Meuble migrateur
Meuble migrateur
Depuis quelques temps, ma bibliothèque a migré.
Elle est venue se loger dans ma chambre, ou plutôt elle s'y est traînée.
C'est qu'elle est lourde, la garce ! On me reproche souvent de trop lui donner à manger.
Bref, toujours est-il qu'elle trouve l'endroit plus confortable.
La coquine, je la soupçonne de vouloir s'en mettre plein les mirettes...
Moi, ça m'dérange pas trop, une bibliothèque qui me regarde en plein ébat.
Le problème c'est les autres.
Ceux qui reposent sur elles.
Ils sont nombreux et pas toujours commodes. J'ai bien peur que quelques-uns m'en veuille.
Parce que j'avoue, j'en ai un paquet, et je nourris mon addiction alors je les accumule. Peu importe d'où ils viennent, je leur ouvre ma porte.
Au moins ici, ils sont au chaud et le bois de la bibliothèque est solide et tout poli.
Mais enfin avoir tous ces convives, dont certains sont des psychopathes, des tueurs, des fous à lier, des menteurs!
Je n'arrive plus à fermer l'œil !
Trop peur que l'un d'eux s'échappe de son monde et vienne s'en prendre à moi.
La dernière fois je vous jure j'ai entendu Lolita. Elle ricanait la gosse, mais pourquoi ?
Je vous passe bien les adages de Panza, qu'il répète chaque soir.
Une tonne de policiers qui suspectent à tout va.
-Elle est morte je vous dis ça se voit, on ne la distingue même plus sous sa couverture!
-Son mari ? Non trop facile... Et si c'était le fameux "connard de voisin" dont elle nous rebat les oreilles ?.
Parmi ce brouhaha quelques pleurs, merci Madame Steel.
Et des politiques qui jacassent, quelle horreur...
Et ce Saint-Simon qui répète que "cette pute me fera mourir."
C'est les grammairiens les plus sympas avec moi. Même si je leur rends mal, on va pas s'mentir.
Contribuisci
Puoi sostenere i tuoi scrittori preferiti


Philippe Schoepen 41 minuti fa
beau texte