait pas vraiment évaluer la distance. Mais tous les torrents qui passaient là semblaient impuissants. Le pauvre homme avait l’impression de sentir la minuscule c
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