Nous sommes morts
J’ai aperçu ton visage
Une vitre dans Boussy, ma vitrine
Pétales de roses dans une boite aux lettres
Mon autel d’obsession
Rien n’a donc changé
Ta façon d’épanouir le monde.
De ta beauté l’enfant se lève déjà
Aux parfums qui me hantent
L’intensité en goutte sur l’asphalte
Est cette odeur de bois humide
Soulignant la courbure du ciel,
Sombre déjà ; la chaleur du foyer
J’ai attendu, plaqué sur la terre de novembre
Etourdi face au grain du sol,
Mes mains sont transpercées de froid
Apaisées aux champs de ma souffrance
Ma vue s’étire floue
et capte pourtant la chaleur des objets
Mais les formes changent sous tes yeux
Elles te regardent sous leurs replis de coins plastiques
Envisagent une couleur.
Ton œil est aveugle aux ombres des fenêtres
Théâtre intérieur de miroirs
Eblouissantes impulsions de paupières
Les images ressortent une à une
Expulsées par fragment
Implosions de cris suraigus
Déchirent nos oreilles et ouvrent nos ré-existence.
Les souvenirs se lancent à traves la vitre
La comparaison s’installe dans la pièce
De ce qui a été, de ce qui est réel
L’homme se confond avec l’arbre, caché du flot des rêves,
Ogives de chemins noircis
Mais nous sommes morts
Sourd d’avoir été trop jeunes
Dérives sous l’attente du pardon,
traînés des voiles de peur
Mais nous sommes morts,
écrasés de savoir,
cloués sur l'écran des samedis soirs monotones
pendus par leurs idées, leurs images
Mais nous sommes morts,
Je ne t'ai pas gardé
bannit la maison d'avenir, abandonné ma place
ton sourire trace la négation du refus
ton sourire est fleuve, source de réassurance
comme la main dans tes cheveux
tu cherches à ne pas blesser
rien a changé dans tes gestes et tes sourires
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