IN PROFUNDIS ...
Ma mer, mon immensité, mon intimité, mon antique océanide, ma marine néréide …
Me voici voguant en toi, te parcourant en tes vives directions, mon auréole sulfureuse de contemplation.
Connaissant tes houles hâlées, tes vaguelettes parsemées, ton embrun frais, ton goût salé; ton éperdue beauté de déesse m’a fait chavirer en ta profonde immensité. Toi, chantre de mon esseulée angoisse …
Tes vagues de volupté ont chahuté mon bâteau de frêle contrebandier.
Par mon volontaire abandon, il est devenu un radeau qui n’a plus de pont.
Il resta pourtant la seule accroche qu’il me restait pour rester à ta surface proche.
Souffrant de tes bourrasques, il te résista, à toi éternelle fantasque.
Tant de fois la puissance de ton émoi se déchaîna sur moi; une devise me disait “m’être toujours là pour toi.”
Sache que tu pouvais me tyranniser, ma force me faisait consister.
L’eau de tes yeux a essuyé plusieurs fois le plancher de mon âme brûlée.
Cramponnée à mes rames, mes yeux restèrent en les tiens au fil des drames quotidiens.
À me balloter de tes gestes agités, cela ne m’a jamais fait dévier; le cap fût gardé.
Mais au gré de ton vent proclamé, ma pensée a fait sa trouée en ton jeu d’acharnée.
Ce n’était pas moi que tu voulais noyer, c’est ma présence que tu voulais asphyxier.
C’est ce qu’elle représentait qui te mettait en cette meurtrière transe.
De tes yeux sabordés, tu voulais la tuer pour ne pas souffrir de m’aimer.
Alors, tu l’a entrainé en tes flots au plus profond de la perte de tes maux.
Elle, tu t’acharnais à vouloir la tuer et moi aussi c’en était certain … mais saches qu’il était trop tard car t’aimer m’était déjà ancré.
Mes mains étaient attachées en cette sentence depuis longtemps, mon esprit vivait au fond de toi, mon étendue, mon abondance.
Que tu te le dises enfin pour que ton geste soit le tien, qu’il te protège en son sein.
Alors vas-y noie moi , emporte moi, enlève moi ! Protège-toi !
Sache que tout ceci est déjà fait, tu as déjà emprisonné mon essence dans ton amphore d’opulence de grès.
Alors détruit ce corps dans le fond de ton oubli si cela empêche tes nuits de me rêver.
Oui, la raison n’a de pourtour, il ne faut pas sombrer en amour.
S’ accepter de partir pour que l’autre continue à se vivre.
Empile des pierres tombales sur moi pour que tu ne me vois, que m' exhumer possible n’en soit !
Laisse pousser le lierre pour qu’il recouvre austère le temps délétère …
Ne te retourne pas, ne me bouge pas, fige moi !
Pour en finir de ton œuvre, me voici prêt pour ma future demeure.
Le radeau est seul, il se brisera dans la rage de ton écueil.
Il en est fini de mon frêle esquif qui va s’écraser sur tes récifs.
Pas de voiles colorées car c’est toi qui le soufflais.
Juste une paire de rames quand il faut prendre soin de sa dame.
En plongeant ma tête, la première, percute le flot éternel de ta lumière.
Mon corps sonde la profondeur de ta présence et avance en ta noirceur.
Ta lumière m’est perdue et ton fond m’accueille en son étendue.
L’audace de me retourner me saisit en la torpeur de ma pensée.
Tes abysses froides me sont tristes et le fin firmament de ta lumière persiste.
Mes sentiments sont inassouvis et se recouvrent par l’obscurité de ton oubli. Ça y est …
Ma bouche s’ouvre, tu introduis ton gouffre.
Mes yeux se figent ne plus te voir et mon cœur s’atrophie d’exécutoire.
Mon sang n’est plus, ta liquide amnésie se faufile ténue.
C’est ma signature de Persée d’acter que t’aimer m’était de pensée.
Mon Andromède terrestre, il est important que tu ne sombres dans les ténèbres des regrets; vils décombres tu sais.
Saches que toute ma vie a été submergée de m’avoir laissé en toi te mirer.
Saches que si tu m’as noyé, me voici parfaitement dilué, oublié.
L’accepter pour te sauver de m’aimer, c’est le seul geste qui me restait …
Posture de l'auteur ECIRTAP.
Toute chose sacrée et qui veut demeurer sacrée s'enveloppe de mystère dit M. Stéphane MALLARMÉ.
Je vous invite à saisir que la transcendance dans l'identification est à éviter.
Donc, diverses plumes ayant goût du copié, collé, pressé, étalé évitaient cet embrassée.
À cela, vous ne serez profond quand superficialité.
Et si ces mots en vous ne suscitent nuls effets entrainant le respect de l'intégrité et bien ... copiait, collait, pressait, étalait mes papiers en votre nom car écrire pour la gloire ne vaut rien.
À mes yeux , cela est certain ...
image de Roman Kogomachenko
https://pixabay.com/fr/photos/femme-mer-neige-leau-minimalisme-7163866/
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