C’est là le sublime de toute saison
Comment pourrions-nous demeurer muets alors que l’été décroît, que s’annonce l’automne, bientôt, dans un dernier flamboiement de lumière ? Et ces couleurs, ces amarantes éteintes, ces capucines solaires, ces rouilles qui, déjà, anticipent les ombres glissant à ras de terre. Et ces ambres si colorés de joie, ces blonds vénitiens - avant-goût de la fête et du masque -, ces touches de Nankin, on dirait un voile issu de quelque sillon, tout juste naissant dans l’étirement du jour. C’est là le sublime de toute saison que de nous offrir un visage nouveau. Certes nous en avons déjà fait l’expérience mais nous, les hommes à la courte mémoire, ne sommes plus très sûrs d’en avoir connu la belle manifestation. Ces variations automnales, ces clartés telles des cymbales de cuivre, telles des amulettes d’argent, nous les avons sédimentées, ici à l’aune d’un amour vite épuisé, là au regard d’un voyage mêlant les images dans une manière de curieux maelstrom.
Colaborar
Puedes apoyar a tus escritores favoritos


Comentario (0)