J24 - Les confettis
Ils étaient censés disparaitrent
Les confettis, c’est le complot le mieux organisé de l’histoire des fêtes. Et franchement, on sous-estime beaucoup trop leur détermination.
Sur le moment, tout est parfait. Le carnaval bat son plein, la musique résonne, les enfants rient, et nous, adultes responsables, enfin en théorie, on balance des poignées entières de petits bouts de papier avec un enthousiasme suspect.
« Vas-y, lance ! Encore ! Plus haut ! »
Quelle erreur!
Les confettis volent, tourbillonnent, s’accrochent aux cheveux, se glissent dans les capuches des manteaux, s’incrustent dans les écharpes. On ressemble vite à une version un peu trop festive de soi-même, mais on assume. C’est la fête, après tout. On est là pour profiter. On rentre. Et là… le vrai spectacle commence.
Parce que contrairement à nous, les confettis ne rentrent pas pour se reposer. Non, non, non. Eux, ils entrent dans une nouvelle phase : l’invasion intérieure.
Tu franchis le seuil de la maison → confettis.
Tu enlèves ton manteau → pluie de confettis.
Tu poses ton sac → explosion secondaire de confettis.
C’est simple : tu pensais rentrer seul chez toi, mais en réalité, tu fais entrer une colonie. On tente de réagir. On secoue les vêtements avec une énergie désespérée, on passe l’aspirateur en mode « nettoyage de printemps anticipé », on jure qu’on va tout maîtriser.
Spoiler alert: absolument pas!
Parce que les confettis sont des survivants. Ils se cachent dans les coutures, s’infiltrent dans les poches, se coincent dans les replis improbables de la vie quotidienne. Ils ont une capacité d’adaptation fascinante. Si un scientifique se penchait vraiment sur le sujet, je suis persuadée qu’on découvrirait une forme d’intelligence collective.
Et leur talent ultime ? L’infiltration!
Je me souviens très bien de l’époque où mes enfants étaient petits. Le lendemain du carnaval, je pensais gérer un simple cycle de lessive, tranquille. Erreur stratégique majeure. Ils étaient partout. Dans les manches, dans les chaussettes, dans les cheveux évidemment… mais surtout là où tu ne t’y attends pas. Dans les langes. Oui. Les. Langes.
Tu changes ton bébé, tout est normal, et là… un petit bout bleu apparaît, comme un ninja du souvenir festif.
Comment ? Pourquoi ? Par quelle faille spatio-temporelle ?
Mystère...
Mais ils étaient là. Fidèles au poste, comme pour dire : « Vous pensiez qu’on allait s’arrêter au carnaval ? Amateur… »
Et le pire, le plus impressionnant… c’est que ça ne s’arrête jamais.
Les jours passent. Tu nettoies. Tu crois avoir gagné... Mais...
Une semaine plus tard : un confetti sous le canapé.
Deux semaines plus tard : un autre dans une poche d'un pantalon que pourtant tu as déjà lavé trois fois.
Un mois plus tard : un spécimen survivant qui réapparaît sur une étagère.
Deux mois plus tard: (oui, oui j'ai bien dit DEUX MOIS) tu marches tranquillement pieds nus dans ton salon… et tu retrouves un confetti. Comme s’il avait passé tout ce temps à t’observer, à attendre LE bon moment pour se manifester
La maison entière devient un terrain de chasse inversé. Ce ne sont plus les confettis qui doivent se cacher… c’est toi qui vis chez eux.
Ils s’installent dans les tiroirs, s’invitent dans les plis des plaids, se glissent sous les meubles. Parfois même, ils réapparaissent dans une pièce où tu jurerais ne jamais avoir mis les pieds déguisée. C’est simple : ils voyagent. Et pourtant…
À chaque fois que j’en retrouve un, je souris. Parce qu’il suffit d’un minuscule morceau de papier rose, jaune ou bleu pour que tout revienne. Les rires, le bruit, l’insouciance, le chaos joyeux. Les enfants qui courent partout, le sol recouvert de couleurs, et ce moment où tout était léger.
Alors oui… les confettis sont envahissants, tenaces, légèrement flippants dans leur capacité à survivre.
Mais au fond, ils font un travail important. Ils s’assurent qu’on n’oublie pas la fête. Même quand elle est finie depuis longtemps.
Enfin… c’est ce que je croyais... (to be continued...)

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