Le carriérisme politique, la gangrène de la démocratie.
Le carriérisme politique, la gangrène de la démocratie.
Le constat est simple. Les hommes ont une tendance naturelle à concourir entre eux pour acquérir plus de pouvoir. La démocratie et l’État de droit sont les freins d’une potentielle accélération tyrannique.
Cependant, qui dit démocratie à l’échelle d’un État moderne dit nécessairement démocratie indirecte, car il est matériellement impossible de faire concourir tous les citoyens à l’exercice politique. La manifestation de la souveraineté populaire se fait donc à l’occasion de scrutins, afin d’élire ses représentants, et c’est à peu près tout ce que le peuple peut souverainement exprimer (à l’exception du référendum, sur lequel nous ne nous attarderons pas).
Vient maintenant le cœur de cette intervention : le carriérisme. Si tous les hommes sont prêts à courir après le pouvoir, il en va de même pour le conserver. Or, la règle pour acquérir le pouvoir en démocratie est simple : persuader les électeurs que nous sommes la meilleure option parmi celles qui leur sont proposées. Or, l’opinion populaire est un vent changeant ; les politiciens sont donc des girouettes.
En clair, lorsque l’on est politicien, on dit ce que l’on pense devoir dire pour être élu, et non ce dont nous sommes intimement convaincus. Et c’est une stratégie gagnante ! Notre président n’était-il pas socialiste, il y a peu ? Puis non politisé, centriste, pour finalement proposer une politique économique libérale ? La raison en est simple : les discours suivent un vent changeant. Mieux vaut vaincre sans conviction qu’échouer avec dignité. Il est cependant nécessaire de souligner qu’une bonne partie de ce problème réside aussi dans la crédulité d’une large majorité du peuple, qui se laisse gaver de mensonges et s’étonne, a posteriori, d’en être malade.
Je le clame, le dis et l’affirme : les politiciens sont des prostitués tarifés au suffrage, et ils en redemandent. Car aujourd’hui, l’on peut être politicien de carrière, ce qui est une aberration. Comment peut-on, au hasard, être ministre de l’Environnement lors d’un mandat, puis de l’Éducation sous un autre ? N’est-ce pas deux sujets bien différents ? Vais-je consulter un ingénieur en éoliennes pour savoir si je dois augmenter le budget d’un collège ? Fort heureusement, il n’est pas possible de cumuler deux mandats concomitamment, mais rien ne l’empêche consécutivement, et cela est tout aussi problématique.
Non seulement, dans notre bon système, la classe politique se maintient au pouvoir comme la lèpre dans un sanatorium, mais le choix de nos représentants est biaisé, et ce par deux facteurs : le facteur médiatique, d’une part, et la manufacture des « élites », d’autre part.
Le pouvoir médiatique est sans doute l’un des plus puissants dans un système où persuader le plus grand nombre est la condition de la victoire. Le facteur médiatique est le plus simple à comprendre, et notre président actuel en est un excellent exemple. Un obscur ministre de l’Économie hollandais devient, en l’espace de quelques mois, le favori du peuple. Pourquoi ? Pour la simple raison de l’exposition médiatique et du traitement favorable qui lui ont été accordés. Si nous voulions pousser plus loin notre constat, il serait possible d’affirmer que notre président tire, en quelque sorte, sa légitimité des médias qui l’ont exposé, et a donc, de facto, une responsabilité envers eux ; mais ce n’est pas l’objet ici.
Puis vient la manufacture des « élites ». Il est de notoriété publique que la vaste majorité des parlementaires et responsables politiques sont soit issus d’écoles telles que Sciences Po ou l’ex-ENA, soit d’un réseau influent (E. Macron doit sans doute une « partie » de son succès au réseau Rothschild). Or, sont-ils les plus aptes à exercer ces fonctions ? Les seconds, certainement pas ; les premiers, au vu de notre situation, il est légitime d’en douter.
Autrement dit, dans l’océan d’électeurs possibles, les médias ne nous présentent qu’un triste bocal, sans doute dénué des meilleurs dirigeants.
Si notre expression est souveraine, notre choix est biaisé, donc nécessairement mauvais. Une minorité de potentiels représentants est présélectionnée, formatée pour suivre, dans ses discours, l’opinion de la majorité et, dans les faits, répondre à d’autres maîtres que son peuple.
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