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Blue Life
Fiction
Drama
calendar Pubblicato 27 mar 2026
calendar Aggiornato 27 mar 2026
time 64 min
Creative Transparency Label
18+
Image / Human image
Text / Human creation

Blue Life



Les mondes artificiels, le multivers, le métaverse, tous parfumés de faux-semblants, de permisivité par l'anonymat et accessoirement, d'un relent de B.D.S.M.

Une fiction qui prend racine dans un espace bien plus réel que vous ne pourriez l'imaginer.







L'illusion est un effet nécessaire des passions, dont la force se mesure presque toujours au degré d'aveuglement où elles nous plongent.

Claude-Adrien Helvétius


La vie a besoin d'illusions, c'est-à-dire de non-vérités tenues pour des vérités.

Friedrich Nietzsche



Préambule.

L’avenir est parfois plus proche de nous que nous ne pourrions l’imaginer. Le futur, de temps en temps, semble tellement improbable. Nous croyons à tort qu’il procède d’une illusion, et pourtant, quelque chose de tangible est à notre portée depuis plusieurs années, sans que nous en ayons conscience.


Les univers virtuels abordés dans ce texte existent bel et bien. Le modèle de ce récit est né en 2003. Des personnes vivent dans ce multivers persistant depuis vingt-deux ans déjà. Il ne se présente sans doute pas avec force détails, comme je dépeins Blue Life, cependant, la plupart des interactions décrites pour se mouvoir, parler, se déplacer s’effectuent de manière similaire dans le logiciel qui gère ces univers et leurs habitants.


Je m’y suis promené plus qu’à mon tour à une certaine époque. J’y suis retourné durant le mois de février 2025 pour affiner mes descriptions et observer que rien n’avait vraiment changé. J’ai pu y constater des « dramas » semblables à ceux relatés dans le récit, même si, ici, je me permets de pousser le bouchon très loin jusqu’au twist final.


Soyez certains que tout est envisageable dans le multivers, puisque, comme il se doit tout est inconsistant et en même temps, imaginable à l’envi. Cette masse de perspectives infinies génère également des comportements déviants, et on peut y trouver des pratiques tout juste acceptables au niveau de la déontologie et du respect des règles. Mais, qu’est-ce que la norme, lorsque le virtuel et la dématérialisation des intervenants se combinent avec un anonymat bien protégé derrière un avatar qui est facilement remplacé en cas d’incartade ?


Je vous souhaite une excellente lecture et une joyeuse découverte des univers synthétiques. Si d’aventure, vous désirez tenter l’expérience, tâchez de garder en vous le souvenir de ce petit texte afin d’éviter un maximum les risques de dérapage.



Harold Cath.

Mars 2025.


— — — — —


Ils venaient de terminer le repas du soir, Sammy était occupé à ranger les assiettes dans le lave-vaisselle. Fred, elle, avait replié la nappe et se dirigeait vers le canapé. Dès qu’elle s’installa, Lila, la petite bouledogue, partit se coucher à ses pieds en soupirant de satisfaction.

Fred changea de chaîne, elle ne voulait pas rater « La course aux questions », tous les soirs, cet animateur et ses vannes pourries. Sammy ne le supportait vraiment pas.

— As-tu besoin de quelque chose ?

Fred n’entendit même pas la question, elle était déjà plongée dans son émission jusqu’au cou.

Sammy avait la paix durant trois quarts d’heure.

L’appartement était réduit, mais il avait deux avantages : d’abord, situé au rez-de-chaussée, Fred, Sammy et surtout Lila disposaient d’un minuscule jardinet qui permettait d’éviter de temps en temps la sortie du soir obligatoire pour la petite chienne. Ensuite, Sammy avait pu transformer le réduit étriqué jouxtant la cuisine en « zone bureautique ».

C’était un bien grand mot pour une si petite surface. Large d’un mètre, profond de deux, tout l’espace s’était vu judicieusement rationalisé. Une barre LED déposait un éclairage tamisé sur une tablette supportant l’écran incurvé à cent-vingt-cinq degrés. Un clavier multiusage accompagnait un gant tactile qui remplaçait déjà depuis quelques années les souris devenues obsolètes. Un casque de virtualisation venait compléter le tout. Un modèle loin d’être récent, qu’importe, il fonctionnait, c’était le principal,.

Sammy réveilla le système, enfila le gant et encoda son mot de passe.

Il retrouvait un peu de son univers personnel. Fred n’était pas du tout adepte de la chose informatique, excepté, pour dénicher quelques recettes ou regarder des publicités de voyages qu’ils n’auraient jamais l’opportunité d’effectuer pour cause de budget serré.

Après avoir consulté ses mails, jeté un rapide coup d’œil aux actualités pas très réjouissantes du jour, il entama une recherche à propos d’une société qui avait développé un nouveau réseau social totalement novateur : Blue Life. Ses collègues ne parlaient que de ça. Medhi, son binôme au bureau, ne tarissait pas d’éloges. « Tu devrais essayer, c’est un pied d’enfer, et les nanas, mon vieux, elles s’y sentent on ne peut plus libres ! » avait-il lancé avec un clin d’œil plein de sous-entendus.

Il est vrai qu’un peu de divertissement ne lui ferait pas de tort, la routine était pesante à la maison. Fred était une jolie fille, gentille, amusante, mais pas très portée sur le sexe. Il pouvait compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où ils avaient fait l’amour depuis le début de l’année… Et encore pas de sel pas de poivre et surtout pas de piment.

Le site Blue Life s’affichait sobrement, un logo bleu avec un œil et une phrase : « Another You in Another World », une autre version de vous dans un autre monde. Sammy ne trouvait pas cela très accrocheur, mais il suivit le lien « Galerie » pour voir de quoi il retournait vraiment. Il prit une claque. Le visuel était terriblement réaliste, l’aspect général ne ressemblait pas à celui des autres jeux déjà testés auparavant. Ils affichaient des avatars certes ressemblants à des personnes, mais cela restait, sans ambiguïté, des environnements dessinés par une machine. Blue Life arborait des espaces époustouflants, des avatars qui ne semblaient pas artificiels, des femmes et des hommes en chair et en os, comme photographiés par un professionnel. Les décors, eux aussi, paraissaient tellement réels que Sammy se demandait s’il ne s’agissait pas de montages pour attirer le chaland.

Il vérifia la page d’admission, tout le système se définissait dans la gratuité, même si un lien indiquait « Alimentez votre portefeuille V.L. ». Sammy adopta un pseudonyme et s’inscrivit. Grosse déception, il fallait attendre vingt-quatre heures pour que le compte soit activé. De désillusion, il éteignit tout et retourna s’installer dans le canapé sans même que Fred ne le remarque.


Le lendemain matin, au bureau, il exprima sa déception à Medhi qui souriait.

— Toutes les bonnes choses se font toujours désirer, ne t’inquiète pas, tu ne vas pas être déçu.

— Ouais, y’a intérêt, heureusement que c’est gratuit !

— Oh, tu verras, tu vas dépenser, crois-en ton vieil ami !

— Pas de risque Medhi sourit à nouveau.

— C’est quoi ton pseudo ?

— Euh, Youry666

— Haha, marrant, quand tu seras connecté ce soir, tu verras en haut à droite un bouton vert avec un « S » rouge au centre, tu cliques et tu cherches LuciusX, c’est moi, je t’aiderai pour tes premiers pas.

La journée sembla très longue à Sammy, il avait hâte que « La course aux questions » débute.

Fred, installée dans le canapé, Lila sur ses genoux, il se précipita dans son cagibi. Il avait reçu un message de Blue Life : « Suivez ce lien pour activer votre compte ». Un téléchargement débuta immédiatement, long, très long. S'ensuivit l’installation du programme qui vérifia le matériel de Sammy. Plusieurs témoins s’affichaient en rouge, et il dut se résoudre à l’évidence : la mémoire vive de sa machine était trop limitée, et son casque n’était pas compatible. Le logiciel lui signala également que, pour une expérience totalement immersive, il pouvait, moyennant paiement, ajouter des compléments. Ceux-ci nécessitaient de plus l’achat de capteurs corporels supplémentaires. — Saaaaam, tu viens ?

L’émission était déjà terminée. Il éteignit tout et rejoignit Fred de très méchante humeur. Il passa une nuit exécrable et, le lendemain, la question de Medhi acheva de lui miner le moral.

— Je t’ai attendu, hier, hein !

— Ouais, bin, c’est mort, mon matos n’est pas assez puissant !

Il expliqua à Medhi les retours de l’installation. Son binôme avait toujours de bons plans sous le coude, Medhi lui renseigna un magasin de seconde main où il pourrait se dépanner à peu de frais. Sammy s’y rendit après le boulot et, effectivement, il trouva un casque issu d’une saisie et des pins-ram d’occasion à un prix défiant toute concurrence. De retour à la maison, il eut tout le temps d’installer son matériel, Fred travaillait dans son shift de soir et elle ne rentrerait que vers 23 heures. Il relança Blue Life, les contrôles étaient au vert, son gant était orange, mais ça irait, rouge pour les capteurs manquants. Il fixa les deux électrodes prévues pour le torse enregistrant les battements de cœur, la respiration et la perspiration. Il posa alors son nouveau casque de virtualisation et entra dans le jeu. Il n’en crut pas ses yeux dès que les images surgirent. Il était dans une espèce de cabine d’essayage avec un miroir en face de lui. Il se voyait flouté et un menu se déroula sur la gauche : « Configuration de votre apparence ». Il était désorienté, il ressentait un léger malaise, semblable au mal des transports. Le bouton vert, vite.

— Qui voulez-vous appeler ?

Il pensa à Medhi ! Une liste de plusieurs Medhi émergea. Il suivit les instructions sous le menu, il pensa au mot « Clear » et la liste disparut. Ensuite lui revint le pseudo « LuciusX » — Appeler LuciusX ? — Oui

— Ah, Youri, ça va ?

Il entendait la voix de Medhi dans sa tête, différente quant aux intonations réelles de son ami. Il lui expliqua comment le téléporter près de lui et il apparut dans la cabine dans une nébuleuse de poussière bleue.

— Bon, y’a du taf, je t’explique et je te transforme en mec à tomber par terre !

Ils entamèrent la configuration de l’avatar de Sammy. À la fin, il était beau, musclé, bronzé, mais pas trop, avec des vêtements décontractés, mais basiques. Pour le haut de gamme, il devait payer. Medhi avait insisté : « Tu dois avoir du matériel entre les jambes, de base pour commencer, tu pourras toujours l’améliorer plus tard. » Il avait avancé : « Sans ça, tu n’es pas un homme. » Il entendit la porte claquer. Horreur, Fred, 23 heures, le temps avait filé.

Arrivé dans le salon, il aperçut sa compagne qui se mit à crier, Lila avait fait ses besoins sur le canapé.


Le lendemain, Fred dormait encore lorsqu’il prit son petit-déjeuner. Il rangea l’appartement, sortit le chien et revint de la promenade avec un bouquet de tulipes. Il savait que la journée serait explosive, il devait tenter de trouver de quoi désamorcer la situation avant de partir bosser. Ce soir, Fred serait toujours de service et ils ne se retrouveraient que tard. Tout devait être parfait à son retour. Il avait même prévu d’enregistrer son émission.

Une fois rentré du travail, il fit un premier tour avec Lila, puis Sammy se posa devant son écran, non sans avoir installé une alarme pour qu’il soit averti nonante minutes avant l'arrivée de Fred.

LuciusX l’attendait. Il emmena Youri visiter des univers aussi fantasques qu’affichant une réalité à couper le souffle. Ils passaient de l’Ouest américain à la toundra sibérienne, d’un trottoir surpeuplé de Tokyo à l’alcôve feutrée d’un cercle libertin au cœur de Paris. Sammy n’en revenait pas de ses yeux et de ses sensations : il pouvait parcourir le monde sans bouger de son placard. Ils firent une pause dans un club géant. Une foule hétéroclite de personnages plus étonnants les uns que les autres envahissaient la piste de danse. Il est vrai qu’il avait choisi l’apparence d’un jeune homme séduisant, mais d’autres avaient préféré l’extravagance d’un corps hyper-sexué surplombé d’une tête de chat, de renard ou de figures totalement improbables. Une mixité qui offrait à ce parterre l’impression qu’ici, tout était envisageable, tout était permis. Ces personnalités étaient exceptionnelles, magnifiques, endossant des tenues incroyables, impossibles à trouver dans la vie réelle, ou tout simplement inabordables pour le commun des mortels. Une femme blond platine dansait devant lui, une plastique parfaite, une poitrine imposante, serrée dans un top de satin noir dont les boutons semblaient lutter pour continuer à maintenir ses seins à l’abri des regards. Elle portait une jupe d’écolière ultracourte, des socquettes blanches couvrant ses mollets jusqu’au genou et des boots militaires. Elle se trémoussait en ne quittant pas Sammy de ses yeux bleu océan. Medhi qui avait remarqué le manège, souffla à Sammy de tenter sa chance. Il décida de se jeter à l’eau, de toute façon, ce n'était que virtuel. Il s’avança vers la jeune femme lorsque l’alarme retentit dans son casque… Zut !

— Je dois me déconnecter, tu seras là demain ?

Elle le dévisagea avec un petit sourire.

— Peut-être !

— C’est mon premier jour, j’ai besoin que quelqu’un m’aide.

— Ça se voit ! Si tu viens demain, on relookera un peu tout cela, prépare ta carte bleue.

Il avait décidé de ne rien dépenser, mais il désirait ne pas passer pour un pl

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