XLVI : LE SERPENT DU TEMPS ET LA TROISIÈME VOIE
Il n’entre pas en traître au jardin du Réel,
Il est la forme pure, la loi du Temporel.
Avant d’être morale, il est la mécanique,
La courbe de la vie, la spirale initiatique.
Dès son premier anneau, il écrit la sentence :
« Tout ce qui naît mourra, tout croît vers la décroissance. »
L’homme porte en sa chair ce cycle souverain,
Saisons, vieillesse et faim, désir et lendemain.
Il est cloué au sol, captif de la durée,
Tandis que son esprit pressent l’Ininterrompue.
De cette déchirure naît la porte sacrée,
Où s’éveille la conscience, au temps incorporée.
Deux pièges guettent l’être en cette voie étroite :
Fuir le monde incarné comme une cage maudite,
Ou adorer la matière en idole fatale.
Le serpent nous enseigne une éthique royale :
Demeurer courageux dans le flux du devenir,
Sans jamais se laisser par le gouffre engloutir.
Vénéré par les anciens comme support des mondes,
Gardien de l’oscillation où tout prend ses secondes.
Sans son retour vital, point de sève, point d’axe,
L’univers reposerait sur un vide fixe.
Mais l’Ordre Solaire veut un ciel immobile,
Et décrète le meurtre du gardien ductile.
On croit tuer le chaos en niant le Rythme sombre,
Mais le support exclu revient tordu dans l’ombre.
Le poison de l’oubli corrode la raison,
Ce qui fut régulation devient trahison.
Car le divin vivant est dans l’ondulation,
Non dans le contrôle froid de la pétrification.
Silence de l’Initié face à l’Accusateur flou :
Le serpent ne parle pas, il accomplit le tout.
Il ouvre le drame de la connaissance vécue,
Où la blessure du temps rend l’âme pointue.
Ne cherche pas la victoire, ô Tiers Instruit,
Apprends l’arcanum de la mue qui réjouit :
Mourir à chaque instant à ce qui n'est plus là,
Perdre l’ancienne peau, mais garder l’éclat de l’Axe.
Alors le cycle cesse d’être une prison close,
Il devient pédagogie où l’être se repose.
Le Serpent est le Maître de la transformation,
Rappelant que l’Éternel s’atteint par l’incarnation.
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