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Chapitre 2 : La trouvaille du buffet

Chapitre 2 : La trouvaille du buffet

Pubblicato 8 mar 2026 Aggiornato 8 mar 2026 Horror
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Chapitre 2 : La trouvaille du buffet

La première heure de la soirée s'écoula dans une chaleur réconfortante, presque engourdissante. Autour de la table basse, les rires fusaient, portés par le premier verre de vin que Julien avait généreusement servi à tout le monde. Le chauffage tournait à plein régime pour contrer l'humidité de novembre, chargeant l'air du salon d'une lourdeur inhabituelle. Sophie, assise près du radiateur en fonte, passa discrètement deux doigts sur ses tempes, chassant un début de migraine qu'elle mit sur le compte de sa fatigue de la semaine.

Marc les observait depuis sa place, rassuré. Les verres étaient pleins, les discussions fluides. Pourtant, son esprit d'hôte hyperactif refusait de se mettre en veille. L'ambiance était bonne, mais il savait qu'une simple discussion ne suffirait pas à maintenir cette énergie jusqu'au bout de la nuit. Il détestait les temps morts ; un silence prolongé équivalait pour lui à un échec personnel.

- Attendez, j'ai une idée, lança-t-il en se levant brusquement, coupant la parole à Antoine qui dissertait sur l'évolution des taux d'intérêt. J'ai repensé à un truc que j'ai découvert la semaine dernière. Ne bougez pas.

- Ne me dis pas que tu vas chercher le vieux Monopoly auquel il manque la moitié des billets, gémit Julien en se resservant une épaisse tranche de saucisson. Je te préviens, si je tombe sur la case prison, je renverse le plateau.

- Mieux que ça, promit Marc avec un sourire mystérieux. Du moins, plus inédit.

Il contourna le canapé pour s'approcher de l'imposant buffet en chêne massif qui trônait dans un angle du salon. Le meuble, lourd et sombre, semblait avoir absorbé toute la lumière de la pièce.

- En essayant de décoincer le grand tiroir du bas qui frottait depuis mon emménagement, j'ai dû en retirer le fond, expliqua-t-il en s'accroupissant, sa voix étouffée par le bois. Antoine l'observa, évaluant d'un œil critique le travail de menuiserie.

- Le bois a dû travailler, commenta le cartésien en desserrant légèrement le col de sa chemise.

- Sûrement. Mais le fait est qu'il y avait une cavité cachée juste derrière, coincée contre la plinthe intérieure. Les anciens propriétaires ont dû l'oublier là.

Marc revint vers la table basse, tenant un objet entre ses mains avec d'infinies précautions. Les discussions s'interrompirent. La curiosité éclipsa la torpeur ambiante. Tous les regards convergèrent vers cet objet venu d'un autre temps.

Il posa au centre de la table une boîte rectangulaire, épaisse et rigide, fabriquée dans un carton bouilli d'un noir délavé par le temps. Ses coins étaient renforcés, évoquant le genre de coffret utilisé autrefois pour transporter des documents importants ou des échantillons fragiles. Il n'y avait aucune illustration sur le couvercle, juste un titre, frappé en lettres dorées et craquelées, dont la typographie stricte imposait le respect : L'Absent.

Dans le coin inférieur droit, une date à peine lisible semblait avoir été tamponnée ou gravée : 1920.

- C'est quoi ce truc ? demanda Antoine en fronçant les sourcils, son esprit d'analyse déjà en alerte, cherchant une utilité pratique à l'objet. Ça ressemble à un accessoire de film d'horreur bon marché, ou à un vieil écritoire de notaire.

Camille, elle, s'était légèrement avancée sur son siège, ignorant la remarque d'Antoine. Ses yeux clairs fixaient le coffret noir avec une fascination immédiate. L'objet semblait résonner avec son attirance naturelle pour le passé et l'étrange.

- Cette maison a décidément beaucoup de secrets, murmura-t-elle d'une voix presque trop douce, comme si elle craignait d'effrayer l'objet. Ouvre-la, Marc. Qu'est-ce qu'il y a dedans ?

L'attention du groupe était désormais totalement captivée. D'un geste lent et théâtral, Marc souleva le lourd couvercle. Le carton céda avec un léger frottement, libérant une odeur âcre d'encre séchée, de vieux papier et de renfermé qui prit instantanément à la gorge, se mêlant curieusement à la chaleur déjà oppressante du salon.

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