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Chapitre 26 - Une randonnée en montagne

Chapitre 26 - Une randonnée en montagne

Published Feb 24, 2026 Updated Feb 24, 2026 Crime stories
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Chapitre 26 - Une randonnée en montagne


Lundi 5 octobre


Léo Maillet avait réussi à identifier le titulaire de la ligne appelée par Kaiser. Il s’agissait d’un homme travaillant comme accompagnateur de randonnées motorisées dans le massif de la Montagne Noire. Léo avait rapidement trouvé sur le web et sur les réseaux sociaux la présentation de sa société. L’entreprise proposait plusieurs formules, en véhicule tout-terrain, quad ou moto, de quelques heures jusqu’à trois jours. Le site vantait une expérience dépaysante, à une heure de Toulouse-Blagnac, avec une vue imprenable sur la chaine des Pyrénées. Le jeune gendarme appela le numéro, se faisant passer pour un client potentiel. La voix qui répondit rapidement lui parut jeune, avec le parler typique de la région. Le guide se présenta comme Matthieu Delpuech. Après quelques minutes de conversation anodine, Maillet avait glissé le nom de Kaiser dans la conversation, sans éveiller d’émotion particulière de la part de son interlocuteur. Le gendarme s’était recommandé de son ami allemand, qui s'était dit enchanté par la balade. Sans méfiance, le guide avait évoqué le parcours effectué quelques semaines plus tôt, passant par le col de Fontbruno, le site de la Galaube, le Plo del May pour finir au pic de Nore. Léo avait alors expliqué que son ami Rudolf se passionnait pour la résistance française, ce qui expliquait sans doute le choix de son parcours.


— En effet, répondit le guide, il m’a expliqué tout ça. Votre ami avait visiblement bien étudié l’histoire et il voulait voir de ses yeux les lieux décrits dans les livres. Sur chacun des sites, il m’a raconté des anecdotes que je ne connaissais pas, et pourtant, je parcours cette montagne depuis plus de dix ans. J’avoue que je m’étais jamais posé trop de questions sur ces petites pierres posées ici ou là, sauf Fontbruno, bien sûr.

— Il vous a parlé de son métier ? demanda Léo.

— Oh oui, il était intarissable ! D’habitude, c’est moi qui fait les commentaires, mais là, je me suis surtout contenté de conduire, pendant qu’il me donnait un cours d’histoire. Il m’a parlé de Tulle et d’Oradour, du Vercors…

— Ça ne m’étonne pas, glissa ingénument Maillet, quand il est lancé, on ne peut plus l’arrêter.

— Il n’y a que sur le site de la Prune, près d’Arfons, qu’il m’a posé une question. On était en train de regarder le paysage, il essayait d’imaginer la scène, il reconstituait la bataille, comme dans les documentaires télé. Et puis tout d’un coup, il m’a demandé ce que je connaissais de la Milice. J’ai été surpris, on ne m’avait jamais parlé de ça. Il a ajouté qu’il avait bien fallu que quelqu’un guide les soldats allemands jusqu’à ce coin perdu. Je lui ai dit que je n’en savais rien, ce qui est la vérité. J’en ai tout juste entendu parler, s’agissant de vieux bonhommes qui avaient fait des choses pas très honorables.

— Je suppose qu’il a été déçu !

— Il n’a pas insisté, il m’a dit qu’il chercherait dans les archives ou qu’il essaierait de trouver quelqu’un qui connaissait bien ces événements et puis on a continué la balade.

— Vous aviez rendez-vous à quel endroit, il m’a dit qu’il partirait de Castres, je crois.

— Oui, il a parlé de son hôtel à Castres, mais on avait rendez-vous à Mazamet, on s’est retrouvés sur la place près de la Mairie.

— Et c’est là que vous l’avez raccompagné ?

— Non, curieusement, il m’a demandé de le déposer à Revel.

— Il était quelle heure ?

— C’était l’heure du déjeuner, peut-être treize heures. Pourquoi vous me demandez ça ?

— Parce qu’on ne l’a pas revu depuis ! Nous enquêtons sur sa disparition. Vous êtes la dernière personne à l’avoir vu vivant, et votre numéro est le dernier qu’il a appelé.

— Vous êtes de la police ?

— Gendarmerie, vous comprendrez que je vous demande de ne pas quitter la région et de rester à notre disposition.

— Oui, bien sûr, mais je vous assure que je n’ai rien à voir là-dedans. Il était bien vivant quand je l’ai laissé sur la place à Revel, il m’avait demandé de lui suggérer un endroit pour le repas. Je lui ai proposé un restaurant sous les arcades, je l’ai vu y entrer et parler au serveur. Vous pouvez aller vérifier.

— Pouvez-vous me donner le nom de l’établissement ?

— C’est la brasserie des Couverts, en face de la halle, près du Crédit agricole.


Maillet s’empressa d’aller trouver l’adjudante, qui échangeait avec Markus Zimmer dans la salle de réunion.


— J’ai du nouveau, déclara Léo avant de relater sa conversation avec Delpuech.

— Il est trop tard pour y aller ce soir, j’y passerai demain en allant chez Cazenave, ça ne fera pas un grand détour. Bon boulot. Il t‘a laissé quelle impression ce guide ?

— Rien de remarquable, il a l’air franc, il m’a parlé spontanément, sans hésitations. Le site de sa boîte dit qu’il pratique ce métier depuis une dizaine d’années, les commentaires clients sont très élogieux.

— Kaiser aura donc rencontré son assassin après cette randonnée, peut-être dans ce restaurant. On se rapproche. Au fait, tu as les données GPS ?

— Oui, je vais te tracer l’itinéraire, je te laisse finir avec Markus.



























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