Dimanche 18 janvier 2026
Dimanche 18 janvier 2026
Installée à distance, quelque part en hauteur, je vois la menace avancer. Loin derrière, les dégâts des tempêtes passées sont encore là, fragments éparpillés et paysages dévastés. Loin devant, le troupeau de gros nuages noirs grandit et s’étend, annonçant le prochain orage. Maladroitement, je m’efforce de prévenir ceux vers lesquels la catastrophe se dirige. Ils ne m’écoutent pas, bien sûr. Ils rient et se moquent de mes yeux, disent mais non, regarde, le ciel est bleu. Ils n’ont pas oublié les bourrasques antérieures mais avec le temps, ils sont parvenus à se convaincre qu’elles n’étaient pas si terribles. Certes, ils ont dû partir vers de nouvelles terres, mais le sol sous leurs pieds paraît désormais stable et bon, de nouvelles choses y ont poussé pour les nourrir, la vie a repris ses droits. Ils sont persuadés d’être en sécurité, désormais, et ne perçoivent rien du danger qui approche. A l’horizon le ciel s’est encore obscurci, tandis que je tentais de me faire entendre. A force de cris ma voix s’est éteinte, épuisée, et je contemple impuissante un spectacle cent fois rejoué. J’attendrai que la tempête soit passée pour les rejoindre en courant, je ferai de mon mieux pour secourir les vivants. Ils partiront encore, après, en quête d’un lieu plus sûr et plus clément, incapables de voir que si où qu’ils soient le fracas les rejoint, c’est peut-être parce qu’ils s’installent toujours pile sur son chemin.
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