Oraison
Parfois, on se perd nous-même, au plus profond de nos pensées.
Rêveries ou réalisations, peu importe. La descente est là.
On s’enfonce, lentement, dans les profondeurs de la noirceur.
Fuite ? Perte de raison ? Là aussi, qu’importe si l’envie de s’accrocher nous a quittée.
Ombre ou lumière. Comment choisir quand plus rien ne nous retient ?
Notre entourage ne le voit pas toujours, ce naufrage qui est en nous.
Désolé, désolée. Ce sont les mots laissés par qui n’a pas su remonter.
Aujourd’hui est le jour où une de mes amies est partie, sur la pointe des pieds, ne laissant que cette trace : « Désolée ». Pas un mot de plus. Rien.
Je me dis que j’aurais dû faire plus attention, chercher les signes. Mais ce n’est là que culpabilisation inutile, car celui qui veut partir : part.
Pour elle, ce fût sur un chemin de traverse, dans la forêt.
30 ans ce sont écoulés depuis, mais jamais on n’oublie.

Crédit photo : Sonia Madeleine Maille
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