10.Le soufre d’Io
11 septembre 2299
Chères toutes et chers tous. Comment allez-vous aujourd’hui ?

L’expédition que moi et Yosméria suivons s’arrêtait en premier lieu à la petite cité soufrière qui gravite autour d’Io. Elle n’est pas située très loin de Ganymède (à peine quelques heures de spatioBus), mais pour y aller, nous n’utilisèrent point les services de JupiTransport, mais un vaisseau labo composé de 3 dortoirs (pour les chercheurs industriels, Chercheurs de Ganyversity et étudiants), plusieurs laboratoires et d’une salle de repos (cuisine comprise, etc.).
L’équipe se composait d’une dizaine de membres et de deux étudiantes (Yosméria et moi). Eh oui ! encore aucun cours n’ayant réellement débuté, nous sommes des privilégiées. Pour le voyage, après avoir accrédité une décharge, nous suivirent Charlèt et l’aidions à préparer ce qu’il appela l’hameçon : une sorte de grosse boite métallique attachée à un très long câble ultra-fin. Nous y insérions des objets et Charlèt regardait son holocran. Cela faisait un bip et il nous demandait de mettre autre chose (et cela faisait d’autres bips). Nous lui avons demandé à quoi cela servira, mais il nous garda cela en surprise.

Après quelques heures, nous arrivâmes à la cité soufrière. Je m’attendais à plus grand, seulement 3 millions habitants, tous travaillaient de près ou de loin dans l’extraction de souffre d’Io. Cette spatioville, sans nom, se surnomme d’ailleurs souffreTown. C’était une énorme plateforme hexagonale avec en son centre la civilisation humaine sous dôme et au bord. D’énormes grues câblées et automatisées qui descendaient jusqu’à la surface d’Io pour y remonter de monstrueuses excavations de soufre.
Autre point de différence par rapport à ce que nous connaissions, c’était le tout attaché. Peu de chose, dans les endroits où nous mangions, ou dans les petits magasins, ne pouvait tomber par mégarde. J’appris que, due au faible périgée et aux éruptions volcaniques (Io est la lune la plus énervée du système solaire, raison suffisante pour ne pas envoyer d’homme à la surface), la ville doit souvent subir des décélérations et accélérations. Nous en avons par exemple vécu une au moment de notre arrivée, j’ai failli ne plus tenir debout. Nos connecteurs n’étant pas encore mis à jour, Yosméria et moi fûmes toutes les deux surprises. C’est sans bruit, sournois et même inquiétant jusqu’a ce qu’on vit le rictus de Charlèt qui nous regardait nous dépêtrer de peur. J’aurais cru que le sol gravitationnel compenserait ces accélérations et décélérations provoquées des générateurs d’anti-gravité qui se situe en dessous de la ville (comme dans un vaisseau), mais la ville se situant tellement proche de la lune, ceux-ci ne font que grandement diminuer l’effet, sans l’effacer. C’est comme les Quake party sur terre. Vous savez, lorsque les géologues prévoient un tremblement de terre, une soirée est organisée sur place pour « faire osmose avec la nature ». Et bien, ici, la nature mise à part, c’était pareil, cela bougeait fort.
Vous saviez qu’Io était la seule lune à ne pas être protégée par la convention galiléenne ? Ce qui permet son exploitation contrairement aux autres lunes. Raison fort simple : l’humanité a besoin de souffre, d’énormément de souffre, car toute la technologie anti-gravité se repose dessus. Du sol sur lesquels vous marchez en ce moment (a moins que vous vous trouviez sur terre), à celles qui recouvrent les trottoirs et les rues de ma ville sur la lune, en passant par les générateurs d’anti-gravité qui permettent aux vaisseaux de voyager rapidement. Tout cela fut possible grâce à ce composant. Dommage pour Io. Par contre, on ne peut le prendre indéfiniment au même endroit alors certains chercheurs prennent des échantillons qui seront analysés et en fonction des résultats, toute la ville bougera.
Combien de temps peut-on tenir ? Io est-elle assez grosse ? De ce que sait Charlèt, l’entièreté de la l’humanité ne suffirait pas à la vidée de son souffre même si l’exploitation durait des milliers d’années.
Nous avons pu accompagner les chercheurs jusqu’au bord de là cité. Nous avons pu voir ces immenses mâchoires, capables d’avaler une maison entière, être manipulées par seulement deux personnes. Nous les avons vu descendre jusqu’à la surface, arracher un petit bout d’Io et remonter.

Nous avons discuté avec l’un des deux manipulateurs de la grue. Le travail n’était pas simple ici, mais que cela lui plaisait. Rien que pour la vue, ce mélange de jaune et de bleu avec en toile de fond soit le noir de l’univers, soit le rouge orange de Jupiter, cela en valait la peine. Il y avait certes quelques désagréments (comme les rares dépressurisations ce qui mettait une odeur de souffre dans toute la ville), mais comparé à un travail de bureau…. Puis, pour beaucoup, c’est avant tout un travail saisonnier qui compense le revenu universel que chaque citoyen du système solaire perçoit. Au bout d’une centaine de jours, ils retrouvent chacun leurs familles.
En attendant la remontée de la grue (cela prend quand même 2 bonnes heures), on nous expliqua un petit jeu sympa. La ville « flotte » à 400 kilomètres de la surface en géostationnaire, et certains volcans envoi leurs projectiles jusqu’a une hauteur de 300 kilomètres, un jeu de soufreur, c’était de calculer combien d’explosion nous pouvons comptez-en 10 minutes, je suis arrivé à 4. Yosméria à 6.
À la fin, l’équipe de chercheurs eurent ce pour quoi ils étaient venus, nous purent nous remettre en route. Prochaine étape Europe, son Aquarium et sa surface.
À plus pour d’autres nouvelles.
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