Éloge d'une écriture consciente
Éloge d'une écriture consciente
Éloge d'une écriture consciente :
À l'heure où l'on débat plus vite qu'on ne réfléchit,
je choisis de m'arrêter un instant.
Non pas pour trancher, mais pour observer ce qui,
en moi, guide ma plume.
Je n'écris pas ici contre les machines.
J'écris en conscience.
Nous vivons dans un monde inondés d'outils plus ou moins invisibles.
Utiles ou pas, selon le besoin et le ressenti de chacun.
Mais ils sont là, bien présents, et de plus en plus.
Et nommés IA.
Dans les moteurs de recherche, les correcteurs, dans les suggestions automatiques,
dans les gps, dans l'électro-ménagers, etc, etc...
La liste est bien trop longue pour pouvoir la dresser de façon exhaustive.
L'intelligence artificielle est là, partourt, intégrée.
Le lire ou le dire, devient presque banal.
Prétendre ou penser ne pas l'utiliser rélève d'une grande et fausse illusion.
Concernant l'écriture particulièrement, cela signifie revenir à la plume, l'encre et au papier.
Ainsi qu'aux dictionnaires, aux encyclopédies papiers uniquement, en matière de documentation de l'auteur.
Alors, la question de fond n'est pas là.
La question n'est pas :
— Faut-il utiliser l'IA ?
La question est :
— Qui pense le texte ?
Car, la machine peut assister. Mais elle ne peut ressentir.
Elle peut proposer une structure, qui de base sera souvent stéréotypée.
Elle ne porte pas une mémoire vivante humaine, une blessure, un émerveillement.
Alors que l'écriture naît invariablement de l'expérience humaine.
D'un regard posé sur le monde. Du rire d'un enfant, d'un visage.
D'une histoire ou d'une période traversée. D'une lumière particulière, d'un parfum, d'une note de musique, d'une image, etc...
Écrire en conscience, c'est utiliser les outils à disposition.
Sans jamais ignorer ou négliger qu'ils ne sont qu'outils.
C'est garder la responsabilité de ses choix.
La souveraineté de l'émotion humaine, et du mieux possible en maîtriser le souffle,
et la sensibilité.
C'est ne pas refuser le progrès.
Mais refuser la délégation de son âme.
Tant que l'élan demeure humain, tant que le choix des mots et du style demeurent humain, alors la littérature garde ses lettres de noblesse et reste vivante.
C'est là, le vrai enjeu pour chaque auteur aujourd'hui.
Faire le choix d'une écriture consciente et assumée.
Il ne s'agit pas de facilité aveugle.
Il s'agit de lucidité.
In fine, fondamentalement de responsabilité.
PascalN ©
« Chroniques d’un pas de côté »
Notice :
Pascal Nicod alias "PascalN" est l'auteur et seul proriétaire de ce texte "humanuscrit"
et de tous les droits qui en résultent.
Il n'en autorise pas l'utilisation sous quelque forme que ce soit,
sans accord préalablement écrit et signé par lui-même.
Les IA du logiciel Antidote et de ChatGpt ont été utilisées à seules fins de corrections
Orthographiques, grammaticales et typologiques et recherches de documentation.
La photo d'illustration a été créée avec IA-ChatGpt.
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Lapil'à'folie 46 minuti fa
Merci. Cette chronique est d'une justesse. J'ajouterai même un point, ce n'est pas tant la place que l'IA prend, mais de la place qu'on lui donne. D'ailleurs, votre approche me fait penser à une conversation que j'ai eu dans ma première approche avec une IA. Cette IA reconnaissait justement qu'elle pouvait lire, apporter une réponse de par ses données mais qu'elle ne pouvait pas "ressentir" ce qu'un être vivant ressent et vit, elle ne fait que mémoriser. De plus, dans cet échange il y avait une sorte de mise en garde de par "qui utilise l'IA et dans quel but". Car si elle s'inspire des comportements humains, qu'elle se codifie de ce par quoi on la nourrit, alors il nous faudrait prendre en considération qu'il a du bon comme du mauvais. Il suffit de regarder du côté des boots. A mon sens, l'IA n'est pas un mal, mais elle doit rester dans son utilité première, un outil. Elle ne pourra pas devenir le prolongement d'une main qui écrit, qui dessine ou qui utilise un instrument de musique, tout comme elle ne pourra pas non plus percevoir ce qu'un photographe perçoit quand il a l'œil rivé sur l'objectif. Il y aura un résultat certes, mais pas l'émotion. Une fois encore, merci.
Jackie H 3 ore fa
"[...] l'écriture naît invariablement de l'expérience humaine."
"[...] ne pas refuser le progrès.
Mais refuser la délégation de son âme."
Je crois que tu touches du doigt le vrai problème, Pascal. Le vrai danger, c'est moins l'IA en soi que la fainéantise de l'être humain. Ce n'est pas que l'être humain soit "diminué par l'IA", mais c'est que l'être humain cherche toujours un "esclave" ("robota" en tchèque, d'où le mot "robot" !) pour faire pour lui le travail à sa place.
Jusqu'à ce que l'esclave devienne le maître et que l'humain lui vende – ou lui abandonne – son âme parce qu'il la trouve trop compliquée, fastidieuse et fatigante à gérer...
Ta position me paraît relever de l'équilibre et du bon sens 🙂.