Les Dents de la Mer de Fond
Les Dents de la Mer de Fond
Attention warning, ce texte a été écrit à l'aide d'une IA lors d'une colère froide, il est à prendre au premier degré et sans aucune excuse de prévue.
I. La Famille, ce Bouquet de Fleurs Fanées
Ça commença, comme toutes les grandes histoires, par un deuil et une vérité dite à voix haute.
Marianne — trente-sept ans, cheveux en bataille et cerveau câblé différemment, ce qui n'était pas un défaut mais une fonctionnalité mal documentée — avait perdu sa mère un mardi de novembre. Un mardi ordinaire, gris comme un communiqué de presse du gouvernement.
Ce jour-là, quelque chose s'était dénoué dans sa poitrine. Un nœud qu'elle tenait depuis l'enfance, depuis les réunions de famille où son cousin Gérard-Théodore posait ses mains aux mauvais endroits sur les mauvais enfants, et où tout le monde regardait le saladier de chips comme si les chips contenaient la réponse à toutes les questions de l'univers.
Elle l'avait dit. Clairement. Avec des mots entiers, des verbes conjugués, des compléments circonstanciels. Elle avait dénoncé Gérard-Théodore.
La famille avait réagi comme une colonie de pingouins surpris par un flash : dans un premier temps, le silence absolu. Puis le mouvement de masse vers la sortie de la réalité.
— Elle a craqué, dit la tante Yvonne, en ajustant son twin-set couleur grès.
— C'est le deuil, dit l'oncle Marcel, avec l'autorité de quelqu'un qui n'avait pas lu un livre depuis 1987.
— Elle a toujours été bizarre, dit la cousine Sandrine, dont la principale contribution à la civilisation était un compte Instagram de brunch.
Gérard-Théodore, lui, postait des photos de randonnée dans les Vosges avec le hashtag #famille #nature #authentique.
Marianne bloqua tout le monde et se fit une tisane.
* * *
II. Paris, Capitale du Mépris Bien Coiffé
À Paris, dans les tours vitrées qui sentaient le café de machine à capsules et l'ambition de petite taille, vivaient les Journalistes.
Les Journalistes parisiens étaient une espèce fascinante, dotée de caractéristiques morphologiques distinctives : une légère convexité du dos (à force de s'incliner devant les puissants), des yeux qui brillaient d'un éclat particulier dès qu'une célébrité entrait dans la pièce, et, phénomène inexpliqué par la science, une tendance à baver.
Pas métaphoriquement. Physiquement.
Quand Obama arrivait dans un studio, les journalistes parisiens se transformaient en fontaines de Versailles. La bave dégoulinant des commissures, ils agitaient leurs stylos comme des queues de Labrador, et leurs questions devenaient des caresses verbales d'une médiocrité confondante :
— Monsieur le Président, votre magnifique sourire a-t-il une technique particulière ?
— Monsieur Macron, comment gérez-vous d'être à la fois intelligent ET beau ?
À côté de ça, l'émission de Marianne.
Fréquence Libre 107.4, diffusée depuis un studio installé dans son salon, avec une fenêtre donnant sur la mer, était écoutée par quelques centaines de personnes. Peut-être un millier les bons jours. Des gens qui s'étaient perdus sur la bande FM un soir de pluie et qui n'étaient jamais repartis.
Ce n'était pas beaucoup. C'était suffisant.
Et surtout, surtout, personne ne lui avait jamais dit ce qu'elle pouvait mettre dedans. Aucun actionnaire. Aucun groupe de presse. Aucun ami de Bolloré venu lui expliquer, la voix douce et les yeux froids, que peut-être les romans africains c'est bien mais que le public préfère quand même les débats sur l'immigration, vous comprenez, c'est juste une question d'audience, pas de politique, bien sûr.
Marianne n'avait pas de public à ménager. Elle n'avait pas de régie publicitaire à satisfaire. Elle n'avait pas de patron qui déjeunait avec des ministres.
Elle avait une fenêtre sur la mer et une liste de livres à lire.
C'était, objectivement, une position de force.
Elle avait reçu des gens qui avaient un éditeur et un livre, mais pas d'attaché de presse en train de leur souffler leurs anecdotes dans l'oreillette. Des gens qui avaient mis du temps, qui avaient recommencé, qui savaient de quoi ils parlaient parce qu'ils l'avaient vécu ou parce qu'ils l'avaient vraiment cherché, pas parce qu'un comité éditorial avait flairé le bon angle de saison.
Pas des inconnus. Pas des stars. Des auteurs, juste.
Les Journalistes parisiens ne l'avaient pas invitée. Elle n'amenait pas de noms bankables dans ses bagages. Chez elle, pas de personal branding, pas de quatrième de couverture avec photo en noir et blanc dans un appartement haussmannien. Pas le bon arrondissement. Pas le bon trouble; le sien était trop réel, trop peu photogénique, trop peu compatible avec le format vingt-deux minutes de débat entre gens qui se connaissent depuis Sciences Po.
III. L'Assemblée Nationale, ou Le Club des Gens Payés par Marianne
Les politiques, eux, l'ignoraient avec plus d'élégance encore.
Marianne avait écrit. Elle avait envoyé des mails circonstanciés, documentés, sourcés, sur ce que vivent les personnes neuro-atypiques victimes de harcèlement familial systémique quand elles n'ont pas accès aux dispositifs de protection parce que lesdits dispositifs avaient été pensés par des gens neurotypiques pour des cas qui rentrent dans des cases carrées, alors que la réalité humaine ressemble davantage à une étoile de mer qu'à un formulaire Cerfa.
Les assistants parlementaires avaient répondu avec des accusés de réception automatiques.
Ce qui faisait rire Marianne, d'un rire sec et propre comme l'iode marin, c'était l'arithmétique de la situation.
Elle, qui avait travaillé depuis l'âge de dix-neuf ans, qui avait cotisé, déclaré, payé la TVA sur ses livres et ses câbles audio, l'impôt sur le revenu de son studio de radio, les charges sociales de sa micro-entreprise, la taxe foncière de sa maison en bord de mer — elle finançait, concrètement, les salaires de ces gens qui l'ignoraient dans leurs palais de marbre.
Elle payait, littéralement, pour qu'on lui réponde par un accusé de réception automatique.
Elle trouva ça tellement absurde qu'elle en fit un épisode de quarante-cinq minutes, calmement, avec des chiffres et des citations de Simone Weil. Ce fut son épisode le plus écouté de l'année — ce qui n'était pas difficile, mais ce n'était pas non plus le sujet.
IV. Le Paradis, Mode d'Emploi
Le paradis de Marianne n'était pas grand. Il tenait dans un périmètre raisonnable autour de sa maison, une bâtisse blanche avec des volets bleus qui claquaient dans le vent d'ouest, à deux cents mètres de l'océan.
Il y avait Hélène, qui faisait des céramiques et oubliait les heures. Il y avait Sandrine, architecte de son métier et coureuse de fond le dimanche. Il y avait Mat, qui avait le meilleur take off de la plage. Et il y avait la chienne Woolf — Virginia pour les intimes — qui dormait sur tous les canapés simultanément selon une technique encore inexpliquée par la physique quantique.
Le samedi matin, ils se retrouvaient pour faire du surf et oublier ce que les patrons ou clients parisiens leur avaient encore demandé comme énormités pendant la semaine.
Et de ce qu'ils avaient lu, vraiment, avec leurs propres cerveaux imparfaits et leurs propres vies comme grille de lecture.
Parfois Marianne regardait la mer et pensait à sa mère, et ce n'était pas beau, mais c'était vrai, et vrai valait mieux que beau.
V. Pendant ce Temps, à Paris
À Paris, les Journalistes enregistraient leurs podcasts.
Ils se citaient entre eux. Ils se recevaient mutuellement. Ils analysaient les mots de Macron avec la gravité de gens déchiffrant des hiéroglyphes sacrés. Ils organisaient des débats sur La France qui va bien entre personnes qui allaient toutes très bien.
À l'Assemblée Nationale, les élus votaient des lois en regardant leur téléphone.
Personne ne lisait d’énigmes policières sur les plantes carnivores..
Personne ne savait ce qu'était un trouble du traitement sensoriel.
Personne n'avait une fenêtre donnant sur la mer.
* * *
VI. Épilogue, ou Ce que dit la Mer
Un soir, Leïla demanda à Marianne si elle n'avait pas envie de grossir l'audience. De faire des efforts. D'aller là où les gens regardent.
Marianne réfléchit sérieusement, en regardant l'horizon.
— Pourquoi ? Pour qui ? Pour avoir le droit de ramper moi aussi ?
Elle secoua la tête.
— Ceux qui ont beaucoup d'audience ont un patron. Moi j'ai trois cents auditeurs et je fais ce que je veux. Je suis la personne la plus riche de cette pièce.
Elle posa son verre. La mer faisait son bruit habituel, ce bruit qui n'a pas de nostalgie, qui n'a pas d'arrière-pensée, qui arrive et repart sans chercher à convaincre personne.
— Et puis, ajouta-t-elle, j'ai fini un livre formidable cette semaine et franchement, Gérard-Théodore peut aller se faire voir.
Voilà.
Virginia la chienne changea de canapé.
Le vent cassa un volet.
Et quelque part dans le 7ème arrondissement, un journaliste bavait doucement sur son micro en demandant à un ministre s'il dormait bien.
Contribute
You can support your favorite writers

