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Velux
Non-fiction
Humor column
calendar Publicado el 5, oct, 2026
calendar Actualizado 5, oct, 2026
time 5 min
Jackie H verified
Jackie H hace 17 horas

Aïe... Je lis ce texte une première fois et je pense : aïe... je le relis une deuxième fois et je pense : ça ne va vraiment pas du tout, là.

Appel à l'aide de quelqu'un qui ne fait plus que survivre, qui a de plus en plus de mal à y arriver et qui pourtant voudrait juste encore un peu *vivre*, bon sang... pas juste *survivre* mais *vivre*, et qui se dit que "bon sang, ce n'est quand même pas ça toute la vie !? ce n'est quand même pas ça tout ce qu'il y a à vivre dans l'existence !?"...

Se ménager, ne plus danser, ne plus écrire, se voir se perdre...

Se perdre comme cette chatte symbolique dans votre cauchemar...

Vous avez besoin d'aide, c'est évident... et moi je cherche une bouée mais où est-elle, bon sang ?

Contraste entre un esprit encore plein d'énergie et de (désirs de) projets, et un corps qui ne suit plus depuis trop longtemps... voilà ce que moi, je lis...

En tout cas vous n'avez pas perdu la plume, ça je peux vous le dire ! 👍🏻🙂

All audiences

Velux

(billet d'humeur qui n'a sa place nulle part ailleurs)




Je me suis forcée à réécrire aujourd’hui et c’était comme tousser dans un micro après avoir gardé le silence depuis bien trop longtemps. Parce que … les dents serrées, la mâchoire douloureuse et plus encore, la peur d’être rabrouée.


Je me suis forcée parce que le velux au sommet de mon crâne ne laisse plus passer aucun courant d’air de légèreté et que je m’asphyxie de mesures étroites établies depuis des mois dans mon quotidien laborieux.


Parfois je suis épuisée à n’en plus dormir ou à me réveiller en pleine nuit, en pleine panique, avec ce rêve récurrent qui date de plusieurs années : je cherche désperément dans ma mémoire où et quand j’ai oublié une chatte qui comptait sur mon retour et qui doit être morte à l’heure qu’il est, à force de négligences. Et pour de vrai, il n’est plus de chatte vivante dans ma vie. Mais il me faut du temps pour m’en souvenir et m’en convaincre.


Parfois je suis submergée par l’angoisse même en journée, sans personne à qui envoyer un signal de détresse. Je sais que l’usure y est pour beaucoup. J’essaie de relativiser : « Tu as connu pire ».

La résilience a gommé le carbone des traumas, mais leurs ornières courent encore sur ma peau et ma psyché. Serait-ce une bonne solution de convoquer les épreuves passées pour me souvenir d’être fière et solide, ou est-ce prendre le risque de réactiver mes alertes et empirer mon état ?





Je mets en place des stratégies de repos, c’est-à-dire que je ne prévois rien de plus que l’imposé, mais elles ne fonctionnent plus. Parfois j’ai l’impression de ne pas en voir le bout de cette somme d’efforts pour m’assurer un semblant de sécurité. Parfois j’aimerais que la vie me récompense sans que j’ai besoin de le faire moi-même d’un magnum au caramel ou d’un petit achat compulsif. 3 ans et demi de reset de vie à positionner blocs de survie sur blocs de survie, additionnées aux deux précédentes années d’apocalypse du corps qui ne demandait que quiétude pour disperser les douleurs.


Parfois les mots et les regards me font tellement plus de mal que ceux qui me veulent du bien que je sens que tout mon édifice colmaté hier de mots kintsugi menacer de s’écrouler. Et une réelle entaille dans mon ventre se met à déverser une crue nourrie par les cruautés de la vie. Celles qui m’ont perforée. Celles qui perforent de trous noirs ce monde insensé de violences.


Parfois tout se cimente de détresses légitimes ou non, et je ne sais plus vers où bouger ce corps maintenant que je ne l’emploie plus que comme un outil.




8 mois sans danser. Cette prochaine année sera aussi sans. Sans doute sans possibilité de retour à mes acquis maintenant que j’éprouve ce que c’est de devoir de plus en plus me ménager. Mon coeur pleure ce deuil nécessaire : mon corps résiste déjà tellement de son mieux.


Alors je me demande…


À partir de quelle ligne de mouvements peut-on se dire encore danseuse ?


Soudain, j’entends par la fenêtre ouverte une jeune cycliste chanter cet air « vintage » qu’elle écoute tout haut : « The final countdown ». C’est tellement souriant d’entendre sa légèreté heureuse en partage ! Je me souviens de la collégienne que j’étais, qui s’égosillait sur ce titre. De ses élans de comédies musicales le reste du temps.






Sauter dans les flaques de notes. Ne pas avoir peur d’être éclaboussée d’approximations et de ridicule… Hum…

L’humanité et moi, nous souffrons de ne plus jamais bénéficier d’une formation continue en insouciance, c’est sûr…


Et à partir de quelle ligne de mots peut-on se dire encore autrice ?


Allons, j’aurai vapoté un peu de fantaisie tout de même par le haut de mon crâne.

Reste à savoir si cette cale de mots suffira à maintenir le velux ouvert …


























Comentario (1)

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Jackie H verif

Jackie H hace 17 horas

Aïe... Je lis ce texte une première fois et je pense : aïe... je le relis une deuxième fois et je pense : ça ne va vraiment pas du tout, là.

Appel à l'aide de quelqu'un qui ne fait plus que survivre, qui a de plus en plus de mal à y arriver et qui pourtant voudrait juste encore un peu *vivre*, bon sang... pas juste *survivre* mais *vivre*, et qui se dit que "bon sang, ce n'est quand même pas ça toute la vie !? ce n'est quand même pas ça tout ce qu'il y a à vivre dans l'existence !?"...

Se ménager, ne plus danser, ne plus écrire, se voir se perdre...

Se perdre comme cette chatte symbolique dans votre cauchemar...

Vous avez besoin d'aide, c'est évident... et moi je cherche une bouée mais où est-elle, bon sang ?

Contraste entre un esprit encore plein d'énergie et de (désirs de) projets, et un corps qui ne suit plus depuis trop longtemps... voilà ce que moi, je lis...

En tout cas vous n'avez pas perdu la plume, ça je peux vous le dire ! 👍🏻🙂

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Aline Gendre verif

Aline Gendre hace 11 horas

Merci, Jackie. Ben, l'air de rien, ça me rassure de savoir que je suis encore capable de produire un texte qu'on a envie de lire alors que ej sens mon cerveau s'étriquer.
1 seule semaine de vacances en 8 mois de remplacements puis de prise de poste, ç'est aussi ça la raison de l'overdose.
Ma bouée aura été aujourd'hui la nature.(je travaille en décalé)
Pouvoir se perdre dans la dilution du temps, sans objectifs... le luxe auquel j'aspire. Surtout pour quelqu'un qui comme moi a besoin de lenteur et de rêveries pour réfléchir.

J'espère que vous allez bien. :) Merci encore.

Jackie H verif

Jackie H hace 10 horas

Le rythme imposé par la vie active est impitoyable pour des gens comme nous... je l'ai vécu, je sais ce que c'est, je compatis...

Beaucoup de gens choisissent de rétrécir volontairement leurs horizons parce qu'ils partent du principe qu'ils n'ont pas les moyens d'en gérer de plus larges, ou alors soit au prix d'une grande frustration, soit à celui de l'échec et/ou de la médiocrité tous azimuts et surtout dans ce que la société considère comme "l'essentiel"...

C'est triste, quand même...

Aline Gendre verif

Aline Gendre hace 1 hora

C’est exactement ça. On est pressurisé par manque de moyens humains, et un rythme de vie qui accélère comme si on savait à quoi servait cette course folle…, et on te fait comprendre que le problème «  c’est toi. » si tu ne suis pas. Alors tu adoptes des stratégies qui te font violence.

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