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La Brouette Olympique

La Brouette Olympique

Publicado el 10, sept., 2023 Actualizado 10, sept., 2023 Deportes
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La Brouette Olympique

 

 

Chers téléspéctateurs Bonjour ! Nous sommes ravis de vous retrouver pour notre chronique hebdomadaire au travers de laquelle, vous le savez, nous mettons à l'honneur les spécificités de nos régions, les traditions oubliées, mais aussi nous nous efforçons de promouvoir les initiatives novatrices, les projets ambitieux, les oeuvres de passionnés.

Aujourd'hui vous allez découvrir une activité connue de tous et cependant souvent dévoyée qui pourrait, sous un jour nouveau, connaître un retentissement éclatant, trouver ses lettres de noblesse, et accéder à une renommée de tout premier plan.

Cette discipline encore balbutiante, pratiquée en catimini au sein de fédérations très jeunes, est développée par de petits groupes de passionnés qui élaborent en secret techniques et technologies de pointe afin de lui conférer le statut le plus noble, celui de discipline olympique. Nous les avons rencontrés entre plage et garrigue, en des lieux reculés où notre reporter a été autorisé exceptionnellement à filmer. Reportage.

 

"" Chers amis bonjour, je me trouve aujourd'hui en un lieu secret où l'on m'a conduit, imaginez-vous, les yeux bandés! Les personnes que je vais vous présenter ne cherchent pas la notoriété car elles souhaitent préserver certains secrets de fabrication et redoutent piratage et concurrence déloyale. Par comparaison, Pierre, le responsable de ce groupe, évoque l'exemple de la Formule 1 où les prototypes sont élaborés dans le plus grand secret avant d'être présentés au public et engagés dans les courses les plus prestigieuses.

C'est volontairement que les visages des participants seront floutés à l'écran, mais sans plus attendre je vous laisse découvrir en images la spécificité de cette discipline.

Comme vous le voyez nous sommes en présence d'une vingtaine d'athlètes, qui s'échauffent pour le moment, et vont se répartir par équipes de deux individus. La phase d'échauffement sous les ordres du coach est longue et particulièrement soignée afin d'éviter les blessures inhérentes à la pratique de ce sport extrème. On assouplit consciencieusement les poignets et les épaules pour les uns, les jambes et le bassin pour les autres, et surtout un impressionnant travail de respiration est effectué avant le début de chaque épreuve.

Vous le constatez vous-mêmes ce sont des athlètes aux gabaris imposants, des sportifs affutés, tant les hommes que les femmes d'ailleurs, et leurs combinaisons ajustées, profilées dirais-je, mettent en exergue des corps puissants, ultra-gainés.

Je ne puis m'empêcher de baisser le ton tant est perceptible l'extrème concentration des compétiteurs alors qu'ils prennent position sur toute la largeur de la ligne de départ. Pierre, pouvez-vous nous décrire le déroulement de cette épreuve, afin que nos téléspectateurs en saisissent toute la finesse ?

  • Oui, bien sûr ! Alors comme vous le voyez les concurrents prennent position par équipe de deux, le coureur et le porteur. Voilà, ils sautillent encore sur place de façon à être tout à fait chauds, ils font une série de trois grosses respirations, un peu à la manière des apnéïstes – certains pratiquants étrangers en font jusqu'à cinq paraît-il – et puis voilà, le coureur s'applatit au sol comme s'il se préparait à effectuer une série de pompes, et là vous voyez le porteur prendre position derrière son coéquipier, fléchir les genoux, et saisir les chevilles du coureur. à ce moment-là attention! le porteur n'a plus le droit de se redresser avant le Top départ sous peine de disqualification.

Donc là voilà, le Top est donné, le binôme adopte la position "Brouette" le plus rapidement possible, la synchronisation est primordiale et les équipiers y parviennent au prix d'un entraînement poussé sur cette phase de démarrage jusqu'à obtenir des automatismes qui sont à ce point rodés que lorsque survient un changement de partenaire, il faut reprendre à zéro tout ce travail. Voilà, l'équipage atteint rapidement un rythme de croisière, le coureur emploie toute la force de ses épaules, toute sa résistance au niveau des poignets, en restant le plus possible en ligne, des épaules jusqu'au bassin, afin de ne pas provoquer un tortillement des jambes qui serait fatal au porteur.

Voyez-vous si l'on considère les lézards par exemple, leur démarche à mi-chemin entre la reptation et la course les fait se tordre d'un côté puis de l'autre, or c'est ce qu'il faut à tout prix éviter pour les pratiquants de la "Brouette". De fait, nous faisons visionner à nos athlètes la course du lézard à vitesse réelle puis au ralenti, afin qu'ils intègrent parfaitement le concept de ce qu'il ne faut pas faire !

De son côté; le porteur doit respecter l'assiette du coureur, je veux dire par là qu'il doit éviter absolument de faire monter ou baisser les jambes du coureur, car l'équilibre de celui-ci en dépend. Il y a enfin un travail de synchronisation des pas et de la vitesse absolument primordial entre les deux membres du binôme, tout au long du parcours d'une longueur réglementaire de cent mètres. Cela se fait, je le répète, au prix d'un travail acharné.

  • Je vois, Pierre, qu'il y a effectivement des disparités importante entre les différentes équipes qui n'emploient peut-être pas les mêmes techniques ? Que pouvez-vous nous dire là-dessus ?

    • Effectivement différentes techniques sont testées afin de définir les stratégies les plus efficaces. Il est important, et vous le comprenez bien, que le porteur ajuste sa vitesse de course de manière à ne pas "pousser" le coureur, mais également à ne pas le retenir !

    Ainsi en début de course, c'est le coureur qui imprime le tempo de l'équipage. Cependant on constate systématiquement une baisse de régime aux alentours des 75 mètres de parcours, et c'est alors le porteur qui doit produire le maximum d'efforts pour accélérer, et porter littéralement son coéquipier jusqu'à la ligne d'arrivée.

Sachez que certaines fédérations étrangères, du côté de l'Asie me semble t-il, ont testé la synchronisation dite "à l'amble" entre le coureur et le porteur. C'est une stratégie particulièrement osée qui pourrait mettre l'équipage en déséquilibre constant, or c'est une difficulté qu'ils semblent surmonter. En revanche ils y gagnent en vitesse pure et aboutissent à des performances étonnantes.

Il est notable, par ailleurs, que le coureur a tout intérêt à courir tête baissée, en respectant l'axe tête-cou-tronc. En conséquence le coureur ne voit pas directement où il va. C'est là une difficulté supplémentaire que le porteur doit compenser en émettant des ordres brefs, souvent des onomatopées, un peu à la façon d'un musher conduisant son attelage.

Vous avez noté également que certains de nos coureurs (et coureuses) portent un casque. Celui-ci particulièrement profilé, en forme d'ogive, permet une bien meilleure pénétration dans l'air et ainsi favorise l'aérodynamisme, c'est le fameux CX. Ces équipements s'ils sont utilisés à bon escient, combinés à une position ramassée du porteur, permettent de gagner de précieux centièmes de secondes.

Voici donc certaines des techniques susceptibles d'améliorer les performances. Il y en a d'autres, relatives aux équipements, dont je pourrai vous parler plus tard.

Voyez, maintenant nos équipes ont bouclé le parcours. Il leur faudra une longue période de récupération tant l'effort est explosif et intense. Une forte hydratation est nécessaire et quelques massages musculaires avant de pouvoir démarrer une nouvelle session. C'est une discipline terriblement exigeante sur le plan physique, mais ne vous y trompez pas, il faut de plus une force de caractère hors du commun pour surmonter tous les écueils de cette pratique !

  • à quels écueils faites-vous allusion, dites-moi ?

    • Eh bien pour la pratique dans les stades, tout est bien préparé, propre, nickel, la piste est belle, et d'ailleurs il est plus aisé de courir dans des couloirs bien délimités. Mais pour ceux qui s'entraînent en zones urbaines, sur les trottoirs ou même dans les parcs ce n'est pas le cas, et il est souvent difficile pour le coureur d'éviter toutes sortes de pièges comme les déjections de chiens pour ne parler que d'elles. Vous imaginez bien qu'outre le fait que cela glisse fortement, c'est à chaque fois un coup dur pour le moral des pratiquants. Même s'ils portent les gants destinés à protéger la surface palmaire de leurs mains, tout de même, c'est ingrat. Ici en rase campagne dans les garrigues, nos coureurs ne sont confrontés qu'à quelques crottes de lapins éparses, des cailloux et aiguilles de pins, et c'est déjà pénible, alors vous imaginez !...

  • Oui c'est un fait, je me représente bien la difficulté. Dites ! Je vois qu'il semble y avoir un code particulier dans vos équipes, qui se distinguent par deux couleurs différentes ! Est-ce une question de niveau, comme les degrés au judo, est-ce pour distinguer des équipements différents, des stragégies différentes, une autre subtilité encore ? Tout cela me semble bien mystérieux ?

  • Ben non ballot, c'est le bleu pour les hommes, le rouge pour le femmes, tout simplement !

  • Ah mais oui bien sûr, j'aurais dû le remarquer! Ah ah! stupide que je suis !

  • Effectivement ...

  • Ah mais attendez, je vois là un homme qui porte une combinaison rouge ! Alors, ça ne colle plus là, que répondez-vous à celà !?

  • Oui c'est vrai je le concède, celui-là est un Trans, il doit être opéré le mois prochain, alors il s'habitue à sa future couleur.

  • Ok ok je comprends. Mais alors après cette transformation pourra t-il, ou pourra t-elle concourir dans les mêmes conditions que les autres athlètes ?

  • Cela pose problème en effet et la fédération se penche sur la question. Pour l'heure on ne sait pas trop où le caser.

  • Je vois. D'ailleurs une question me tenaille, Pierre. Concernant le recrutement pour cette jeune fédération qui est la vôtre, quels sont les critères requis pour faire un bon pratiquant de "Brouette".

  • Ah toute la difficulté est là. Concernant les enfants, il n'est pas rare de les voir s'adonner spontanément à cette discipline dans les cours d'école. Il est donc possible de repérer les jeunes talents dès leur plus jeune âge et d'inciter les parents à licencier les petits en clubs. Néanmoins il faut prendre en compte les morphotypes les plus favorables. Pour les porteurs par exemple nous recherchons plus particulièrement des individus ayant des bras très longs, cela leur confère un avantage indéniable. Alors que pour les coureurs il n'y a pas de qualité particulière. On préfère toutefois les recruter assez laids.

  • Assez laids, les coureurs, je ne comprends pas ! Quel est le rapport ?

  • Eh bien comprenez bien que la discipline est assez risquée. Les athlètes que vous avez vu évoluer aujourd'hui sont aguerris et ont bouclé la course sans dommage, mais il arrive qu'il y ait de petits accidents. Lorsque c'est le cas, il n'est pas rare que la face du coureur râpe un peu le sol et il y a parfois des nez cassés, des mentons esquintés, des dents en moins, malgré les protections. Donc le choix se porte naturellement sur des coureurs déjà un peu moches, ainsi les blessures passent presque inaperçues. Vous comprenez la logique ?

  • Je saisis parfaitement l'intérêt de la chose. D'autant plus que vous nourissez de belles ambitions pour ce sport encore tout jeune. J'ai cru comprendre que le C.I.O envisageait d'en faire une discipline olympique ! Que pouvez-vous nous dire là-dessus ?

  • En effet la chose est maintenant officialisée. Même si le nombre de licenciés est encore assez faible tant au niveau français qu'à l'international, il a été estimé que la Brouette participait du renouveau des épreuves olympiques au même titre que le skate-board ou la break-dance, afin d'intéresser un public plus jeune. Nous sommes donc les précurseurs de quelque chose qui pourrait devenir un phénomène planétaire dans les années à venir. C'est ainsi que par votre émission vous faites notre promotion et susciterez, je l'espère, de nombreuses vocations. C'est pourquoi nous avons accepté vos caméras en ce lieu.

  • Et je vous en remercie ! Mais cet avènement de nouvelles disciplines aux Jeux ne se font-elles pas au détriment d'autres sports historiquement présents ? Je pense en particulier au Karaté qui disparaît des sessions futures. Savez-vous ce qu'en pensent leurs licenciés ?

  • En effet c'est un peu le principe des vases communiquants, certains disparaîssent alors que d'autres sont valorisés. Nous avons voulu faire un geste à l'égard des pratiquants de ce noble sport, partant du principe que les karatékas sont des athlètes particulièrement affutés, bien gainés, nous avons songé qu'une reconversion serait possible pour ceux souhaiteraient nous rejoindre à la Brouette. Une petite vidéo de présentation et de promotion a ainsi été concoctée à leur intention, que nous leur avons faire parvenir par coursier, directement au siège de leur fédération à Paris.

  • Alors ? Quelle fut leur réaction ?

  • Le coursier n'a pas eu le temps de repartir ... ils s'est fait défoncer la gueule ! Le malheureux est en soins intensifs. La FFK nous a adressé une lettre dont je ne puis révéler la teneur.

  • C'est bien dommage ! Votre démarche allait dans le bon sens. Ces gens-là ne sont pas Fair-play ! Pierre, vous évoquiez tout à l'heure des améliorations techniques au travers des équipements, ne croyez pas que j'ai oublié ! Alors, de quoi s'agit-il ?

  • Oui, oh, je ne sais si je puis vous dévoiler les dernières avancées technologiques qui ne sont pas de notoriété publique. Allez, je vais faire une exception car c'est une trouvaille dont je revendique la paternité, c'est pour moi une certaine fierté.

  • Eh bien bravo Pierre ! Dite-nous en plus je vous prie ?

  • Voilà, vous avez saisi que le succès de la course réside pour une large part dans l'homogénéité de l'équipage. Or vous n'imaginez probablement pas à quel point pour le porteur, la préhension au niveau des chevilles du coureur est compliquée. De nombreux paramètres, qui évoluent même en cours d'épreuve, la rendent aléatoire ! Il peut s'agir de transpiration, et d'ailleurs nous pouvons tout aussi bien courir sous la pluie. Tenir correctement des chevilles rendues aussi glissante est très compliqué. Certains ont recours à la magnésie dont ils "talquent" copieusement les chevilles d'une part, leurs mains d'autre part, mais cela ne résoud pas totalement le problème. J'ai pour ma part élaboré une stratégie simple et efficace qui est encore en phase de test : avez-vous remarqué que certains de nos porteurs sont, eux aussi, équipés de gants ?

  • Oui, c'est un fait. Expliquez-nous le principe.

  • Voilà. J'ai fait confectionner à l'attention des coureurs, je dis bien des coureurs, des chaussons un peu spéciaux, montant jusqu'en haut des chevilles, et garnis d'une large bande de velcros. Par ailleurs, les gants de mes porteurs sont eux aussi équipés d'une bande velcros qui permet une préhension des chevilles idéale et un maintien tout au long de la course dans les meilleures conditions. Cependant il reste à gommer de petits défauts car en fin de course, ou même en cas de pépin durant l'épreuve, le porteur ne parvient plus à lâcher les chevilles du coureur et il est souvent contraint de quitter ses gants qui restent obstinément scratchés. C'est un petit obstacle à la décision d'homologation par la fédération, mais je trouve que l'idée est bonne.

  • Excellente trouvaille en effet, je vous encourage à poursuivre vos test. Pierre, je vous remercie au nom de tous nos téléspectateurs pour la présentation de votre discipline spectaculaire, haletante, et qui semble toutefois âpre et tellement exigeante. Lorsque je considère la somme d'efforts considérables, les entraînements, les aléas, la force physique et mentale qu'il faut déployer, je me dis qu'un sport aussi rude ne peut être qu'affaire de passionnés. Y aurait-il des à-côtés plus plaisants, des joies insoupçonnées ? Allez, avec quels arguments pouvez-vous attirer de nouveaux adeptes ? Pierre je vous donne le mot de la fin.

  • Oui ce sport est ardu et exige bien des efforts. J'ai à l'esprit cependant une anecdote un peu spéciale de nature à adoucir la rudesse du tableau. Elle m'a été rapportée par le responsable d'une fédération du Sud, voilà de quoi il s'agit.

    Un beau matin, alors qu'une équipe était en train de s'entraîner dans une zone plate et boisée, juste après que la rosée du matin se soit dissipée, le coureur, soudain, a stoppé son élan en pleine course et s'est figé, à quelques centimètres du sol. La suite est tout bonnement incroyable ! Cela se passait en région du Périgord, et notre coureur venait de trouver une magnifique truffe, enfouie dans le sol. Il n'a eu qu'à gratter quelques centimètres pour la faire apparaître au grand jour. Vous imaginez ? Une belle truffe noire ! Voilà quand même de quoi susciter des vocations n'est ce pas, même si ce type d'évènement reste somme toute assez exceptionel !

     

  • Incroyable et merveilleux en effet, Pierre. Bravo de terminer sur cette note savoureuse. Nous souhaitons longue vie et moult succès à votre fédération, et sommes impatients de suivre les épreuves de la "Brouette Olympique" aux prochains Jeux. Merci !

 

 

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