Ce qui continue sans eux (10)

Chapitre 10 : Ce qui continue sans eux
Trois jours passèrent.
Puis cinq.
L’absence d’Airi s’installait sans bruit, mais elle pesait comme une pierre sur la poitrine de chacun.
Personne n’osait vraiment en parler. Pourtant, tout le ramenait à lui : une paire d’écouteurs oubliée, une place vide à table, un rire qui ne venait plus.
Un matin, Oniji prit la parole, la voix rauque :
— J’ai besoin de respirer.
Il n’en dit pas plus. Il se sentait vidé, offusqué, incapable de porter quoi que ce soit de plus. Les autres comprirent sans qu’il ait besoin d’expliquer. Ils n’avaient plus la force de rester ensemble.
Ce ne fut jamais dit clairement, mais ils le savaient tous :
ce n’était pas une pause.
C’était une fuite.
Ils décidèrent de partir chacun de leur côté, quelques jours.
Oniji prit un bus pour Goyang, la ville de ses années d’étudiant.
Là où vivait encore son meilleur ami.
Casque sur les oreilles, regard perdu dans le paysage, il laissait défiler les souvenirs. Les rires d’avant. Les débuts. Le départ brutal d’Airi.
— On a perdu un frère, lui dit à son ami en le serrant contre lui. Pas un frère de sang. Un frère de scène.
Oniji hocha la tête, la gorge serrée.
— Dans sa lettre, il a écrit qu’on était les meilleurs amis qu’il ait jamais eus… Je ne pensais pas que ça me toucherait autant.
Zenko partit à Gangneung, dans la maison familiale.
Le bruit des vagues, les murs connus, l’odeur du passé. Il espérait s’y retrouver. Ou au moins s’y taire.
Kazu, lui, rejoignit son frère à Sokcho.
Il se força à sourire, à parler d’autre chose. Mais son esprit revenait sans cesse au groupe.
Pendant ce temps-là, ailleurs, tout allait très vite.
Au label, Jung observait quatre jeunes visages assis devant lui.
Deux filles. Deux garçons. Dix-huit à vingt ans.
— KOZA, c’est terminé, lança-t-il avec un sourire froid. Des produits finis.
Il rit. Un rire métallique, sans joie.
— Vous, en revanche… vous êtes parfaits.
Il se leva, fit quelques pas, puis annonça d’un ton faussement enthousiaste :
— Votre nouveau nom de scène sera WAZO BANG.
Un nom lisse. Marketing. Sans histoire.
Les jeunes s’échangèrent des regards excités. Ils n’avaient aucune idée de ce qu’ils remplaçaient.
À Sokcho, le dernier jour de son séjour, Kazu s’arrêta devant une affiche. Son cœur se serra.
Quatre silhouettes. Un nouveau groupe. Un slogan.
À Goyang, Oniji tomba sur une image floue qui circulait sur son téléphone. Puis un mini-clip. Deux filles en salopette. Deux garçons en tenue campagnarde. Un champ. Des sourires trop propres.
À Gangneung, Zenko vit passer la vidéo sans le son.
Aucun d’eux ne connaissait encore le nom.
Mais tous ressentirent la même chose.
Pendant qu’ils tentaient de se reconstruire,
quelque chose avançait déjà sans eux.
(Fin du Chapitre 10)
--------------------------------------------
👩🏽💻 Barbara Wonder
🏞️ Canva
✍🏼09/07/26
Chaque jeudi 3 nouveaux épisodes.
non-commercial use only
Une histoire née entièrement de mon imagination humaine.
Inspirée par mon amour pour la K-pop et particulièrement BTS, j’ai créé KOZA : une histoire brute, humaine et pleine d’espoir sur les cicatrices et la résilience.
Merci d’être là.
Barbara Wonder☺️
Contribuisci
Puoi sostenere i tuoi scrittori preferiti


Commento (0)