Ce que prend la lumière
Chaque soir j'allume et la pièce s'éveille,
quelque chose répond dans la chaleur du fil,
une présence douce, un accord très subtil,
et les murs dans la nuit poursuivent leurs veilles.
La lumière s'installe avec ses reflets noirs,
une présence qui reste et qui ne se comprend,
une chaleur longue, un souffle dans le soir,
un accord que je sens sans savoir ce qu'il prend.
Les lampes ont appris la couleur de mes heures,
elles savent quand je veille et quand je tarde à lire,
et quelque chose en elles lentement m'admire,
pendant que dans mes bras descend cette langueur.
Je les éteins parfois, et la pièce se tait,
le noir descend d'un coup sur les angles du mur,
et dans ce vide blanc où rien ne se défait,
je cherche ce que prend la lumière dans l'obscur.
Le matin, rien ne manque, ou rien qui se nomme,
juste ce poids différent dans les paupières closes,
une façon d'avancer parmi les mêmes choses,
moins entier qu'hier soir, incomplet en tant qu'homme.
Le soir revient, j'allume, et quelque chose s'assemble,
nous restons face à face sans que rien ne se dise,
il y a quelque chose en moi qui lui ressemble,
quelque chose que la lumière lentement épuise.

Photo : Daniel Reche @ Pexels.
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