Chapitre 2 - la main dans le sac
Chapitre 2 - la main dans le sac
Voryn travaillait depuis bientôt deux ans dans la plus renommée des maisons de plaisirs de Fierval, Le Carrousel. En tant que simple commis au début, il était maintenant en charge de s’assurer que tout se passait bien dans les différentes suites qu’occupaient les clients, à la façon d’un maître d’hôtel. C’était un travail exigeant mais convenablement rémunéré car son silence et sa discrétion étaient exigés. Fierval était une petite ville prospère grâce à sa position sur le fleuve Rilon et contrôlait une grande partie du transport fluvial en amont et en aval, vers l’océan et les différentes colonies du pays. De nombreux armateurs s’étaient donc établis ici et certains étaient devenus riches tels des rois en quelques générations à peine. De fait, la ville avait son lot de notables et de personnalités aisées.
Qui dit argent dit luxure, et Fierval possédait plusieurs maisons de plaisirs. Il y en avait pour tous les goûts et surtout pour toutes les bourses… Voryn avait grandi dans cette ville. Rien ne le destinait à aller travailler dans ce genre d’endroit. Ses parents tenaient un commerce de laine prospère à son époque et il avait appris le métier avec eux. En toute logique il aurait dû reprendre l’affaire mais un déséquilibre spéculatif sur le marché de la laine avait ruiné ses parents qui avaient dû abandonner l’affaire familiale pour redevenir salariés. Voryn, bien malgré lui, avait été obligé de changer de voie et après divers petits emplois était rentré en tant que commis au Carrousel. Il avait quelque part eu de la chance, cet établissement était l’un des plus prestigieux de la ville et recevait du beau monde. Il avait au fil du temps noué quelques petites relations avec certains riches habitués qui venaient et espérait monter dans l’échelle sociale de cette façon. Son travail consistait le plus souvent à s’assurer que les chambres étaient propres, en bon état, que les clients aient leurs petites habitudes satisfaites avant même d’arriver que ce soit en termes de femmes, hommes, nourriture, accessoires de plaisir et tout ce qu’il leur passait par la tête.
***
La soirée commençait tout juste et les premiers clients ne tarderaient pas à arriver. Voryn s’était assuré que tout était en ordre. Le bar était garni, comme à l’accoutumée, le personnel de plaisir était habillé, ou déshabillé, selon les souhaits des clients, le chef cuisinier était aux fourneaux et la carte des plats était affichée. Plus qu’un bordel, le Carrousel était un lieu de détente et un restaurant réputé. Une partie des clients (une minorité certes) ne venait d’ailleurs même pas pour les plaisirs du corps mais simplement pour profiter d’un bon repas. Pour certains, la vue des hommes ou femmes dénudés qui faisaient le service pimentait leurs sens et les amenaient à commander un deuxième dessert… L’idée de mélanger les deux activités venait de Voryn. À son arrivée il y a deux ans, le service à table était fait par des serveurs et serveuses ordinaires. Grâce à son idée, il avait substantiellement augmenté les revenus du Carrousel et les clients en redemandaient.
On était mardi soir et Voryn avait le cœur qui battait, un peu plus fort que ce qu’il faudrait. Si tout se passait comme d’ordinaire, Sylvara viendrait ce soir pour prendre quelques plaisirs. C’était une habituée et probablement la cliente préférée de Voryn. Elle venait depuis un peu plus de six mois, toujours les mardis. C’était la fille d’un riche commerçant qui avait plusieurs vaisseaux et faisait principalement le commerce des épices avec les colonies lointaines. C’était une entreprise périlleuse, moult dangers pouvaient survenir durant les voyages mais la famille de Sylvara était particulièrement chanceuse ou douée, ou bien les deux et ils étaient devenus richissimes en quelques années seulement. Sylvara n’était pas née à Fierval, sa famille s’était établie tout récemment et avait rendu fous de jalousie nombre de commerçants et armateurs natifs, moins bien lotis depuis des dizaines d’années, voire des générations.
Voryn était quelque peu tombé amoureux de cette jeune femme, particulièrement belle il est vrai, mais il n’y avait pas que cela. Elle avait quelque chose d’animal dans sa posture, son regard. On avait l’impression qu’on allait finir dévoré, emprisonné dans sa toile dès que son regard croisait le vôtre. Ce côté quelque peu exotique émoustillait bien des hommes ici et Sylvara n’avait que l’embarras du choix au niveau des prétendants. La belle ne semblait absolument pas intéressée et venait simplement au Carrousel pour se divertir, sans la pression de devoir subir la cour de lourdauds qui cherchaient une union et des accords financiers avec sa famille. Quand elle s’adressait à Voryn, le jeune homme se sentait porté sur un nuage et avait la vive impression qu’elle en demandait tacitement plus que ce qu’elle voulait réellement. Il se sentait important à ses yeux quand bien même ils n’étaient pas du tout de la même condition. Il se pliait en quatre à ses moindres exigences mais au final n’était-ce pas ce que l’on attendait de lui dans ce genre d’établissement ? C’était une piètre façon de déculpabiliser sur son comportement… Voryn connaissait bien ses habitués et leurs goûts. Sylvara avait beaucoup d’appétit, et il avait normalement tout prévu.
***
Le jeune homme regardait d’un air distrait deux employés au bar jouer à un jeu très en vogue à Fierval depuis quelques mois : Sous les Cartes. C’était un jeu de cartes de coopération pour deux joueurs, généralement un couple, où il fallait progresser l’un vers l’autre sur un chemin et se retrouver au milieu en ayant réussi à déshabiller les deux personnages. L’avatar qu’avait choisi le serveur était presque dénudé et arrivé au centre, il ne lui restait que quelques cartes en main. Sa partenaire de jeu, par contre, semblait avoir plus de difficulté et son personnage était encore presque tout habillé. Ce jeu était une sorte de test pour les couples, pour voir si on était capable de comprendre les cartes de l’autre et ainsi anticiper les actions qui seraient bénéfiques aux deux joueurs.
Perdu dans ses pensées, Voryn n’entendit pas la porte d’entrée s’ouvrir et c’est seulement quand une main se posa sur son avant-bras qu’il vit un homme dans la cinquantaine, avec un port altier qui le regardait avec une pointe d’amusement.
— Voryn, mon ami ! Vous ne dites plus bonjour à vos clients ?
— Heu, je… Je vous prie de m’excuser M. Milclow, j’avais la tête dans les étoiles certainement… Comment allez-vous ?
— Bien, très bien je vous remercie. C’est une belle soirée vous ne trouvez pas ? Avec l’arrivée de l’Incroyable au port, la ville est en émoi !
— Oui c’est sûr, dire que le capitaine Thalion aurait découvert une nouvelle terre, encore inconnue, par-delà les frontières qui sont sur les cartes ? Vous y croyez, vous ?
— J’étais cet après-midi même au conseil des navigateurs et explorateurs. Vous n’êtes pas sans savoir que j’ai un siège permanent là-bas et que je suis au courant des dernières découvertes. Les informations rapportées me semblent tout à fait valides. Nos cartographes doivent encore déterminer les distances et les positions au mieux, mais il semblerait bien qu’une nouvelle terre ait été découverte !
— C’est formidable monsieur, je suppose que de belles opportunités d’affaires vont se profiler d’ici les prochaines années ?
— À qui le dites-vous ! Je vais faire appareiller un navire prochainement pour une expédition de confirmation et peut-être rapporter déjà quelques richesses. Il est fort probable qu’une région là-bas portera mon nom !
— Je n’en doute pas monsieur ! Je vois que vous êtes accompagné de votre épouse. Je vous souhaite bien le bonjour madame. Je suppose que ce ne sera plutôt qu’un simple dîner ce soir ?
— En effet, je viens seulement manger avec ma femme ce soir, pas de ravissements autres que celui des papilles !
— Très bien, je vais vous faire installer. Notre chef a une carte qui devrait être digne de la bonne humeur qui rôde en ville.
Voryn laissa son client aux mains d’une serveuse légèrement vêtue, habillée seulement d’une mousseline quasiment transparente avec une petite ceinture qui soulignait sa jolie taille. Ses seins étaient magnifiques, et ses aréoles sombres contrastaient avec la blancheur de sa peau. Sa toison épilée avec soin était ravissante. Elle sentait bon une odeur qui rappelait le clou de girofle. M. Milclow fut ravi de trouver pareille créature. Voryn sembla voir un scintillement dans les yeux de son épouse et se dit que finalement, la soirée que ses clients avaient prévue pourrait bien changer et durer plus longtemps qu’un simple repas.
La porte d’entrée s’ouvrit de nouveau et cette fois-ci ce fut Sylvara qui entra, gracieuse et plus belle encore que la semaine dernière, pensa Voryn. Elle était vêtue simplement d’une robe courte dans une toile de lin de très belle facture, écrue. Sur bien des femmes cette tenue serait passée pour banale, mais sur elle, c’était à se damner pour seulement l’approcher et la regarder encore un peu. Le tissu était volontairement un peu serré et mettait en valeur sa poitrine qui n’était pas imposante, mais très bien faite. Le décolleté du vêtement permettait d’entrevoir un pendentif maintenu par une chaînette d’argent, qui représentait une seiche. Sylvara venait toujours avec ce collier, qui semblait ne jamais la quitter. La seiche avait dû être réalisée par un artisan talentueux, on pouvait jurer la voir bouger à chacun de ses pas. Voryn se mit à avoir un peu chaud, et pourtant la jeune femme n’avait toujours pas tourné la tête vers lui. Son cœur battait plus fort et il sentit une certaine pression dans son pantalon. Elle était si séduisante en même temps… Enfin, elle pivota et vit le jeune homme. Son visage se fendit d’un beau sourire très franc révélant une dentition parfaite et son regard semblait dire à Voryn “je suis très heureuse de te retrouver”.
— Bonsoir Voryn, lui dit-elle, quelle jolie coupe de cheveux, cela vous change, et en bien, ajouta-t-elle avec un petit clin d’œil mutin.
— Bonsoir maîtresse Sylvara, c’est une grande joie pour moi aussi que de vous recevoir ici ce soir.
Le ton de Voryn était un peu guindé. C’était certes une cliente, et pas des moindres, mais ce faisant il s’évitait aussi toute défaillance dans leurs échanges.
— Comme d’habitude ce soir, ajouta le jeune homme ?
— Oui, j’ai entendu dire que le chef avait prévu un plat de la mer ?
— En effet, vous êtes bien renseignée dites-moi !
— C’est en étant bien renseignés qu’on a toujours un coup d’avance sur ses concurrents mon cher Voryn… répondit Sylvara d’un ton assuré, sans se départir de son sourire.
— Vous avez entièrement raison ! Ce soir effectivement nous avons de la sole préparée aux citrons de Belgaria avec ses moules de Fierval, accompagnée de légumes grillés au vinaigre.
— Cela me semble parfait, m’accompagnerez-vous pour le repas ?
— Malheureusement je ne peux pas ce soir, vous m’en voyez navré, je suis seul pour m’occuper de l’établissement, Ariath est malade et je n’ai pas eu le temps de trouver une aide supplémentaire, répondit Voryn, visiblement déçu.
— J’espère que tout va bien pour elle ?
— Oui, juste une petite maladie passagère, je suis sûr qu’elle sera sur pied demain ou après-demain.
— Bon, tant pis ! dit Sylvara avec une petite moue taquine. Vous m’accompagnez tout de même jusqu’à ma table ?
— Bien sûr maîtresse, suivez-moi.
Voryn passa devant la jeune femme et la fit traverser le vestibule pour déboucher dans une petite salle assez intime. Le Carrousel était un lieu réputé, aussi parce qu’il était petit et intimiste. Tout le monde se sentait un peu comme chez lui ici et c’était aussi cela qui faisait la renommée du lieu.
***
Il n’y avait qu’une dizaine de tables et la décoration rappelait celle des chambres et des suites : de belles tentures rouges, une moquette sombre et beaucoup de dorures. Sur un mur, un grand miroir augmentait artificiellement la taille de la pièce et sur l’autre, une imposante peinture d’une scène maritime. On voyait un grand navire se faire dévorer par un calamar géant par une nuit de tempête. Les marins, qui étaient autant des hommes que des femmes, voyaient leurs derniers instants arrivés et voulaient goûter une dernière fois aux plaisirs des corps. Les personnages étaient fort bien dessinés et on assistait à des scènes très excitantes. Une femme suçait un homme. Elle était à genoux sur le pont. Lui bravait la tempête et les mouvements du bateau en s’accrochant à des cordages, ou avait-il été attaché par la femme au préalable ? Un autre homme faisait l’amour à une femme, à même le sol, en missionnaire. Celle-ci regardait le monstre et semblait le défier de son regard. Une autre femme se faisait prendre semble-t-il sans ménagement par deux hommes, l’un avec sa queue dans sa bouche et l’autre en train de la sodomiser. Un autre homme semblait s’être trompé et tentait de faire l’amour à la figure de proue. On apercevait par la lucarne de la cabine du capitaine deux hommes en train de s’embrasser, leurs sexes entrelacés. Il y avait de nombreux détails, plus ou moins croustillants et l’on pouvait passer des heures à regarder cette peinture pour en découvrir toutes les subtilités.
Une table était occupée par monsieur et madame Milclow. Une serveuse était en train de prendre leur commande. Elle était entièrement nue et légèrement cambrée. Voryn remarqua alors que madame Milclow était en train de lui caresser la vulve avec délicatesse. Il se dit qu’il fallait qu’il fasse préparer une chambre pour le couple, le repas ne serait qu’un avant-goût de la soirée à venir. Le jeune homme fit le tour d’une table et recula la chaise pour permettre à Sylvara de prendre place. Celle-ci le regarda intensément, comme si elle voulait lui dire quelque chose puis se ravisa et s’assit. Voryn ne l’avait pas remarqué tout à l’heure mais la robe courte de sa cliente était fendue sur un côté et révéla le haut de sa cuisse ainsi qu’une partie de sa fesse juste avant qu’il ne repousse sa chaise. Il vit un tatouage, qui représentait un trident. Vraiment, c’était une vraie fille de la mer. Voryn sentit son entrejambe durcir et Sylvara tourna la tête et fixa sur cet endroit. Elle ne dit rien, lui non plus, mais rougit légèrement.
— Êtes-vous bien installée maîtresse ? finit-il par articuler.
— Oui tout à fait, je voudrais bien un verre de ce vin des îles que j’ai pu déguster la semaine dernière.
— Vous voulez certainement parler du Clitominia ?
— Oui c’est cela, quel nom intéressant vous ne trouvez pas ? dit-elle avec un sourire.
— Ce n’est pas innocent, répondit Voryn. On dit que ce vin voit son goût rehaussé par l’adjonction de cyprine de femmes. Je crois surtout que c’est un prétexte commercial mais l’idée est bonne, ne trouvez-vous pas ?
— Avez-vous trouvé une saveur de mouille quand vous l’avez goûté, peut-être celui d’une fille que vous avez connue ?
— Maîtresse, je ne saurai dire, je n’ai pas eu l’occasion de goûter ce vin encore, répondit Voryn, un peu gêné par le discours osé de la jeune femme.
— C’est terrible cher Voryn ! Faites venir une bouteille et partagez au moins un petit verre avec moi, dit-elle, joueuse.
— Certainement maîtresse. Serveur, une bouteille de Clitominia je vous prie !
La bouteille et les verres furent apportés rapidement. Le vin était un vin blanc à la robe cuivrée, donc probablement moelleux. Le détail du nom avait été poussé jusqu’à la forme du contenant qui avait un petit bourgeon sur le haut, tel un clitoris tendu et excité par quelque caresse. Voryn disposa les verres et servit le premier verre pour Sylvara. Quand il s’apprêta à se servir lui-même, celle-ci posa sa main dessus et dit à mi-voix :
— Non non non… vous goûterez dans le mien.
Elle prit le verre et l’approcha de ses lèvres, sortit légèrement sa langue et but une gorgée. Bien malgré lui, Voryn ne pouvait détacher ses yeux de cette créature. Cela ne semblait pas du tout la gêner, et plutôt même l’amuser.
— Pas mal, je ne sens pas du tout un goût de cyprine, peut-être une légère amertume en arrière-bouche, mais c’est très léger. Goûtez, je veux que vous posiez vos lèvres là où j’ai posé les miennes…
— Bien maîtresse.
Voryn n’en pouvait plus. Il s’attendait à ce que sa bite perfore son pantalon d’un moment à l’autre. Le fait qu’elle soit prisonnière, coincée, lui était même douloureux. Il posa ses lèvres sur le verre, exactement là où Sylvara les avait posées à l’instant d’avant. Il voyait la légère marque grasse sur la transparence du cristal. Il but mais ne sentit pas vraiment le goût du vin. Il s’attarda surtout sur le goût laissé par la jeune femme. Il reposa le verre et dit :
— Je ne saurai dire maîtresse, en tout cas c’est un vin fort cher qui est difficile à acheter et à approvisionner. Comme il est onéreux il est forcément bon n’est-ce pas ?
— Ce qui est cher est parfois surévalué. Cela est aussi vrai à l’inverse. On a tendance, dans notre orgueil, à juger les gens et leur accorder moins de valeur que leur statut pourrait le supposer.
Elle dit cette dernière phrase tout en dévorant des yeux Voryn. Il ne savait plus où se mettre et décida de prendre congé. Il salua Sylvara et repartit dans le vestibule pour accueillir de nouveaux clients, la clochette de l’entrée ayant tinté. Le repas se passa sans accroc, Voryn surveillait ses convives et quand vint le dessert de monsieur et madame Milclow, il alla les voir et leur dit qu’une chambre était à leur disposition, qu’ils pouvaient y aller avec la serveuse qui s’était occupée d’eux s’ils le souhaitaient, bien entendu. La proposition fut évidemment bien accueillie et ils montèrent tous les trois à la fin du repas. Sylvara regardait Voryn à cet instant. Elle était presque arrivée au dessert elle aussi mais elle appela le garçon.
— Voryn, je ne prendrai pas de dessert, enfin pas celui prévu par le chef en tout cas. Ma chambre est-elle prête ?
— Oui maîtresse, j’ai pris la liberté de vous mettre à disposition Clod, comme l’autre fois. J’ai cru comprendre que vous en avez été particulièrement ravie.
— Effectivement, et c’est bien aimable à vous, cher ami. Je m’en vais donc le rejoindre.
Elle se leva et Voryn la guida dans le vestibule, puis l’escalier, pour ensuite arriver dans un couloir au premier étage. Les murs étaient décorés de scènes de sexe tout à fait explicites, au cas où les clients seraient en manque d’inspiration. Comme à chaque fois, Sylvara posa sa main sur un dessin d’une femme qui se faisait prendre par deux hommes. Le premier était derrière elle en train de la prendre en levrette et le second lui enfonçait sa queue dans la bouche. Cette scène semblait faire forte impression à la jeune femme qui se pinçait la lèvre. Pourtant, et cela était bizarre, depuis six mois qu’elle venait ici, jamais elle n’avait demandé à avoir deux hommes pour elle. Voryn garda ses réflexions pour lui et lui ouvrit la chambre numéro neuf. Sylvara prenait toujours soit la chambre six, soit la chambre neuf. Il se demandait pourquoi toujours ces chambres avec ces chiffres bien spécifiques…
Voryn comprit enfin.
La chambre était presque entièrement remplie par un grand lit à baldaquin. Le rouge était encore omniprésent ainsi que le doré. Sur le lit était installé Clod, un homme musclé et bien membré qui faisait l’unanimité parmi les clientes. Il était cher parce que très demandé mais Sylvara avait énormément de moyens. Elle remercia Voryn, entra dans la chambre et celui-ci ferma la porte. Il commença à retourner dans le couloir pour redescendre mais s’arrêta à mi-chemin. Il voulait voir. Pour la première fois il voulait voir Sylvara.
Il s’était toujours gardé de le faire, par respect pour la jeune femme, et aussi parce qu’il pensait violer son intimité ce faisant. Mais il était trop excité ce soir pour réfléchir plus avant. Toute cette dégustation de vin avec elle l’avait enflammé. Chaque chambre possédait une pièce secrète, pour les clients qui étaient voyeurs ou ceux qui voulaient être vus. Il y avait plusieurs œilletons qui permettaient ainsi de ne rien manquer à ce qui se déroulait à l’intérieur. La soirée était assez calme, les prochains clients qui voudraient monter n’auraient pas terminé leur repas avant une petite demi-heure. Il avait largement le temps de découvrir la femme qui l’obsédait. Voryn ouvrit la porte de la pièce secrète sans aucun bruit et rentra dedans.
***
Il faisait totalement noir dedans quand il referma la porte derrière lui. Aussi avança-t-il à tâtons et chercha avec ses mains un panneau qui dissimulait une ouverture discrète. Il le fit glisser prudemment et vint coller son œil près du trou. La lumière de la chambre était assez tamisée, si bien qu’on ne voyait pas tous les détails. C’était cependant suffisant et cela permettait aussi de faire travailler l’imaginaire si nécessaire.
Clod était assis sur le lit, à son bout, les pieds par terre. Sylvara était debout devant lui et lui tenait la tête qu’elle avait appuyée contre son ventre. Les mains de l’homme caressaient les fesses de la jeune femme à travers sa robe qu’il avait un peu retroussée. Il trouva habilement les boutons dans son dos et entreprit de la lui retirer. Elle fut rapidement nue et elle ne portait aucun sous-vêtement. Sa jolie poitrine faisait de belles ombres sur elle. Ses tétons étaient déjà tendus. Clod était nu depuis le début et son vît relevé, son gland visible et décalotté. Sylvara caressait la tête de l’homme qui lui embrassait désormais le ventre et léchait son nombril. Elle avait un physique athlétique. Il était connu que Sylvara n’était pas juste une fille à papa qui avait fait fortune. Elle appareillait souvent sur des navires et intervenait en tant que capitaine. Elle faisait sa part et son corps s’était donc sculpté en fonction de ses efforts et de sa vie.
Elle avait chamboulé les règles des marins en refusant de se faire appeler capitaine mais maîtresse. Les matelots avaient au début protesté mais s’y étaient finalement habitués.
Voryn n’entendait pas bien mais il semblait que la respiration de Sylvara s’était accélérée. Elle appuya sur la tête de Clod pour qu’il descende ses baisers. Il commença donc à embrasser son nombril, puis son bas-ventre, pour atteindre délicatement la naissance de ses poils pubiens. Voryn entendit, mais de manière indistincte “Lèche-moi !”. L’homme s’exécuta et fourra sa langue entre les deux lèvres de Sylvara. Elle poussa un petit cri, mi-surprise, mi-agacée d’une telle rapidité. Elle lui tira sur les cheveux, fixa son regard dans le sien, un regard dominant, avant de lui remettre la tête contre son sexe. Clod était utilisé comme il se devait. Elle le manœuvrait comme s’il était un jouet, pour qu’il passe sa langue plus bas, plus haut, plus à gauche, plus à droite.
***
Voryn prenait beaucoup de plaisir dans ce jeu de voyeur et commença à se masturber. D’abord en se caressant à travers le pantalon, puis n’y tenant plus il dégrafa son vêtement et sortit son sexe pour se branler plus efficacement. Il faisait bien attention à ne faire aucun bruit pour ne pas être repéré. Sylvara dit quelque chose que Voryn ne comprit pas mais Clod se releva, l’attrapa et la mit à quatre pattes sur le lit. Il fourra sa langue dans sa chatte et la jeune femme se mit à pousser de petits cris ponctués de “encore ! encore !”. Elle avait un cul sublime et le reflet des lampes à huile sur sa peau indiquait qu’elle avait l’entrejambe trempé. Les bruits étaient étouffés et Voryn comprit que Sylvara avait demandé une nouvelle chose car Clod arrêta de la lécher, ou plutôt de la pénétrer de sa langue et vint frotter sa queue contre son intimité humide. Il faisait des mouvements de glissement, contre son anus, sa vulve, son clitoris, écartant ses lèvres à chaque passage. Sylvara n’en pouvait plus et attrapa la queue de Clod d’une main et la guida dans son sexe. Clod s’enfonça entièrement d’un seul coup, ce qui arracha un cri à la jeune femme. Il commença alors à la prendre avec vigueur, sortant quasiment de toute sa longueur à chaque fois et rentrant profondément au coup d’après. Sylvara poussait un cri à chaque coup et se mit à jouir une première fois rapidement sous les coups de butoir de Clod. Celui-ci semblait aussi prendre un grand plaisir.
Voryn était jaloux. Il aurait tout donné pour être à la place de Clod. Sylvara avait dû dire à Clod d’y aller plus fort, car il était désormais en train de la défoncer de sa queue. Elle était presque en train de hurler tellement c’était intense. Ses mouvements étaient rapides et son bassin claquait les fesses de la jeune femme à chaque coup.
Voryn se branlait si fort qu’il attrapa par mégarde le panneau de bois servant à occulter le trou et le fit tomber dans un grand bruit. Clod et Sylvara s’arrêtèrent l’instant d’après et elle regarda vers la source du bruit. Voryn crut croiser le regard de la jeune femme par le trou et se recula vivement, tapant sa tête bruyamment dans le mur opposé. Son cœur battait la chamade, il était complètement terrorisé.
— Voryn ? C’est bien toi ? demanda Sylvara.
Elle ne semblait pas en colère, mais plutôt amusée.
— Montre-toi, maintenant je sais que tu es là…
Voryn ne pouvait rien faire d’autre, il sortit de la pièce secrète, scruta le couloir pour ne pas tomber face à des clients, la queue à la main et entra sans frapper dans la chambre. Sylvara le regarda entrer. Elle était assise sur le lit, magnifique. Clod à ses côtés, toujours en train de bander et de lui caresser le dos.
— Alors comme ça on joue au voyeur ? Toi ? dit-elle avec un sourire.
— Je vous jure maîtresse, c’était la première fois, essaya de se justifier Voryn avec maladresse.
— Ce n’est pas grave tu sais. Je te trouve très séduisant. Tu es un bel homme, dommage que tu ne fasses pas partie du personnel des plaisirs.
— Je vous prie de m’excuser, cela ne se reproduira pas, dit Voryn.
— Je suis la cliente ici non ? Et le Carrousel doit se plier à mes exigences non ?
— Oui maîtresse.
— Dans ce cas, viens ici, je veux te goûter.
Voryn n’en croyait pas ses oreilles. Il approcha, d’abord penaud, puis plus courageux, jusqu’à la jeune femme qui le dévorait des yeux. Il arriva en face d’elle son sexe à hauteur de son visage. Avec tout cela il ne bandait presque plus et cela fit rire Sylvara :
— Alors comme ça on est intimidé par une fille comme moi ?
Elle rapprocha sa bouche du sexe de Voryn et commença à l’embrasser. Voryn ferma les yeux et se laissa faire. L’excitation le gagnait de nouveau et il sentit sa queue remonter contre le visage de sa maîtresse. Elle lui baissa son pantalon, qu’il retira pour être à l’aise. Elle ouvrit la bouche et commença à sucer son gland. Elle était d’une grande délicatesse et c’était extrêmement agréable d’être dans sa bouche. Elle sortit son sexe de sa bouche pour parler :
— Clod, viens me lécher comme tout à l’heure.
Elle se remit à quatre pattes sur le lit et Clod vint derrière elle pour lécher son sexe. Elle approcha Voryn d’elle et se remit à le sucer. Il était encore debout sur le sol de la chambre. Elle gémissait doucement, Clod étant lui aussi très délicat. Sylvara commença à branler Voryn en même temps qu’elle l’avalait. C’était une sensation exquise, jamais le jeune homme n’avait senti une bouche si délicate. Sylvara lâcha la queue de Voryn pour se caresser les seins, gonflés et tendus. Le jeune homme agit par instinct, attrapa doucement la tête de Sylvara et commença à s’enfoncer un peu plus en elle. Elle gémit et il comprit que c’était une invitation à faire plus. Clod lui léchait la chatte avec ardeur désormais.
Voryn se mit alors à faire des va-et-vient dans la bouche, d’abord lentement puis un peu plus vite. Les gémissements de la jeune femme allaient crescendo avec des petits bruits de déglutition quand il poussait sa queue un peu loin. Elle ne semblait pas offusquée, au contraire. Sylvara sortit la bite de sa bouche pour reprendre sa respiration et ordonner à Clod de la prendre. Il enfonça alors toute sa queue en elle en même temps qu’elle reprenait Voryn.
Sylvara n’était plus que sensation, se faisant pilonner des deux côtés. Elle jouit plusieurs fois pendant cette période, ce qui fit sourire les deux hommes. Ils étaient là pour elle.
Voryn voyait l’anus de Sylvara qui était bien dilaté et tendu de plaisir. Il commença à le caresser et glissa un doigt timide dedans. Sylvara gémit, le sexe de Clod lui emplissant la bouche et il comprit que c’était peut-être une invitation. Il poussa deux doigts en elle et ne sentit pas de résistance. Il cracha sur le petit trou afin de le lubrifier et sortit sa bite qu’il plaqua contre l’anus de Sylvara. Il enfonça entièrement son sexe en elle et amorça des mouvements de bassin. Sylvara jouit une nouvelle fois et plaqua une de ses mains sur son sexe pour se masturber en même temps.
Elle en profitait pour masser les couilles de Voryn et celui-ci, complètement excité, accéléra le mouvement et se mit à jouir dans son cul. Sylvara semblait avoir eu ce qu’elle voulait et lâcha Clod pour lui demander de lui jouir dans la bouche. Ce dernier, docile, se masturba et éjacula rapidement entre ses lèvres.
La jeune femme semblait sortir d’une séance de pliage de voiles, elle avait la peau luisante de sueur et les cheveux pêle-mêle collés sur son front. Elle s’allongea sur le dos pour reprendre son souffle, mettant sa beauté en avant, ses seins pointant vers le ciel. Voryn et Clod attendaient, ne sachant trop quoi faire. Au bout de quelques minutes elle dit :
— Voryn, à partir de maintenant tu deviendras ma petite pute personnelle. Je vais te faire débaucher et tu viendras travailler pour moi. Ton prix sera le mien.
La maîtresse avait parlé et c’est ainsi que la soirée se termina.
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