Chapitre 7
Le lendemain, en arrivant au vestiaire, Cassie trouva Loris en train de se changer. Lorsqu’elle entra dans son champ de vision, Loris sursauta, apeurée. Elle avait la lèvre fendue, et des cheveux arrachés sur la tempe. Cassie la fixa sans un signe, choquée. Puis elle reprit ses esprits, et ses mains s’activèrent.
« Où étais-tu ? Que t’est-il arrivé ? Je suis allée chez toi, mais tes voisins m’ont dit que tu avais disparu. Est-ce que tu vas bien ? »
Loris lui attrapa les mains, qui virevoltaient activement, et lui montra l’horloge.
« Plus tard » signa-t-elle, et elle ferma son casier en tournant le dos à Cassie, mettant ainsi fin à la conversation. Elles montèrent ensemble et pointèrent à la machine, puis récupérèrent leur chariot respectif, consultant les demandes des lecteurs. Il y avait toujours aussi peu de monde, et Cassie put rapidement revenir vers Loris. Celle-ci lui expliqua alors qu’elle était allée à une fête mais qu’elle s’était mal terminée, et qu’elle avait été blessée. Cassie demanda des précisions, car toute cette histoire semblait louche, et Loris lui dit qu’une autre fête comme celle là avait lieu le weekend suivant. Elle proposa à Cassie de venir, car elle était persuadée que ça allait lui plaire. Cette dernière accepta, puis une vibration à son poignet lui indiqua qu’un étudiant souhaitait emprunter un nouveau document, et elles se séparèrent. Elle croisa le nouveau à la tignasse violette, qui n’était en réalité plus si nouveau que ça, et il baissa les yeux au lieu de la saluer. Elle secoua la tête et continua son chemin vers le sas des archives.
Le samedi arriva rapidement, et Cassie se demandait où se trouvait la fête, de quel type de fête il était question, comment s’habiller, mais Loris restait muette à presque toutes ses questions. Elle lui conseilla simplement d’éviter les couleurs claires et de privilégier les chaussures à semelles plates. Ce qui tombait bien, puisque Cassie détestait porter des talons. Elle se prépara, ajouta une touche légère de maquillage puisqu’elle ne savait pas ce qui était attendu, et rejoignit le réseau de câbles. Elle prit une toute autre direction que pour aller travailler, car Loris lui avait donné rendez-vous près de l’ancien puit de mine. Il était le symbole de la ville depuis de nombreuses années, et n’avait jamais été détruit, servant de musée et trônant au milieu d’un petit parc.
Cassie s’installa sous l’immense chevalement et attendit l’arrivée de sa collègue en s’éventant dans la chaleur du soir. Le soleil n’était pas loin de passer derrière l’un des crassiers entourant le parc, petites collines artificielles couvertes de verdures et sans vie humaine, puisqu’il était formellement interdit de s’en approcher, le sol n’étant pas assez stable. Loris arriva, ses cheveux blonds coupés courts brillant dans les derniers éclats de soleil. Elle avait opté pour un pantalon sombre et des baskets noires, un petit top prune et quelques bijoux discrets. Elle salua Cassie de loin et elles commencèrent à signer en se rapprochant l’une de l’autre. Après divers compliments et remarques sur la météo, Cassie essaya d’en savoir plus sur leur destination, mais Loris se contenta de lui sourire. « Tu verras très vite. » Elle prit sa collègue par le bras et commença à déambuler dans le parc tandis que l’obscurité tombait progressivement. Elles s’enfonçaient au milieu des arbres et des bosquets sur des chemins moins fréquentés lorsque la luminosité devint si faible qu’on ne devinait pas le visage des gens avant qu’ils soient près de soi. C’est le moment où Loris tapota l’épaule de Cassie et l’invita à la suivre sur un sentier que Cassie n’aurait pas remarqué même en plein jour. Elles arrivèrent après une cinquantaine de mètres près d’une énorme plaque de métal dans le sol, qui était légèrement décalée pour permettre le passage, sans toutefois attirer l’attention. Loris se glissa dans l’ouverture, et descendit à une échelle. Avant de disparaître dans l’obscurité, elle leva la tête et sourit à Cassie. Cette dernière n’avait aucune envie de descendre à l’aveuglette dans un trou dont elle ne voyait même pas le fond, mais elle était tout de même curieuse. Elle jeta un regard à la ronde, et ne voyant personne, elle s’accroupit au sol et chercha à tâtons le premier barreau de l’échelle. Son pied le trouva, et elle s’enfonça dans le sol.
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