¡Felicidades! Tu apoyo al autor se ha enviado correctamente
avatar
Chapitre 4 - Abyss

Chapitre 4 - Abyss

Publicado el 9, feb, 2026 Actualizado 9, feb, 2026 Fantasy
time 26 min
0
Me encanta
0
Solidaridad
0
Wow
thumb comentario
lecture leer
1
reacción

Daliah avait l’impression de nager dans du coton. Mais sans la sensation de douceur. Sa tête résonnait comme une cloche dans un temple. La douleur était insoutenable au premier abord, mais elle s’atténua lentement. Elle entendit vaguement un murmure sans parvenir à comprendre clairement ce qui se disait. Au prix d’un immense effort, l’adolescente ouvrit les yeux. Ses paupières cédant, elle perçut un éclat doré.

Et tout lui revint subitement en mémoire. Le Bois de la Lamentation, la voix, le garçon, Nivalith…

LE GARÇON !!

Daliah ouvrit soudainement les yeux, et ce qu’elle avait d’abord cru être la lueur de l’Arcane du jeune homme n’était que la teinte du plafond. Ce dernier affichait une couleur orangée, douce et apaisante, laissant deviner que le soleil y exhibait les feux de son crépuscule. Elle mit quelques secondes à reconnaître l’endroit où elle se trouvait. C’était bien l’infirmerie de la forteresse, avec ses murs vert pâle et l’odeur âcre de plantes médicinales qui flottait dans l’air.

Les murmures provenant de sa droite, la jeune fille tourna la tête pour découvrir leur origine. Elle reconnut tout de suite la tignasse de Kessy. Sa meilleure amie fixait résolument ses pieds, les lèvres serrées. Elle se tordait les mains d’un air coupable, et Daliah ne tarda pas à découvrir pourquoi. Face à son amie, Maître Lumenor semblait fort contrarié. Ses sourcils étaient froncés, les bras croisés sur son torse, mais il s’appliquait à parler à voix basse. Il était sans doute en train de lui reprocher d’avoir laissé Daliah entrer dans le bois et pire, de l’y avoir suivie. Kessy détourna le regard en direction de sa camarade et remarqua qu’elle était à présent éveillée.

Elle fit un petit signe de tête à l’Arcaniste dans sa direction, qui hocha la sienne en réponse. Immédiatement, la blonde s’éloigna de lui, trottinant pour rejoindre son amie. Elle se jeta à moitié sur elle, s’accrochant à son cou pour la serrer contre elle avec soulagement. Bien que surprise et encore fatiguée, Daliah répondit à son étreinte et passa lentement les bras autour de son dos. Par-dessus son épaule, elle vit le professeur s’approcher lui aussi, son manteau noir ondulant dans son sillage.

Cette fois, il n’avait pas d’expression radieuse, ni même le sourire bienveillant dont il était coutumier. Ses traits sérieux et visiblement mécontents étaient de mauvaise augure, compte tenu de son habituelle bonne humeur. La jeune fille essayait déjà de trouver une excuse passable à lui servir et s’apprêtait à prendre la parole pour lui expliquer ce qu’il s’était passé. Mais l’adulte leva la main en la voyant ouvrir la bouche, lui intimant de garder le silence.

— Les réprimandes attendront un peu, soupira-t-il avec lassitude. Comment te sens-tu, Daliah ?

— Un peu le cerveau en purée… mais ça va… répondit l’adolescente avec une voix étouffée. Kessy… tu m’étrangles un peu là…

— Ah ! Désolée, s’excusa son amie en la libérant. Mais tu m’as tellement foutu la trouille, j’ai cru que je ne te reverrais jamais ! Quand je suis revenue avec les Maîtres, le fil qu’on avait déroulé pendant le trajet avait disparu ! Et avec la panique, je ne savais plus par où on était passées !

— Les Maîtres ? interrogea-t-elle en haussant un sourcil.

— Quand je suis retournée à la forteresse, je suis tombée sur Maître Lumenor et Maître Vallys qui étaient toujours dans le parc. Ils sont venus tous les deux pour m’aider. Mais le fil dans la forêt n’était plus là.

— Alors j’ai cherché de mon côté, reprit l’Arcaniste, tandis que Vallys partait de l’autre côté avec ton amie. Ce sont eux qui t’ont retrouvée en premier. Ou plus précisément, ce sont eux qui ont retrouvé le garçon qui te portait dans ses bras.

— Où est-il ?! demanda précipitamment Daliah en se redressant d’un bond dans son lit. Il va bien ?!

— Calme-toi, mon enfant, il va bien, lui assura Lumenor en reprenant une voix empreinte de douceur. Il est là-bas, il se repose.

Il lui désigna un lit plus loin dans l’infirmerie. Le garçon y était allongé, dormant à poings fermés à en juger par les ronflements discrets qui s’élevaient dudit lit. A côté de lui, les bras croisés et l’air mauvais, se trouvait Maître Vallys. Ce dernier jeta un rapide regard en direction de la jeune fille, et ses yeux de glace devinrent meurtriers.

OK, lui, il ne sera pas du tout complaisant pour les réprimandes.

Un grincement de porte mal huilée retentit dans l’infirmerie, attirant l’attention du petit groupe. Un fumet plus prononcé de plantes en décomposition macérées dans du vinaigre se faufila dans la pièce.

— Mais quelle charmante chambrée de patients ! s’exclama théâtralement une voix féminine.

La personne qui venait de prononcer ces paroles était Maître Aloysius. Elle était médecin à la forteresse; son sanctuaire était fui par tous les apprentis, et même les autres enseignants évitaient de s’y attarder. Ses yeux bleus ne dissimulaient pas la lueur inquiétante de son regard. Ses cheveux brun et mi-longs étaient pour le moins décoiffés. Elle avait retroussé les manches de sa chemise, sans doute pour préparer ses concoctions, ce qui expliquait l’odeur ayant assailli leurs narines.

À cette vue, Daliah eut un mouvement instinctif de recul avant de se détendre légèrement en la voyant prendre la direction du lit du deuxième patient. Elle l’examina rapidement, avant de prendre son poignet pour soulever son bras du matelas. Elle le laissa retomber en haussant légèrement un sourcil.

— Mh. Pas encore mort, on dirait, constata-t-elle avec nonchalance.

— Pas encore ? répéta Vallys avec un discret rictus. Lui auriez-vous donc déjà infligé vos soins ?

Les deux apprenties se mordirent les lèvres pour masquer même le moindre sourire. Lumenor était probablement trop poli pour prendre part à cet échange.

— Malheureusement, je n’en ai même pas eu l’occasion, soupira Aloysius avec un dépit affiché. Celui-ci n’a pas besoin de moi. Mais toi en revanche, mon petit sucre d’orge…

À cet instant, elle tourna la tête vers Daliah avec l’expression d’un loup dans une bergerie. L’adolescente aurait voulu fusionner avec son matelas et disparaître. La médecin quitta le chevet du garçon pour s’approcher d’elle. À chaque pas qu’elle faisait dans sa direction, l’apprentie tentait de gagner quelques centimètres pour garder ses distances. Ce qui ne passa pas inaperçu d’Aloysius.

— Fais attention, tu pourrais tomber, fit-elle observer avec un large sourire. Et tu ferais l’objet de mes soins attentionnés pour une période légèrement prolongée.

Même Kessy, qui était jusque-là restée à côté de son amie, fit quelques pas en arrière, la survie l’emportant sur la solidarité. N’ayant aucune échappatoire, Daliah se résigna à subir l’auscultation.

— Pourrais-tu me décrire la douleur de ton dos ? interrogea Aloysius l’examinant l’arrière de sa tête.

— Euh…c’est comme si…ça se diffusait dans mon dos…marmonna la jeune fille en grimaçant de souffrance.

— Où est l’épicentre de la douleur ?

— Le quoi ?

La médecin laissa échapper un soupir, soulevant l’une de ses mèches brunes de son front. Il était clair que sa patiente n’était pas au zénith de sa vivacité intellectuelle.

— L’origine de ta douleur, reformula-t-elle.

— Ah…c’est en bas…à droite.

Daliah n’avait même pas encore fini sa phrase qu’Aloysius glissait déjà une main dans sa poche pour y trouver un flacon. Elle avait vraisemblablement anticipé les tourments de l’apprentie et était venue équipée en conséquence. Elle le déboucha, un son qui retentit comme une sentence avant de le lui tendre. L’adolescente regarda le liquide verdâtre du teint qu’eût arboré un marécage fangeux d’un air absolument horrifié. Elle releva les yeux quelques secondes pour croiser le regard de la jeune femme, qui esquissa un rictus prédateur qu’elle fut la seule à voir. La mort dans l’âme, elle saisit le flacon et le porta à ses lèvres. Le goût était parfaitement accordé à l’odeur. Elle avait la sensation d’avoir avalé une pelletée de ces végétaux en décomposition dont certains oiseaux recouvraient leur nid. Daliah fut secouée d’un frisson incontrôlable de dégoût, et rendit le flacon vide à la médecin. Cette dernière le reprit avec un sourire satisfait.

— Je repasserai plus tard, annonça-t-elle en faisant demi-tour pour s’en retourner dans son antre malodorant. Vous avez probablement des choses à vous raconter.

Bien que le breuvage soit totalement infâme, la jeune fille ne pouvait nier qu’il était efficace. Dans les minutes qui suivirent, la douleur dans toute sa colonne vertébrale s’apaisa, et son esprit se clarifia progressivement.

— Daliah, reprit Maître Lumenor avec sérieux. J’ai besoin que tu me racontes ce qu’il s’est passé. Qui est ce jeune homme ? Il n’a rien pu nous expliquer. À peine t’avait-il confié à Vallys qu’il s’est évanoui à son tour.

L’adolescente hocha lentement la tête, sans grimacer cette fois. Elle détailla du mieux qu’elle le put les péripéties ayant suivi le départ de Kessy. Lorsqu’elle décrit l’apparition de Nivalith, elle vit nettement le visage du professeur se crisper, mais il ne semblât pas vouloir l’interrompre. Alors elle continua son récit, et en vint enfin à raconter le combat qu’elle avait mené aux côtés de l’adolescent contre l’individu étrange. Mais bien qu’elle se rappelle parfaitement bien la dernière phrase que son inattendu compagnon aie prononcée, elle décida de ne pas en faire part aux autres.

— Eh bien, s’il y a une personne dont je ne m’attendais pas au retour, c’était ce type-là, grommela Lumenor lorsque Daliah acheva de lui relater leur affrontement. C’est une chance incroyable que vous vous en soyez sortis à un aussi bon compte.

— Il est connu ? interrogea Kessy qui était revenue au bord du lit de son amie, fixant l’Arcaniste avec une vague inquiétude.

— Mmh…

L’adulte ne lui répondit pas, visiblement plongé dans ses pensées. Son regard allait de Daliah au garçon, pour finalement s’arrêter sur son collègue professeur. Ce dernier sembla sentir qu’il était observé, car il se retourna et le fixa en retour.

— Il est loin d’être quelqu’un de bienfaisant. Heureusement que vous avez pu aider ce jeune homme. Mais à l’avenir, je vous demande de ne plus sortir de l’enceinte de la forteresse jusqu’à nouvel ordre. Et même si je doute qu’il rôde encore dans les parages, je préviendrai les autres enseignants.

— C’est quelqu’un de très dangereux, alors, supposa l’adolescente. Vous avez besoin d’une description de lui ou vous l’avez déjà ?

— Cela ne sert à rien avec Nivalith, soupira Lumenor avec lassitude. Peu importe le visage que tu as vu, ce n’est pas le sien. Il a en permanence un Arcane d’Illusion, c’est pour cette raison qu’on ne le retrouve jamais. On ne sait même pas à quoi il ressemble.

— Maîtres, nous vous attendons pour la réunion du conseil.

Les deux intéressés se retournèrent vers la porte d’entrée de l’infirmerie. À cette dernière était adossée une ravissante jeune femme. Ses cheveux argentés tombaient avec élégance dans son dos. Ses yeux verts se posèrent un instant sur les deux élèves, puis elle leur adressa un sourire radieux. Sa veste longue était de couleur noire, mais les décorations en arabesques dorées sur le tissu étaient plus nombreuses que sur celle de ses collègues.

Kessy se leva immédiatement et s’inclina respectueusement devant elle. Daliah allait l’imiter quand l’adulte lui fit un geste de la main pour lui signifier de rester allongée.

— Bonsoir Grande Conseillère, saluèrent poliment les deux adolescentes.

— Bonsoir, répondit celle-ci avec douceur. Je suis désolée d’interrompre cette conversation, mais j’ai besoin de vos professeurs. Messieurs, il ne manque que vous, et Maître Aloysius.

Les deux hommes échangèrent un regard, comme pour se demander lequel d’entre eux irait chercher leur collègue dans son laboratoire nauséabond. Vallys finit par pousser un soupir exaspéré en roulant des yeux.

— Très bien, j’y vais, souffla-t-il comme si l’on venait de lui assigner la pire corvée qui puisse être.

Il s’approcha de la porte, inspira profondément pour retenir son souffle avant de passer la tête à l’intérieur.

— On a besoin de vous ici, annonça-t-il tout en restant en apnée.

Heureusement, Maître Aloysius ne se fit pas prier et les rejoignit rapidement. Le professeur s’empressa de refermer la porte derrière elle.

— Kessy, il va bientôt être l’heure du repas, je pense que tu devrais y aller, reprit rapidement Lumenor avec politesse. Daliah, il vaudrait mieux que tu restes ici pour la nuit, si tu as le moindre souci, appelle-moi. Et pas d’infractions au règlement cette fois !

Il se hâta vers la sortie pour rejoindre la Conseillère, suivi par la médecin et Maître Vallys. Ce dernier, avant de partir, se retourna vers les deux demoiselles à qui il lança un regard noir.

— Et on reparlera de votre sanction.

La jeune fille aux cheveux violets se retint de lever son majeur dans sa direction et se laissa retomber sur son oreiller. Kessy préféra ne pas désobéir une nouvelle fois et après avoir promis à son amie de revenir le lendemain matin à la première heure, elle s’en alla à son tour.

Daliah resta seule dans le silence plusieurs minutes. Le conseil de la forteresse s’était réuni, sans doute dans le but de statuer quant à la marche à suivre suite aux évènements de cet après-midi. Dans tous les cas, elle se soucierait plus tard de la punition qui lui pendait au nez. Pour le moment, elle pouvait surtout penser à se reposer et se détendre.

Soudainement, l’apprentie entendit un bruissement de tissu à côté d’elle. Elle tourna la tête, pour voir que le garçon semblait se réveiller. Elle n’en était pas mécontente : c’était l’occasion parfaite pour lui poser une question qu’elle avait en tête. Et c’était d’autant mieux qu’ils étaient seuls.

Daliah se redressa doucement pour mieux le voir, et attendit patiemment qu’il ouvre les yeux. Ce qu’il ne tarda pas à faire. Après quelques battements de cils, elle put voir à nouveau deux prunelles dorées. Le garçon resta immobile de longues secondes, fixant le plafond, avant de tourner la tête sur le côté.

Et comme pris par surprise, il bondit en dehors de son lit. Pour finalement se prendre les pieds dans son drap et retomber sur le sol carrelé de l’infirmerie. Sa vieille chemise élimée et son pantalon crasseux avaient été remplacés par des vêtements plus propres. Daliah se leva, attrapa une robe de chambre posée à côté d’elle et l’enfila en s’approchant.

— Tout va bien, tu ne risques rien, dit-elle en essayant de garder le ton le plus apaisant possible.

Elle s’avança encore un peu vers lui, et put le détailler un peu plus précisément que dans l’obscurité de la grotte. Il n’avait pas exactement les cheveux noirs comme elle le pensait, mais avec quelques reflets bleutés. Ses cils longs rendaient son regard plus intense encore. Son visage avait des traits fins et une peau claire.

— Est-ce que ça va ? demanda Daliah en lui tendant une main pour l’aider.

Après une courte hésitation, l’adolescent prit sa main dans ses doigts tièdes et se releva. Mais il regardait autour de lui d’un air totalement perdu. C’était plutôt normal, elle aurait sans doute fait pareil si elle se réveillait dans un lieu inconnu.

— Où est-ce que je suis ? interrogea-t-il en laissant paraître une nuance prononcée d’inquiétude.

Cependant, l’apprentie resta silencieuse un instant. Elle avait eu un doute dans la grotte, mais cette fois, elle en était certaine : c’était bien la même voix qu’elle avait entendue dans le Bois de la Lamentation.

— Mmh… Ah, on est dans l’infirmerie de la forteresse de Ravière… Tiens, couvre-toi.

Elle lui tendit une robe de chambre identique à la sienne et la lui passa sur le dos. Il se rassit au bord de son lit, et après quelques secondes de silence, Daliah reprit.

— Je suis désolée, je ne te l’ai pas encore demandé. Comment tu t’appelles ?

L’adolescent fixa ses pieds nus pendant quelques secondes. Il passa ses mains dans ses cheveux et les agrippa comme s’il voulait les arracher.

— Je… je ne sais pas… je ne sais plus…

Il semblait totalement désespéré, et ne sachant que faire pour l’aider, la jeune fille aux cheveux violets resta à côté de lui et posa doucement une main sur son épaule.

— Moi, c’est Daliah Rosenwald. Ne t’en fais pas, tu finiras par t’en souvenir…

— Ce n’est pas juste mon nom… Je ne me rappelle rien du tout. Pas la moindre chose.

Ses doigts toujours dans sa tignasse bleue commencèrent à trembler légèrement. Le garçon avait l’air de vraiment se faire violence pour retrouver ne serait-ce qu’un fragment de mémoire.

— Hey, calme-toi, conseilla-t-elle avec douceur. Respire un bon coup… Si tu veux, en attendant que ça te revienne, on peut te trouver un nom.

— En trouver un ? Comme quoi ?

— Euh… Eh bien… laisse-moi quelques minutes.

Elle l’observa pendant de longues secondes, cherchant un prénom qui pourrait lui convenir. Face à son silence, le garçon tourna la tête vers elle, et ses yeux dorés se plongèrent dans ceux azur de Daliah. Ses longs cils sombres les rendaient plus brillants encore.

Et subitement, cela lui vint comme une évidence.

— Abyss.

— Quoi ? s’étonna l’adolescent.

— Comme nom, ça te va, « Abyss » ?

— C’est parfait !

La nuit commençait à tomber, et bientôt, la lune commença à s’élever dans le ciel, dévoilant lentement une voûte céleste magnifique. Le silence dans toute la forteresse était plutôt apaisant.

— Comment allez-vous, les enfants ?

Maître Lumenor était revenu, ainsi que Maîtres Vallys et Aloysius, dans l’infirmerie. Daliah leva les sourcils, surprise face à leur retour si rapide après le début d’un conseil. Ce genre de réunion pouvait parfois durer des heures, et là, c’était à peine si cela avait pris dix minutes.

— Vous êtes déjà revenus, Maîtres ? s’étonna la jeune fille sans cacher sa curiosité.

— Oui, soupira l’Arcaniste d’un air fatigué. Sans te mentir, ma petite — Daliah grimaça à l’entente de ce surnom, mais ne dit rien — cette réunion était à propos de vous deux, et de ce qu’il s’est passé cet après-midi. Plus précisément, nous avons discuté de ce que nous devrions faire pour ce garçon…

Ses yeux gris se tournèrent un instant sur l’intéressé, qui les regardait sans comprendre de quoi ils parlaient exactement. Aloysius en profita pour s’approcher de lui, mais Abyss ne semblait pas réaliser le danger dans lequel il se trouvait.

— Pas de douleur ? interrogea-t-elle en posant une main sur son épaule.

Daliah déglutit difficilement derrière elle. Elle ne pouvait pas imaginer pire réveil pour un amnésique qu’une rencontre avec les concoctions immondes de leur médecin. Mais restant complètement détendu, il secoua simplement la tête.

— Non, tout va bien.

Maître Aloysius afficha une moue de dépit, avant de le libérer et de repartir dans son temple consacré aux herbes médicinales.

— Au fait, je suis confus, mais je ne connais pas ton nom, mon enfant, continua Lumenor d’un air gêné.

— Abyss, répondirent les deux adolescents en chœur.

Daliah expliqua très rapidement à son Maître la situation. Ce dernier hocha la tête lentement.

— Très bien, alors Abyss, je te propose ceci : tu resteras avec nous pendant qu’on cherche s’il a quelqu’un qui te connaît dans les environs. Le conseil a accepté de t’héberger aussi longtemps que nécessaire. Si tu es d’accord, bien entendu.

— Eh bien… je pense que je n’ai rien à faire de mieux… Ça me va.

— Parfait. Pour le temps que tu resteras ici, je te propose de rester auprès de Maître Vallys. Il pourra te donner des informations sur la région pour que tu ne sois pas totalement perdu.

— QUOI ??!! NAN !!

Daliah regretta immédiatement son intervention et fut à deux doigts de se gifler pour se faire taire. Elle n’appréciait pas du tout qu’un garçon d’apparence si gentille et timide se retrouve entre les griffes de cet enseignant démoniaque. Il allait le dévorer tout cru, sans aucun doute ! Mais elle aurait peut-être mieux fait de garder sa pensée pour elle plutôt que de la crier dans l’infirmerie, avec ledit professeur à côté d’elle.

— Qu’est-ce qui ne va pas, Daliah ? interrogea Lumenor en la regardant comme si elle allait faire une crise de nerfs d’une seconde à l’autre.

— Euh… je… je voulais juste dire que… que j’aurais bien aimé parler de la région et de son histoire moi-même à Abyss… En plus, ça me ferait réviser mes cours…

— Dans ce cas, je suppose que vous pourrez l’instruire tous les deux, sourit le blond avec bonne humeur.

Le regard que Daliah et Vallys échangèrent était plus qu’éloquent. Aucun des deux ne voulait passer cinq minutes dans la même pièce que l’autre. Et même s’ils étaient pratiquement tout le temps en désaccord, elle était sûre qu’il partageait aujourd’hui sa pensée :

Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?!


(Dessin original d’Elysio Anemo)

lecture 4 lecturas
thumb comentario
1
reacción

Comentario (0)

Tienes que iniciar sesión para comentar Iniciar sesión

Puedes hacer una donación a tus escritores independientes favoritos para apoyarlos

Seguir descubriendo el universo Fantasy
Une petite goutte de Symviosi
Une petite goutte de Symviosi

La folle union entre les libertés de droite et de gauche a donné quelque chose d’extraordinaire à Symviosi : une cité savant...

Régine Pelladeau-Kornmann
7 min
Chapitre 3 - Nivalith
Chapitre 3 - Nivalith

Daliah fit un bond en arrière, mais retint vaillamment un cri de terreur. Elle ne voulait pas risquer une réaction soudaine...

Elysio Anemo
25 min
Chapitre 2 Partie 2
Chapitre 2 Partie 2

Nea s’arracha aux doigts tentaculaires de son passé qui s’agrippaient à ses bras, forçant sa conscience à revenir dans l...

Rebecca Cornhel
9 min
Chapitre 1 - L’apprentie Arcaniste
Chapitre 1 - L’apprentie Arcaniste

Ce matin-là, la salle d’entraînement était particulièrement animée. Les élèves avaient décidé d’organiser un tournoi amical...

Elysio Anemo
20 min
Prologue - Nalen et Kaelis
Prologue - Nalen et Kaelis

Au commencement était le néant. Puis il y eut un son, un battement venu de partout et nulle part à la fois, et ensuite f...

Elysio Anemo
18 min

donate Puedes apoyar a tus escritores favoritos

promo

Download the Panodyssey mobile app