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Le lézard et la flamme
Fiction
Tale
calendar Publicado el 6, nov, 2026
calendar Actualizado 6, nov, 2026
time 4 min
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Le lézard et la flamme

Fernand, notre ami le petit lézard, fut d’une humeur joyeuse, bien qu’il faisait un peu froid, mais les petits gants offerts par la cane Élisabeth étaient très confortables, autant qu’élégants.


Il se promenait donc avec sa cravate, son petit bonnet et ses gants, se dirigeant vers la vette grande place.


Fernand savait que c’était une journée de violence pour les humains. Il évitât donc certains lieux trop agités en se fiant aux sons des sirènes et des cris.


Il déambule donc dans la rue qui débouche sur cette place, théâtre infernal, une fois l’enfer évacué par les rues avoisinantes. Des flammes continuent de danser au milieu de la place, s’échappant d’une poubelle, comme des danseurs encore envoûtés par une terrible mélodie qui impose ces mouvements excentriques.


Fernand pose ses pattes sur cette place avec une petite appréhension, il peut encore sentir la violence, dont les ondes et les odeurs âpres couvrent encore toute l’atmosphère.


Les yeux de Fernand devinrent un peu irrités, des larmes naissaient, ce sont les résultats des produits humains. Fernand se dit alors que les humains aiment tellement la tragédie et les émotions qu’ils se battent avec des larmes, ce qui semble singulier, ces humains semblent décidemment d’une sensibilité particulière, excessive.


Il continua donc ses pas malgré les effets lacrymaux, traversa la place, contourna bouteilles, morceaux de verre, plaques de carton portant des inscriptions étranges, c’est un labyrinthe étrange et bariolé avec pour centre une fournaise infernale. C’est une expérience agréable, chaque pas lui apportait davantage de chaleur, ce qui fut plaisant, chaque pas comme une promesse, quand bien même cette promesse serait le fruit de la violence, après tout, la chaleur est un bienfait dépourvu des intentions de ses créateurs.


D’une étrange manière, Fernand n’était attiré que par la chaleur, tous les objets qu’il rencontra lui furent indifférent, il était comme attiré, charmé par ces élégantes danseuses enflammées, déchaînées, nourries par le vent et les furies des foules disparues.


Le voilà enfin face à ces flammes, Fernand lève la tête, le feu danse, se contorsionne devant lui comme un couple de géants en pleine danse désordonnée, la transe des géants invoqués par des humains qui en ont perdu le contrôle et se sont enfui, effrayés par leur créatures, se dit-il. Pour un petit lézard ce feu de poubelle semble aussi imposant qu’une forteresse en flamme. Quelle hypnose ! Le regard de Fernand se perd ainsi dans ces contorsions et ses noeuds ambrés qui s’évanouissent dans un petit filets noirs s’échappant vers le ciel. Bleu et noir, quelle merveilleuse combinaison !


Fernand, l’esprit encore captivé par les flammes, fut interrompu par une petite voix qui le tira de son hypnose.


« Salut Fernand ! » dit Sébastien le cochon.

« Bonjour cher cochon »

Sébastien s’assit alors près de Fernand, devant le feu et se mit à l’admirer.

« C’est joli Fernand, mais n’est-ce pas un peu étrange de contempler un feu de violence mon cher lézard ? »

« Mon cher cochon, vous venez de résumer toute l’histoire des humains »

« Mais en en même temps c’est très réconfortant cette chaleur par temps froid »

«  Voilà une vérité encore plus profonde mon cher cochon, la chaleur ne réchauffe pas que les corps. »

« En attendant je vais en profiter pour réchauffer ces petits beignets, ce sera encore plus agréable »

Fernand sourit, des petites larmes coulaient sur son visage alors que les gaz lacrymogènes s’étaient échappés depuis longtemps. Délicieux calme de l’amitié !




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