Court- métrage : Des îles et des volcans
Cette fois, notre nouvelle destination est grandiose : un organisme de voyage propose la découverte d’Hawaï en camping, ce qui rend le voyage accessible.
Sidonie et moi partons à l'autre bout du monde, au milieu du Pacifique.
Les mesures de précautions anti-terroristes sont en place, à chaque passage de douane des contrôles ont lieu, même nos tongs sont vérifiées.
HAWAI ! Rien que de prononcer le nom, c’est la promesse d'un ailleurs idyllique. Les images des feuilletons télé, l’Aloha si dansant et accueillant.
Nous débarquons sur l'île de Maui en premier. Les petits trains, sans fenêtre, nous transportent de l’avion à l’aéroport. Décorés des fonds marins, ils plantent le décor exotique de notre premier contact avec l’île.
Nous sommes quatre filles en voyage avec un guide. Dès le départ, l'ambiance est à la plaisanterie. Nous rions des comparaisons permanentes de Laurence avec la France, elle a déjà tout vu chez nous, de plus notre guide a l'œil pour repérer les situations cocasses, les mamies alignées et assises dans le sable au bord de la plage ou d'autres tableaux dignes d'une publicité.
Nous longeons la côte volcanique pour une première visite botanique dans la vallée de Lao. Les arbres immenses, les racines apparentes, les forêts de bambou et les grandes cascades au milieu de la nature verdoyante font des tableaux magnifiques.
La plage de sable rouge et la plage de sable noire, les roches volcaniques acérées s’étendent le long de la côte, la mer n'est pas accessible facilement, la nature reste sauvage.
Des croix fabriquées de morceaux de bois abandonnés par la mer et polis par les vagues, sont plantées dans les rochers. À leurs pieds, des cailloux et des coquillages, parfois un collier de fleurs emmêlé sur la croix, rappellent le souvenir d’une personne emportée par l’océan.
Le versant pluvieux de l’île est parsemé de nuages qui s’accrochent aux pentes des montagnes ; la végétation luxuriante de la forêt tropicale ne manque pas d’abriter la faune correspondante, je suis dévorée par les moustiques. De gros boutons rouges parsèment ma peau. Je me demande même si je ne vais pas faire une réaction allergique suite à ces attaques massives d’insectes.
Le paysage est magnifique, le Pacifique bleu et les côtes volcaniques proposent des contrastes variés. Noir et bleu, rouge et bleu, vert et bleu ; un festival de couleurs.
L'Haléakala culmine à 3055 mètres d'altitude, quand on parcourt ses chemins désertiques de terre brune, rouge ou noire qui tranche sur le bleu du ciel, on peut imaginer qu'on a quitté la terre et rejoint une autre planète. Des plantes locales accentuent le dépaysement, elles ont un aspect lunaire, les sabres d’argent brillent au soleil. Ces terres volcaniques nous ramènent à l'origine du monde. Ma veste argentée et légère qui me protège du soleil me donne l’air d’un cosmonaute pas très bien équipé.
Nous changeons d'île, cette fois c’est Hawaï, la plus grande île.
Nous visitons un village hawaïen reconstitué avec ses statues de bois, puis ce sont les tranquilles tortues de la plage de sable noir qui nous attendent, avant la découverte d'un tube de lave.
Le Kilauea est toujours actif, il rejette sa lave qui progresse lentement ; noire et brûlante, elle s'écoule en glissant sur les pentes, rougeoyante par endroit, un bâton planté là peut s'enflammer. Nous longeons la forêt d'arbres pétrifiés, plus loin nous observons des oiseaux aux multiples couleurs et des fleurs aux formes variées et colorées, après les pentes désertiques du volcan la nature reprend vie.
Les fleurs sont toutes plus belles les unes que les autres, l’une rouge en bec de perroquet, l'autre jaune aux fleurs fines et fragiles, une rose aux pétales épais semble artificielle, d’autres ont la forme d'oiseaux.
Nous faisons une pause sur la plage des surfeurs. Les roches volcaniques et coupantes dissuadent les baigneurs ; les camionnettes et les 4x4 s'alignent le long de la côte, sur une plateforme en surplomb ; en musique, leurs propriétaires sirotent des bières.
De retour à l'intérieur de l'île, un lac sauvage nous permet de jouer les "Robinsons" sur une embarcation carrée en bois, nous pouvons nous balancer à une corde pour sauter dans des eaux vertes et sombres.
Notre balade se poursuit.
Plus loin nous découvrons une nouvelle plage bordée de palmiers.
Le coucher de soleil en arrière-plan des palmiers entrecroisés crée une magnifique carte postale. Des silhouettes d'amoureux peuvent se découper sur le fond, ne laissant deviner que leurs ombres. Le cadre est romantique à souhait.
Ce soir, le camping où nous dormons est paradisiaque. Un jacuzzi au milieu des fleurs est installé dans le parc, plus loin se trouvent des douches en plein air où l'intimité est préservée par la végétation.
Notre nouvelle journée est sportive, l’équipement de snorkeling nous attend ; inutile de plonger avec une bouteille, les merveilles des fonds marins sont à nos pieds. Les tortues et les raies demeurent là. Un masque et un tuba suffisent pour admirer les couleurs des poissons exotiques.
Les coraux sont magnifiques ; aussi grands que nous, ils se déclinent en plusieurs couleurs.
Les tortues nagent tranquillement près de nous, elles sont d'un calme olympien.
Leurs nageoires chassent l'eau avec douceur, elles avancent avec une aisance que je n'ai pas imaginée ; leurs traversées sous l'eau se font avec lenteur puis elles remontent à la surface reprendre de l’air ; leur déplacement complète le balai aquatique des autres espèces.
Je ne sais pas où regarder, tout est exceptionnellement beau et coloré. Après mes différentes plongées en bouteille, je ne m’attendais pas à ce spectacle si près de la plage, je suis émerveillée.
Notre dernier saut de puce au milieu du Pacifique nous conduit à Oahu, l'île dont le nom se prononce comme une succession d'interjections.
Elle est marquée par l'histoire : le Diamond Head fortifié, le cimetière de Pearl Harbor, la ville surprenante d'Honolulu, si loin du continent, elle est si moderne.
Le phare blanc au toit rouge surplombe la mer turquoise et crée un joli contraste.
La différence et l’harmonie invente la beauté.
Les images des films américains défilent, nous sommes projetés au milieu des séries américaines dont nous sommes les héroïnes.
"Quatre drôles de dames" dans la série "Magnum" ; au bord de la mer, la petite maison du film semble bien insignifiante.
Les voitures de police bleues et blanches au milieu des rues rappellent la série "Hawaï Police d’état".
Les scénarii sont revisités. Nous pouvons courir comme Pamela Anderson sur la plage d’"Alerte à Malibu". Au milieu des abris de plage des lifeguards, David Hasselhof pourrait apparaître dans son short rouge.
Nous prenons un cocktail devant un spectacle de danses hawaïennes où les mouvements de hanches et de bras vous séduisent avec sensualité. Nous achevons notre balade dans les boutiques de la ville pour acheter des shorts hawaïens.
Leur motif de fleurs typiques, leurs matières douces et légères qui sèchent vite au soleil et le lacet croisé apparent pour le nouer à la taille, voilà un souvenir local.
Le circuit s’achève, pourtant le voyage n’est pas terminé.
Notre retour se fait avec une escale d'une journée à San Francisco. Une escale improvisée, mais riche de découvertes ; le voyage se prolonge.
Une journée de soleil, radieuse où le rougeoyant Golden Gate se découpe sur l'océan vert et le ciel bleu, l'île d'Alcatraz se distingue entre les arbres, les cables cars arpentent les rues avec des touristes accrochés à leurs portes.
Les maisons d'Union Square et d'Alamo Square nous plongent dans une autre époque où les crinolines ne seraient pas incongrues ; Lombard Street, richement fleurie, où chaque voiture semble faire un tour de manège ; Chinatown et une dernière promenade sur les quais de Fisherman's wharf où les phoques étendus ont des cris lugubres.
La visite se fait dans un déroulement parfait, rien ne peut être ajouté.
Merci Valérie pour la visite guidée, ta connaissance de la ville nous a bien servi.
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