¡Felicidades! Tu apoyo al autor se ha enviado correctamente
avatar
Ma jeunesse meurtrie
Fiction
Drama
calendar Publicado el 26, ago, 2026
calendar Actualizado 26, ago, 2026
time 4 min
All audiences

Ma jeunesse meurtrie

J’ai un demi-siècle en janvier 2027. Je suis née jour pour jour trente-cinq ans après la conférence de Wannsee.


Je dis MA jeunesse, et non pas NOTRE jeunesse car ma vie a été un combat individuel contre la précarité matérielle, intellectuelle, sociale.


Je dois dire que l’état socialiste m’a maintenue à flot. J’ai goûté à sa providence. Mais qui peut prouver que dans un été libéral je ne me serais pas émancipée ? Aujourd’hui je suis toujours pendue à ses mamelles sans pouvoir quitter ce pays que parfois je n’aime plus car je ne m’y vois pas.


Adolescente, sans les comprendre, je lisais Camus et Sartre. J’ai toujours été fascinée par la figure de l’écrivain. Je me rêvais moi-même écrivaine.


Et puis non, écrire on y laisse sa santé.


J’ai trop peur, je crois. Je suis terrifiée par moi-même. Comme on pourrait dire : j’ai peur de mon ombre. Un professeur de philosophie m’avait dit « vous n’êtes pas vous-même ». C’est vrai. L’idée d’être moi-même me sidère. Il faudrait que je dise ce que je pense. Quoi que je me prête parfois à l’exercice, et parfois ce la se passe bien. Mais je pourrais perdre le peu d’amis que j’ai si je dis vraiment le fond de ma pensée. Si je leur dit qu’il ont tort sur le fond. Je l’ai dit j’ai toujours été précaire, y compris mentalement et nerveusement.

Au fond avec un père absent je peut-être que je cherchais un père à travers Camus et Sartre, le mien ayant été violent et absent. Car je ne les comprenais pas non plus. Ou peut-être que mon père je le comprenais trop bien. J’avais besoin de figures insondables.


Mon père je le déteste, pour ne jamais avoir été un père. J’ai toujours considéré qu’avoir un père c’est la chose la plus importante dans la vie. Et je me suis toujours considérée comme profondément lésée de ce point de vue. Quelque part l’état socialiste me dédommageait.


Mon père a été victime des ondes sismiques de mai 68. L’épicentre étant à Paris, où il n’a jamais mis les pieds ou presque. Nous sommes profondément enracinés dans le pays. Des français de souches, des paysans, des ruraux. Et lui il voulait être libre sexuellement. Et comme aussi il frappait ma mère, ils ont divorcés. Mes deux frères et moi ne le voyions plus qu’un weekend sur deux et une partie de vacances scolaires. Classique aussi. Et puis comme ma mère nous battait nous avons voulu partir vivre chez mon père. Il a donc demandé notre garde. Il avait quand même un côté sympa. Mais en fait non, il est terriblement revanchard. Il en voulait à ma mère. Orgueilleux comme un poux il avait prix personnellement le fait de ne pas avoir notre garde. Alors que c’était le pire père au monde. Violent et absent, je l’ai déjà dit, mais c’est important.


Qui peut prouver que mon père n’aurait pas été plus heureux en bon père de famille ? Nous aurions été plus heureux nous c’est sûr ? Enfants, il nous a fait voir un film porno. Parce que pour lui le drame de sa vie c’était d’avoir été élevé dans l’ignorance de la sexualité.


Partir de chez ma mère qui me martyrisait a été une lourde erreur. J’ai quitté l’enseignement privé catholique. J’avais 12 ans. Aujourd’hui c’est quelque chose que je regrette profondément. Car mes malheurs ont commencé à ce moment-là.


Mais qui peut le prouver ?

Comentario (0)

Tienes que iniciar sesión para comentar Iniciar sesión
Seguir descubriendo el universo Drama

donate Puedes apoyar a tus escritores favoritos

promo

Download the Panodyssey mobile app