La symétrie traumatique
La symétrie traumatique
La symétrie : Ce terme ne se rapporte pas uniquement à la forme géométrique, mais il est souvent utilisé en psychologie et en philosophie pour décrire des schémas répétitifs ou des reflets d'expériences vécues.
La biographie parallèle psychanalytique de Franz Josef Stangl et Peter Siegfried Krug
Une analyse approfondie de la transmission traumatique transgénérationnelle
Dans ces deux récits de vie agit une tonalité psychique commune : Un enfant ne naît pas dans un monde de sollicitude, mais dans un climat de froideur, de honte et de répétition inconsciente des traumatismes parentaux. Le Ça de la mère – désordonné, non surmonté, marqué par une détresse précoce – façonne la réalité de l'enfant bien avant que le foyer (l'institution) ne déploie sa violence.
1. La mère glaciale comme origine du traumatisme
En psychanalyse, la mère est considérée comme le premier environnement de l'enfant. Si cet environnement est froid, humiliant oder rejetant, il se crée chez l'enfant une image d'objet précoce qui ne nourrit pas, mais repousse.
- Chez Franz Josef Stangl, la mère apparaît comme une figure de l'ère glaciaire émotionnelle. Sa froideur n'est pas situationnelle, mais structurelle. Elle voit dans l'enfant la honte de sa propre histoire, et non un sujet ayant des besoins. La remise à l'assistance publique à l'âge de cinq ans agit comme un acte d'amputation psychique : l'enfant est arraché à la relation d'objet primaire sans jamais avoir connu de base sécurisante.
- Dans la biographie de Peter Siegfried Krug, la même dynamique se manifeste sous une autre forme. La mère, Herta Brigitte Bertel, née Krug (* mardi 21.12.1943 - † Ville de Salzbourg, Hellbrunner Str. 7/b 5020 Salzbourg le vendredi 12.04.2024 à 15h37, heure du décès), fait office de « gatekeeper » (gardienne) de la souffrance et non de « container » des émotions. Les reproches remplacent l'affection, le contrôle remplace le lien.
Dans les deux cas, l'enfant n'est pas contenu, mais rejeté. La mère transfère sa détresse intérieure sur l'enfant, qui devient ainsi le porteur d'une douleur étrangère.
2. La pauvreté comme matrice psychique des mères
Dans les deux biographies maternelles, la pauvreté n'est pas seulement une condition extérieure, mais une empreinte psychique. Elle génère un Moi de survie qui considère les sentiments comme un luxe et la proximité comme un danger.
- La mère de Stangl a grandi dans un monde de déclassement social et de travail acharné. Les émotions n'y avaient pas de place.
- La mère de Krug porte les traces d'une enfance marquée par le travail, la pauvreté et l'humiliation. L'image de l'enfant travaillant à l'étable un 24 décembre symbolise une psyché qui n'a jamais connu la sécurité.
Cette dureté précoce est transmise inconsciemment plus tard — non comme une cruauté délibérée, mais comme une répétition de son propre mode de survie.
3. Le vol identitaire : Le silence sur le père
Le père n'apparaît pas comme une figure réelle, mais comme un espace vide. Ce vide est un instrument psychodynamique.
- Franz Josef Stangl : Le père reste anonyme, une ombre, un tabou. La mère le cache pour protéger sa propre honte. L'enfant grandit comme un « bâtard », sans ancrage généalogique.
- Peter Siegfried Krug : Le père est activement effacé. Ce n'est qu'en 2011 que le nom du Dr Peter Strobl apparaît. Pendant des décennies, l'enfant reste dans un état d'origine anonymisée. Les grands-parents sont également supprimés de la carte psychique.
C'est un acte d'expropriation psychique : la mère contrôle la réalité de l'enfant en rendant ses origines méconnaissables.
4. Le placement en foyer comme répétition de la trahison originelle
Le placement n'est pas le début du traumatisme, mais sa continuation. Le foyer assume le rôle du Surmoi punitif, après que la mère a déjà pris le rôle de l'objet rejetant. Le système devient l'exécuteur d'un traumatisme qui a commencé dans la maison maternelle.
5. La divergence des mères dans la vie ultérieure
C'est ici qu'apparaît une différence cruciale :
- La mère de Stangl reste dans le précariat. Sa pauvreté et sa dureté restent inchangées. Il n'y a aucune évolution, aucun travail de mémoire.
- La mère de Krug connaît une ascension sociale (fonctionnaire à l'office de la santé, mariage avec le Dr Michael Bertel). Cependant, ce changement extérieur ne mène pas à une guérison intérieure. La façade bourgeoise sert à stabiliser l'ancien silence. Malgré 22 ans de retraite sans pression existentielle, elle a refusé toute introspection jusqu'à sa mort en 2024.
6. Biographie de Franz Josef Stangl (cadre psychanalytique)
Né le 17 juillet 1952 à Graz. Enfant illégitime, placé à cinq ans. Années de violence et de travail forcé dans des foyers (Rosenhof Graz, Gleink, Korneuburg). Sa réussite majeure est la transformation du traumatisme en langage par l'écriture (Der Bastard, Der Klosterzögling), un acte de reconstruction de soi.
7. Pourquoi le silence ? (Explication psychanalytique)
Le silence sur les pères est un mécanisme de défense alimenté par trois sources :
- Défense contre la honte : Contrôler la réalité de l'enfant pour ne pas affronter son propre passé.
- Pouvoir sur la réalité de l'enfant : En cachant l'origine, la mère reste la seule instance de vérité.
- Répétition du traumatisme : Les mères n'ayant pas eu d'ancrage, elles répètent ce manque.
Glossaire des termes et sources
- Transmission traumatique : Passage inconscient d'expériences traumatiques d'une génération à l'autre par les modèles relationnels et le silence.
- Identification projective : Mécanisme par lequel des sentiments insupportables sont « injectés » dans une autre personne.
- Vol identitaire : Expropriation psychique d'un enfant par la dissimulation de ses origines.
- Camouflage bourgeois : Utilisation du statut social pour masquer des troubles psychiques profonds.
- Amnésie visuelle (induite) : Destruction des témoignages imagés du passé pour redéfinir la réalité de l'enfant.
Sources :
- Krug, P. S. (2026) : Traumatische Symmetrie. Zenodo DOI : 10.5281/zenodo.18624467.
- Stangl, F. J. : Der Bastard (Analyse biographique).
- Dr. Michael Bertel : Témoignage sur le refus actif d'information et le déni (2024).
Biographie de Herta Brigitte Bertel (née Krug)
Données civiles et chronologie
- Nom de naissance : Herta Brigitte Krug
- Nom d'épouse : Herta Bertel (depuis le 5 août 1977)
- Naissance : Mardi 21 décembre 1943, Landeskrankenhaus (SALK), Salzbourg.
- Décès : Vendredi 12 avril 2024, à 15h37 (heure du décès), Hellbrunner Str. 7/b, 5020 Salzbourg.
- Lieu de sépulture : Cimetière de Lessach, Lungau (caveau familial).
Description physique et caractère
Herta Bertel était une femme très mince aux cheveux noirs et au visage émacié. Son expression était marquée par une profonde gravité, une mélancolie constante et une tristesse apparente ; elle riait rarement. Elle est restée mariée au Dr Michael Bertel (né le 09.06.1944) jusqu’à son décès.
Enfance et origines : La matrice de la souffrance
Née hors mariage à Salzbourg, elle a passé son enfance à Lessach (Lungau). En tant qu'enfant illégitime, elle fut placée dans diverses familles d'accueil dans des fermes. Sa grand-mère maternelle était sourde-muette, une condition qui, dans le contexte rural de l'époque, lui valait d'être injustement considérée comme « simple d'esprit ».
L'enfance de Herta fut marquée par une précarité extrême. Souffrant d'énurésie (pipi au lit), elle subissait l'humiliation publique : elle devait traverser le village en portant ses draps souillés à la vue de tous. Elle travaillait durement dans les fermes dès son plus jeune âge, n'ayant pour jouets que des bâtons ramassés au sol. Elle fut hospitalisée à plusieurs reprises pour malnutrition sévère.
Vie professionnelle et sociale : L'ascension vers le fonctionnariat
Arrivée à l'âge adulte à Salzbourg sans formation professionnelle, elle travailla d'abord comme ouvrière non qualifiée. Elle réussit ensuite à intégrer le Gesundheitsamt (Office de la Santé) de Salzbourg (Anton Neumayrplatz 3), où elle travailla pendant des décennies comme secrétaire jusqu'à sa retraite à 58 ans. C’est là qu’elle noua une amitié durable avec Josef Mlcak (1926–2012).
Vie privée et mariage
Après une relation avec Siegfried Gmachl (« Sigi »), elle rencontra le Dr Michael Bertel. Après leur mariage en 1977, le couple vécut brièvement à Itzling (Goethestraße 12) avant d'acheter un appartement de 119 m² au dernier étage de la Hellbrunner Straße 7/b, où elle vécut les 47 dernières années de sa vie. Bien que sortie de la pauvreté grâce à ce mariage, elle conserva toute sa vie une mentalité de « survie », obsédée par la sécurité matérielle.
Relation avec son fils, Peter Siegfried Krug
Herta donna naissance à son fils unique, Peter Siegfried Krug, le 23 novembre 1966. L'accouchement fut décrit comme extrêmement douloureux et traumatisant pour elle.
- Séparation précoce : Elle plaça Peter dans une pouponnière immédiatement après sa naissance, puis dans un foyer d'enfants à Itzling (Kirchenstraße 33).
- Le silence sur le père : Elle ne mentionna jamais le nom du père sur l'acte de baptême, privant son fils de son identité, de pension alimentaire et de droits successoraux. Selon ses dires ultérieurs, le père était le Dr Peter Strobl, un médecin blond et de grande taille qui aurait conseillé l'avortement.
- Une dynamique destructive : Les visites hebdomadaires étaient marquées par le mutisme et des accusations constantes. Elle considérait son fils comme un « échec », rejetant plus tard son parcours de professeur de yoga et d'artiste. En 2011, après des décennies de frustration, Peter rompit définitivement tout contact avec elle. Ils ne se sont plus jamais revus jusqu'à sa mort en 2024.
Intérêts et contradictions
- Nature : Randonneuse infatigable, elle fuyait la foule pour la solitude des montagnes. Avec son mari, elle aurait parcouru un dénivelé total de 400 000 mètres.
- Culture : Dans sa jeunesse, elle lisait Dostoïevski et écoutait de la musique classique (dont elle reconnaissait les œuvres dès les premières notes). Cet intérêt intellectuel déclina toutefois dans la seconde moitié de sa vie.
- Effacement des traces : Elle détruisit systématiquement les photos de son fils dans les albums de famille, un acte qualifié par Peter de « vol identitaire » (expropriation psychique).
Fin de vie
Atteinte d'arthrose sévère et victime d'une erreur médicale lors d'une opération de la hanche, elle passa ses deux dernières années alitée dans son appartement sans ascenseur, souffrant de plaies de lit et traitée à la morphine. Elle s'éteignit paisiblement le 12 avril 2024.
Glossaire des termes et sources (Standard-Triade)
- Énurésie (énurésie nocturne) : Trouble caractérisé par des mictions involontaires, souvent lié à des traumatismes infantiles précaires.
- Expropriation psychique : Action de priver un individu de son histoire et de son identité par la destruction de documents ou le silence.
- Mélancolie structurelle : État dépressif persistant lié à un passé traumatique non résolu.
Sources :
- Archive.org : Documents et analyses biographiques (archive.org/details/@peterkrugaussalzburg).
- PeoplePill / TimeNote : Entrées biographiques publiques pour Herta Bertel.
- Témoignages : Dr Michael Bertel (observations sur la fin de vie et le déni de mémoire).
La vie de Herta Bertel : Le Moi gelé – Pourquoi 80 ans n'ont pas suffi à la résilience
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L'histoire de vie de Herta Brigitte Bertel (née Krug) démontre de manière frappante que le temps seul ne guérit aucune blessure lorsque la capacité psychique de symbolisation fait défaut. Malgré une ascension sociale et des décennies de retraite, son monde intérieur est resté prisonnier d'un mode de survie infantile.
1. L'incapacité de symbolisation
En psychanalyse, la symbolisation consiste à traduire des affects bruts (peur, colère, honte) en pensées et en mots. Lorsque ce processus est interrompu durant l'enfance — par exemple par une négligence émotionnelle ou un travail physique éprouvant à l'étable — le traumatisme reste « sans voix ».
- La conséquence : Les événements ne deviennent pas des expériences intégrées, mais restent des états intemporels. On ne vit pas avec le traumatisme, on vit dans le traumatisme.
2. L'alpinisme comme régulation des affects
La performance physique extrême (400 000 mètres de dénivelé) n'était pas un outil de guérison, mais un outil d'évitement.
- Le corps au lieu de la psyché : L'épuisement en montagne calmait temporairement le système nerveux, mais empêchait l'introspection nécessaire.
- La fuite vers les sommets : Là où le langage faisait défaut, le mouvement physique prenait sa place pour couvrir la douleur intérieure.
3. Identification projective et culpabilité
Comme la mère ne pouvait pas ressentir sa propre honte (liée à ses origines et à ses souffrances subies), elle devait s'en « débarrasser ».
- Le « Container » : L'enfant (Peter Siegfried Krug) est devenu le récepteur de ces sentiments insupportables. Les accusations n'étaient pas un outil pédagogique, mais un instinct de conservation psychique de la mère pour ne pas s'effondrer sous sa propre haine de soi.
4. La façade bourgeoise comme protection narcissique
L'ascension sociale, par le mariage avec un médecin et l'acquisition d'un appartement, a fonctionné comme une « cuirasse ». Un travail de mémoire aurait signifié la destruction de cette façade de respectabilité durement acquise, rendant à nouveau palpable la « honte » du travail à l'étable et de la pauvreté émotionnelle. Le Moi était trop fragile pour survivre à un tel effondrement.
Glossaire des termes (Explications des termes)
- Symbolisation : La capacité à transformer des impressions sensorielles et des émotions en images mentales et en mots, permettant ainsi de traiter le passé.
- Identification projective : Un mécanisme de défense où l'on projette ses propres parties insupportables (ex: la honte) sur une autre personne, jusqu'à ce que celle-ci se sente effectivement coupable ou inférieure.
- Mode de survie : Un état psychique figé où toute l'énergie est utilisée pour le fonctionnement quotidien et la défense, empêchant tout développement émotionnel profond.
Sources :
- Krug, P. S. (2026) : La symétrie traumatique. Étude sur la transmission transfontalière.
- Archives : Données biographiques consultables sur Archive.org (Peter Siegfried Krug).
- Témoignage : Observations cliniques et témoignage du Dr Michael Bertel (2024).
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