Congratulations! Your support has been successfully sent to the author
avatar
Un petit café et puis s'en va.
Fiction
Drama
calendar Published Apr 26, 2026
calendar Updated Apr 26, 2026
time 5 min
Line Marsan verified
Line Marsan 5 hours ago

Et bien moi je suis partie sur une tout autre piste car j'ai vu récemment le film The Father. La fin m'a donc ceuillie et bouleversée. D'autant qu'elle résonne avec une de mes meurs profondes. Bravo Harold 👏

Creative Transparency Label
All audiences
Image / Human image
Text / Human creation

Un petit café et puis s'en va.

Contexte :

Le jeu créatif du lundi #Panodyssey et #PanodysseySpark visant à créer un texte autour de la phrase proposée par Gabriel Dax : « Il a éteint la lumière du salon et, dans la pénombre soudaine, le bruit de la cuillère tournant dans la tasse est devenu le seul battement de cœur de la maison. »


Un petit café et puis s'en va.

Tout était soudain devenu très calme. Plus un bruit, terminée la luminosité agressive, il restait le son de la cuillère tournant dans la tasse.

Il ne se souvenait plus vraiment depuis quand il n’avait pas ressenti une telle plénitude.


Une lointaine réminiscence. Un choc, une douleur infernale et puis le néant.


Ensuite, les idées s’étaient remises en place, enfin, pas tout à fait.

Il ne comprenait pas ce qu’il faisait là, ce qu’il attendait en fait. Il avait envisagé de se lever, de prendre ses affaires, de quitter cette pièce de la maison qu’il ne reconnaissait pas réellement, quitter cette maison, ou, était-ce un appartement ? Il ne savait pas, il ne savait plus. Il se sentait bien, chez lui, enfin, il le pensait… Il n'en était pas certain !


Des bribes.

Il se souvenait furtivement avoir entendu sa mère pleurer. Mais pourquoi ? Tout allait bien, cool, à l'aise, il avait son petit café.

Le bruit de la cuillère, encore.

Bizarre, il veut regarder sa tasse, mais, finalement, il se voit de dos, rien d’autre. Pas de table, pas de chaise, pas de tasse !


Il avait capté des voix, comme dans du coton ou plutôt, quand tu es la tête sous l’eau et que tu perçois des sons étouffés, noyés par le liquide.

Ah oui, la piscine. Il adorait nager, en revanche il détestait boire la tasse. Comme la dernière fois !

Le bruit de la tasse, de la cuillère dans la tasse : bim, bim, bim…


Il remarque que, étonnamment, il ne perçoit pas l’effluve du café, pourtant, il sait que la tasse est devant lui. Il entend la cuillère qui tourne, qui tourne.

Par contre, mmmm. L’odeur de cette crème à l’aloe vera que sa maman lui appliquait lorsqu'il était malade, alité, quand il était enfant. Ce moment possédait toujours la faculté de l’apaiser, de le calmer. Pourquoi cette odeur et pas celle de son petit noir ?


La cuillère. Cela faisait combien de temps qu’elle tournait et tournait dans son café ? Il devait être froid maintenant. Et, où était cette tasse ? Il baissa la tête et la chercha du regard. Il se vit à nouveau de dos, nu, comme s'il était planté au centre d'une scène de théâtre, éclairé par un projo de suivi.


La situation commençait à le rendre nerveux. Tout ça était illogique, comme un cauchemar. Un cauchemar tellement intense qu’il en paraît réel.

Je dois me réveiller !

Immédiatement.


— Papa ! Je t’aime fort.

La voix de Max, mon gamin.

— Mais moi aussi, je t’aime, mon chéri !

Il n’avait pas capté le son de sa propre voix, il avait prononcé les mots qui n’avaient résonné que dans son crâne.

Pourtant, il entendait cette cuillère qui tournait et tournait encore.


Lassitude.

Il était épuisé, toutes ces étrangetés le fatiguaient. Il y pensait trop. Trop de choses à digérer, trop de stimuli. Il n’en pouvait plus. Il allait se reposer et il se préparerait un nouveau café bien chaud plus tard.


Plaisir. Se sentir embrassé par l’appel de la nuit, du sommeil, de la douceur du soir, des bras de sa femme.

Sa femme ?

Oui, il la ressentait, il ne la voyait pas. Il était pourtant conscient de sa présence et elle le réconfortait. Il devait le lui dire…

Dire quoi encore ? Il l'ignorait…

Il n'en avait plus la force, plus tard, il lui dirait plus tard.

Il s’endormait, et toujours cette cuillère qui tournait et tournait, de plus en plus lentement, toujours plus loin dans son esprit.


— La mort de monsieur Billaud Jacques est officiellement survenue à 10 h 44 minutes.


La voix du médecin tonna dans le silence de la chambre. Il débrancha le respirateur et le monitoring cardiaque. Ils cessèrent d'émettre ces bims assourdissants de régularité artificielle qui confirmaient jusque-là que le patient restait en vie. Il se retourna vers la famille, vers Julie qui serrait Max dans ses bras, vers cette maman éplorée, un tube de crème à l'aloe vera à la main et qui venait de perdre son fils.


— Vous avez fait le bon choix, l’activité cérébrale était au point mort, il ne ressentait plus rien. Il ne serait jamais revenu parmi vous. Vous avez fait le bon choix


Intellectual property & credits
© Cover Image Zeynurmel @pexels.com (https://www.pexels.com/fr-fr/@zeynurmel-812598326/)
© Author's name / pen name Harold Cath
Creative Commons license
cc_by_nc_nd
Attribution required, no modifications,
non-commercial use only
CC BY-NC-ND
The Kitty clause
Harold Cath verified
Ce contenu te plait, j'en suis heureux, partage-le, ramène du monde ici.
Ceci étant posé, pas touche aux textes, aux idées, aux images, tout cela ne t'appartient pas, le droit d'auteur est une réalité dont tu dois tenir compte.
Tu as envie d'en utiliser tout ou partie, prends contact, demande.
Une demande vaut une réponse et il y a toujours moyen de trouver un terrain d'entente.
Viens, je ne mords pas ;-)

Comments (4)

You must be logged in to comment Sign in
Line Marsan verif

Line Marsan 5 hours ago

Et bien moi je suis partie sur une tout autre piste car j'ai vu récemment le film The Father. La fin m'a donc ceuillie et bouleversée. D'autant qu'elle résonne avec une de mes meurs profondes. Bravo Harold 👏

Hide answers Show answers
Harold Cath verif

Harold Cath 5 hours ago

Merci, Line, je me réjouis de te lire, ainsi que Wallas, mais je déconnecte des écrans jusqu'à ce soir... Dimanche ensoleillé... Vive la vie au grand air. 😋

PascalN verif

Pascaln 6 hours ago

Un texte que je qualifie de redoutablement efficace, tant la scène, les images et cette cuillère qui n'en finit pas de tourner dans le café restent à tourner dans la tête, après le point final... Merci Harold pour ce moment.

Hide answers Show answers
Harold Cath verif

Harold Cath 5 hours ago

STOP... Arrête de tourner, tu vas finir par rendre ton petit-dej ;-). Merci pour ton commentaire.

E C Wallas verif

E C Wallas 7 hours ago

Plus on réalise au fur et à mesure, plus la fin est douloureuse.
À s’en poser des questions, c’est sûr…

Hide answers Show answers
Harold Cath verif

Harold Cath 6 hours ago

Nous voudrions tous savoir, nous imaginons tous quelque chose (ou pas) qui pourrait plus ou moins nous convenir et pourtant personne ne sait. Connaîtrons-nous un jour la réalité des choses ? Un sujet qui promet encore de nombreuses nouvelles, de nombreuses interprétations.

Prolong your journey in this universe Drama
Bernard Ducosson verif
Bernard Ducosson
Eve
Bernard Ducosson verif
Bernard Ducosson
Eve
Apr 21, 2026 1 min read
Drama
Apr 21, 2026 1 min read
Drama

donate You can support your favorite writers

promo

Download the Panodyssey mobile app