En parler ou pas ?
En parler ou pas ?
Je ne suis pas journaliste. Je n’en ai ni la formation ni les compétences, mais j’interviewe tous les dimanche un auteur jeunesse sur une radio associative régionale qui s'appelle SUN.
Et même sans le statut, la formation et le salaire qui va avec, je suis quand même embêtée.
J’ai reçu en lecture un album jeunesse distribué par le groupe Bolloré, d’une maison dont je tairai le nom par respect pour les auteurs qui y sont publiés. maison avec laquelle je n'ai que des désaccords, dont j’ai rencontré l’un des responsables lors d’une réunion à Paris et qui m'a fait une peur bleue rien qu’à le regarder.
Je pense sincèrement qu’eux et moi on ne fait pas des livres, on ne les lit pas et on n’en parle pas pour les mêmes raisons. Et de loin.
Et bam, le livre des les deux premières pages est décevant. C’est de la jeunesse comme on n’aime pas ça, qui prend les enfants pour des imbéciles et qui simplifie au lieu d’expliquer.
Je déteste le groupe et ses bras cassés, ainsi que l’odeur de violence qui s’en dégage et qui n’a rien a faire en littérature ni jeunesse ni ailleurs.
Mais parce que j’ai écrit moi aussi des livres, parce que j’ai publié et que je sais le travail que cela représente, je lirai ce livre qu’on m’a envoyé. Et aussi parce qu'un livre est avant tout un entier non nul et non un simple pitch. Ce serait trop simple, et j'espère que je vaux mieux que ça. Et donc je prendrai une décision ensuite.
En parler; ou pas.
Mais j’ai ceci de précieux là où j’officie, que si je dois me taire plutôt que de dire n'importe quoi, on me laissera ce choix.
Merci SUN de m’avoir fait une place.
Venez le dimanche à midi, on est bien.
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