Passent les heures, les jours ,les semaines
Tandis que je me promène toujours, l'âme en peine.
Quand advient le premier amour , le premier "je t'aime",
Il en surgit toujours le désir de se jeter
Dans les bras de la Seine.
Bien évidemment, quand vient la nuit, sonne l'heure,
Les jours s'en vont, je demeure.
Durant ces instants posthume de nos amours noyés
Dans l'alcool des bréviaires par lesquels nous sommes consumés,
Apollinaire par amour , pour quelques vers s'est enivré.
Il est de ceux qui jurent qu'il y a des yeux
Qu'on n'aurait jamais dû quitter.
Alors bien évidemment, quand vient la nuit, sonne l'heure
Les jours s'en vont , je demeure.
Parmi les foules abondantes, des amours diluviennes,
Je me promène toujours en ta mémoire sur les bords de la Seine,
Avec l'espérance qu'un jour tu reviennes
Paraît-il que la joie vient toujours après la peine.
Alors bien évidemment, quand vient la nuit et sonne l'heure,
Les jours s'en vont et je me meurs.
Cyrille RAMAIN
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