Medieval fantasy ? Ha.
Well Van Sterwald, there is so much contempt in your own title. How undignified from you.
Que serait une publication sans un peu d'égocentrisme en me parlant à moi-même ? Mais je dois bien l'admettre, je suis en plein épisode jubilatoire. La raison est simple, j'aime briser les codes. Et en choisissant la fantasy comme genre littéraire pour mon deuxième roman (le premier n'était pas terrible et si je devais en faire la critique, elle ne serait pas fameuse), j'ai vraiment fait le bon choix.
Et travaillant avec Snecc, qui a des connaissances en histoire bien plus vaste que les miennes, nous formons un duo particulièrement efficace pour éviter beaucoup de clichés de la fantasy.
Un peu d'ordre dans les définitions
En général, lorsqu'on pense à la fantasy, on se figure de la magie, des sorciers, des elfes, des armures et des dragons ainsi que des artéfacts mythiques. Ce n'est pas une surprise, moi-même j'avais cette image en tête il y a deux ans et c'est pourquoi je n'avais jamais tenté d'écrire dans ce genre.
Mais en réalité, ce que je viens de décrire n'est pas que de la fantasy. C'est un sous-genre : la medieval fantasy. Au même titre qu'il existe de la dark fantasy, mais le terme "dark" me brossant dans le mauvais sens du poil, je vous épargnerai un avis entier là-dessus dans cette publication.
La seule définition qui me semble potable pour la fantasy est celle-ci : un genre littéraire dans lequel la magie est connue du monde et dont l'univers est régi par ses propres lois.
Inventer un sous-genre ?
Je voulais absolument éviter la medieval fantasy. Et la dark fantasy... Je ne vais même pas daigner accorder à ceci une réponse légitime. J'aborderai dans un instant tout les clichés de la fantasy connus, et comment je fais de mon mieux pour les éviter et surtout pourquoi. Mais pour donner une raison simple : je n'aime pas les armures, et je n'avais pas envie de dragon. Banal hein ? Et pourtant c'est ce qui m'a lancé en 2024 pour commencer mon histoire que je ne décrirai pas comme de la fantasy médiévale.
J'ignore si je suis le premier à le faire (Snecc me dit dans l'oreillette que non), ou si d'autres auteurs ont mis ce nom à leur histoire. Mais personnellement, je considère Angel's Stars comme de la fantasy temps modernes. Le nom ne fait pas rêver je le concède, et il est certain qu'on ne se cantonne pas à une seule époque de l'Histoire. Mais la majorité s'inspire des temps modernes, ce que je trouve beaucoup plus intéressant qu'un système féodal déjà vu, revu et re-revu.
Beaucoup de clichés
J'aime la fantasy parce que dans les records des clichés à briser, je me suis déchaîné ! Et j'en tire une autosatisfaction certaine. Étant auteur d'une rubrique de conseils pour auteur (que je ne publie pas sur Panodyssey, les auteurs ici n'en ont généralement pas besoin), il ne fait aucun doute que je compte très prochainement publier quelque chose sur les clichés de la fantasy.
Bien sûr, si le sujet vous pique un peu, je vous invite à descendre rapidement au bas de la page pour une magnifique carte fait main. Certains ne seront peut-être pas d'accord, et c'est ok. Je partage simplement ceci en tant qu'auteur qui a lu et qui écrit de la fantasy.
Je les partagerai ici aussi, afin que ceux rebuté par la fantasy médiévale aient un aperçu d'un univers bien différent.
Prophétie
Un grand classique dans les histoires de fantasy. Ugh. Help me please, this thing is giving me a headache. Je n'aime vraiment pas les prophéties. La raison est simple : on suit le personnage parce qu'il ou elle est l'Élu.e, et non pas pour sa personnalité. C'est en partie ce qui m'a empêcher d'être totalement impliqué dans les Harry Potter (bien que ce soit là du fantastique). Il/Elle mène une enfance pas terrible, et soyez sûr qu'à la fin, il/elle aura sauvé le monde et vaincu les ténèbres. Le libre arbitre ? Pff. Le script est écrit, les personnages n'ont qu'à le suivre.
Pour mon roman, je me suis éloigné de ceci. Le destin n'est pas figé dans le marbre, et ce sont les caractères et les choix des personnages qui l'écriront. Le poids moral de chaque décision repose sur leurs épaules, et n'est pas balayée par la simple idée que la prophétie a dit qu'il fallait le faire ainsi.
Les espèces magiques
Elfes, dragons, nains, ce sont des choses abondantes dans la fantasy. Je ne veux même pas penser aux vampires et aux loups-garous qui, depuis la sortie massive de dark romances sur le sujet, ne m'inspirent qu'un long soupir de lassitude. Les elfes beaux et arrogants, les nains bourrus et forgerons, qui n'en a pas déjà vu ? En revanche, on voit moins de gens se décarcasser pour inventer des espèces originales, même non humanoïdes.
Je préfère en cela l'univers d'Avatar le dernier maître de l'air. Un dessin animé qui semble enfantin mais qui en réalité est un pur bijou d'écriture. Et c'est pour cela que je suis la même direction. Les chiens-loups, les lisika, les stervirs et les roudouflards, ce sont des espèces que nous avons crées pour notre univers. Chacun à ses facultés, son mode de fonctionnement, sa biologie. Et pour nous changer de notre monde habituel, rien de mieux que ces adorables tas de fourrure, ou d'écailles pour certains.
L'antagoniste
Ah, il en fallait qu'un seul ? Mince alors. Oups. J'ai glissé chef. Un méchant seigneur qui veut dominer le monde depuis son trône sombre dans son château lugubre, avec une armée de monstres à ses bottes. Vous avez la vision ? Généralement avec un nom sombre et torturé, genre armoire Ikea. Point en plus s'il y a le mot "dark" dans le nom. Évidemment il est méchant, il tape les chiots, il n'aime personne sauf lui-même et son reflet dans le miroir magique et il est méchant ce méchant pas gentil.
DUH. I'm afraid my brain is about to explode in my skull. It feels like mashed potatoes.
Angel's Stars sera une longue histoire. Je ne compte pas meubler tout mes tomes sur un seul antagoniste, dans les plans foireront si souvent qu'il en deviendra un running gag. Je ne vais pas donner de spoiler, mais les antagonistes sont loins d'être aussi unidimensionnel. Et je les aime pour ça !
Le mentor
Le vieux sage avec des pouvoirs puissants qui forme le héros pour réussir sa quête et lui inculque des valeurs morales de chevalier et de sauveur. Parfois il est plus bourru et violent. Et comme pour l'antagoniste... il en fallait qu'un seul ? Personnellement, j'ai appris beaucoup de choses venant de beaucoup de gens. Ce cliché me fait presque souffler du nez. Point en plus si le mentor meurt et que la perte émotionnelle pour son disciple est terriiiiiible.
Angel's Stars se passe en partie à la Forteresse, une école. Les instructeurs sont partout, chaque professeur a sa méthode d'enseigner. Et tout ne repose certainement pas entre les mains d'un seul individu. Et même en dehors de cela, les protagonistes peuvent apprendre venant d'autres personnes extérieures à leur cadre scolaire. Il faut bien cela pour grandir.
Une épée magiiiiique
D'accoooooord. Ton épée te parle dans ta tête... tu sais, je connais un bon médecin. Plus sérieusement, je mentionne les épées, mais cela pourrait être n'importe quel objet magique. Les épées sont le plus courants. Et généralement, tout objet enchanté sera pour le protagoniste, parce à quoi bon équiper les personnages secondaires ? À croire qu'il n'y a que des épées dans ces univers. On en viendrait à regretter la sagaie. En soit, d'accord pour utiliser les épées et les armures. Mais le problème, c'est généralement que ce n'est pas réellement utilisé de manière crédible. Un exemple : quelqu'un qui porte une armure et qui fait un salto arrière. On me dit dans l'oreillette que les lois de la physique sont en vacance.
Angel's Stars se base sur un univers qui combine beaucoup d'aspects. Métallurgie, évolution, climatologie, géographie, zoologie, biologie, physique, politique et tant d'autres sont de la partie. Nous avons donc une bonne quantité d'armes différentes, dont les concept art sont tous réalisé par Snecc qui apporte un point d'honneur à leur réalisme et les avantages et inconvénients de chacune d'entre elle. Ça mérite une médaille.
Ta gueule c'est magique
J'adore quand je pose la question pour savoir comment un truc en particulier fonctionne et qu'on me répond "non mais tu comprends pas c'est magique". Sure, my friend. Je cherche la logique partout dans les histoires. Ça me fait poser des questions particulièrement stupide du genre : si le personnel de Poudlard avait suivi des normes d'hygiène et avait utilisé du produit dans ses toilettes et ses lavabos, le Basilic serait mort empoisonné. Pourquoi avoir besoin d'Harry Potter quand on a du Mr Propre. Bref, je diverge.
Pour un exemple plus concret : les dragons. Si on part du principe que pour voler, ils devaient avoir comme les oiseaux des os creux, leur squelettes seraient logiquement moins résistants. Rajoutons à cela les muscles nécessaires pour voler. Même si c'est du muscle, ça a son poids. Supplément cavalier et matériel, la bestiole ne devrait même pas décoller. Mais ils volent. Ça devient l'une de mes citations, le fameux "ta gueule c'est magique".
On cherche à éviter cela au maximum dans notre univers. Quitte à devoir jouer aux petits chimistes et aux physiciens en herbe. Ça peut sembler insignifiant, mais personnellement j'y tiens.
El famoso "quête"
En fait, être protagoniste de fantasy, c'est simple. Vous faites ce que vous dit la prophétie, vous écoutez votre mentor. Le poids moral de vos décisions, on s'en fout parce que c'était prévu. Et vous faites ce qu'on vous dit et ne posez pas de question. AH. À croire que personne ne pose jamais la question "pourquoi ?". Et bien sûr qu'il va réussir cette quête, c'est le protagoniste. Je me lance parfois le défi avec des histoires qui puent le cliché : je lis le premier chapitre et j'essaye de deviner la suite. Eh bien... je suis doué en divination. Quelqu'un veut que je lui fasse une prophétie pour sauver le monde ?
Un monde géopolitique plat
Plat à en crever. Généralement un système féodal, avec un seul souverain et un royaume si immense que ledit souverain devrait avoir des migraines sans répit à devoir gérer ça. Ce que certains appellent carte du monde, c'est pour moi la carte d'un continent ou d'un bout de continent. Aucune variation dans les systèmes de gouvernance, pas de précision sur comment un régime devant gérer des énormes territoires fonctionnent.
Avec Snecc, nous avons la brillante idée de dessiner notre carte du monde. Un monde de 56 000 km de circonférence. Je vous laisse imaginer la migraine que cela génère. Rien qu'avec l'aspect géographique, on y a passé des heures. Et le monde politique est loin d'être figé, chaque pays à un système de gouvernance.
Je vous laisse sur cette magnifique carte de Tharion avec la tectonique des plaques et les courants marins (c'était amusant).

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Comentario (2)
Jackie H hace 17 horas
Republication pour ajouter la carte manquante je suppose (moi non plus je ne la voyais pas) 😉
Je tiens quand même à reposter mon commentaire (en version raccourcie, enfin j'essaie 🙂) ne serait-ce que pour dire que j'ai adoré ce jeu de massacre 😆😆😆. C'est un fait que la fantasy est un genre qui tourne en rond ces dernières années, et qu'il a besoin de renouvellement. Votre travail (en collectif, ce qui ne serait pas ma tasse de thé mais qui est parfois bien utile 🙂) montre bien à quel point c'est du boulot que d'élaborer tout un univers et de mettre ses personnages face à de vrais choix. Et pour ce qui est de l'antagoniste unidimensionnel (tout autant que le protagoniste d'ailleurs), c'est Asimov qui souligne que les antagonistes les plus réussis de la littérature ont un trait de caractère admirable ou au moins un élément qui attire l'empathie, et que les protagonistes les plus crédibles sont ceux qui ont leurs faiblesses. La compagnie d'Asimov, ma foi, on fait pire 🙂
Elysio Van Sterwald hace 15 horas
Merci beaucoup ! J'aurais pu en rajouter avec la romantasy, mais je me suis abstenu. C'est assez triste de voir un genre moins apprécié simplement parce que les auteurs manquent d'imagination. C'est dans cette idée de renouvellement qu'on essayer de développer un univers plus agréable. Le travail en collectif est parfois difficile, il faut savoir faire des compromis, mais je n'en serais pas là sans mes compagnons d'écriture.
Je n'étais pas au courant de cette remarque d'Asimov. Mais il est certain que je partage sa pensée. C'est dans cette idée que j'ai conçu mes antagonistes. Les faiblesses sont un point essentiel de l'écriture des personnages selon moi.
Cheshire hace 18 horas
Très très stylé tout ça !