Le jour et la nuit
Le jour se pare et s'idôlatre
D'une encre de nâcre
Par delà la fenêtre du théâtre
Dont la brise s'humecte
D'un encens qui se délecte
De la forêt des vêpres
Disparates et hiératiques
Sur le velours d'un nuage narcissique
Dans une danse magique
Qui emporte les vers métriques
Par delà la neige et l'orage métallique
De la plèbe au séant d'un univers sceptique...
Hélas, la lumière s'acquiert
Au prix du sang vert
Des bois enchantés d'hier
Que le vent noue et ceint
Dans ses tunnels et son parfum
Sillonnant en vain
Et sans poète pour les détacher
Du bleu profond entaché
De marbre et de plaies
Que je vais atteler
Aux rêves des fées
Sans mondes défaits...
La nuit, quant à elle, se lève
Sur les trottoirs noirs d'où s'élève
Le tintamarre sans trêve
Des enfants égarés sur la fange
Aux pénultièmes des filets d'ange
Autant vivants que ces mésanges
Descendant de Vénus et d'Orion
Et se mêlant au coton
De ce poème sans cyclotron.
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