Épisode 5 : bleu gris noir, Soleil!
Épisode 5 : bleu gris noir, Soleil!
Au ciel de ma psyché roulaient de gros nuages. Gris clair ou gris foncé, mes jours en dépendaient. Quelques-uns étaient noirs de tonnerre, la plupart étaient gris, aux doux reflets de perle. Je n’en percevais pas la source lumineuse. Le lointain était flou, pourtant, de doutes en suspension.

Photo de Bru-nO sur Pixabay
La crise adolescente dardait de fins éclairs : troubles d’identité et désamour de soi. Isolement aussi. Il n’y avait pas de boums et d’amours frémissantes, pas de loisirs non plus, en dehors des seuls livres. Je n’osais guère écrire, les mots étaient bloqués. Il y avait des copines et les fous rires bêtes. C'était rafraîchissant. Mais dans nos confidences, le handicap, lui, ne se disait pas.
Le monde aberrant déjà me percutait ; je voulais le comprendre. J’ai oublié beaucoup de mes années lycée, mais l’une des émotions gravées en moi est celle de la chute du mur de Berlin. Inoubliable !
Je reviens aux nuages, au ciel d’adolescence, furieux et encombré. Le handicap, d’ailleurs, n’y prenait pas toute place. Le manque de père charriait ses nuées. Et le besoin d’amour et de flirter un jour. Mais d’étranges lueurs coloraient l’horizon. Un signe avant-coureur aurait pu m’éclairer.
Au réveil de la neurochirurgie, mes quelques jours à l’hôpital suscitaient des remarques récurrentes. Le personnel soignant saluait mon sourire. Je n’y prêtais pas attention. Bien plus tard, j’ai compris. De mon handicap acquis, je suis sortie vivante. De cette opération risquée, je suis sortie vivante. Avec, au cœur, la joie, source intarissable. Non qu’il n’y ait des jours noirs, des frustrations, des pleurs. Mais, la conscience précoce de la précarité de la vie commençait à façonner celle que je suis devenue.
J’avais perdu ma moitié, mais une part de moi avait décidé : être heureuse coûte que coûte, savourer toutes les gouttes. La vie m’était donnée une seconde fois.
Notice de transparence IA : Texte rédigé sans IA. Le logiciel Antidote a été utilisé pour la correction orthographique et typographique. L'autrice et la seule propriétaire de ce texte est Line Marsan. Tous droits réservés.
Crédit photographique : Photo de Bru-nO sur Pixabay.
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Harold Cath 1 hour ago
Je ne peux que m'incliner sur la qualité de ta plume et ta capacité à m'emotionner en profondeur avec ces mots tellement bien choisis. Merci Line. (J'attends la suite avec impatience 😉)
Line Marsan 1 hour ago
Tu es adorable. Merci pour ces encouragements. Ce n' est pas toujours facile de se dévoiler, mais cela me semble nécessaire de le faire sur ce sujet.
Emeric Martin 2 hours ago
Plaisir de retrouver votre style à la fois poétique, vif,direct et réaliste.Toujours beaucoup d'émotion transmise.
Line Marsan 1 hour ago
Merci pour ces compliments, Émeric. J'essaie d'y mettre un peu de poésie en effet, pour parer la réalité d'autres lumières.
Pascaln 3 hours ago
Line, j'ai une lecture personnelle se cet épisode pleine d'émotions que je ne sais décrire, mais ce n'est pas l'essentiel. Merci pour ce partage🙏
Line Marsan 2 hours ago
Ton commentaire mystérieux me touche. ❤️
Pascaln 16 minutes ago
Désolé je n'ai pas voulu faire un commentaire mystérieux. C'est juste que j'ai un rapport au handicap et un vécu particulier, puisque le handicap physique m'accompagne depuis mon premier jour.