La chanson de Mia
La chanson de Mia
En cette saison Mia aimait bien aller se balader entre les arbres et les rivières de la Forêt lumineuse. Le jardin le plus beau de l’univers selon elle, car il possède la plus magnifique des végétations pour aborder non pas son paradis personnel mais la plupart de ses peintures.
Elle peint.
Elle peint pour ne pas oublier de vivre en elle.
Elle peint pour ne pas oublier d’être en paix, enfin, avec sa vie rêvée d’artiste.
Ce métier qu’elle ne connaissait pas avant de quitter la grande cité transhumaine de Catame pour venir s’installe ici à Symviosi. C’est dans cet espace de paix verdoyant qu’elle trouva un sens à sa vie et surtout l’amour. Une émotion quasi inconnue qui refait lentement surface entre ses seins et son désir d’être aimé pour ce qu’elle est et ce qu’elle peu donner de beau au monde des vivants.
Les Quatre Terres et les Quatre Mers s’ouvrent à son âme pour lui servir de toile, une nouvelle feuille blanche pour recommencer sa vie d’ancienne soignante des plaies de l’humanité. Elle qui si longtemps appartint à l’Ordre de la prospérité, celui qui à Catame gère les soins des patients dans le moindre hôpital et dans les entreprise dites de santé publique. Elle oeuvra consciencieusement au bien être des employés d’une usine qui fabriquait des lunettes. Cependant elles ouvraient la vue au travail de précision, mais jamais à la beauté multiple de ce monde plein de joie en dehors du capharnaüm d’une cité comme celle-ci. Mais chaque âme croisé sur son chemin ne cherchait que la bonne paie et le mois le plus rentable de l’année, lorsque la prime remplissait le frigo de la faim insatiable du matin sans gaieté ni nouveauté à connaitre.
Mais un jour elle se réveilla lors d’une séance de magistral cours collectif sur comment mieux soigner. La leçon portait non pas l’approbation du malade, mais sur la contrainte de le pousser à exister de la sorte, sous peine de devoir s’abandonner au malheur de la vie et à la mauvaise dignité du socialement correct.
Mia n’avait plus rien d’autre à faire que de regarder l’autre souffrir de son quotidien, alors qu’elle devait pourtant l’aider à y vivre en paix.
Elle parti donc, calmement et sans mauvaise idée de son devenir pour mettre en place de nouveaux paradigmes de vie. Et sa couine Charmina lui montra le chemin en s’abandonnant à l’inconnu qui lui ouvrit les yeux un jour d’automne flamboyant. Mia en fit donc de même pour maintenant élargir le champs des possibles à Symviosi en ce jour où elle quitta son passé, même des collègues déliquescents plus soucieux de moquer son art que de la conforter dans ses choix.
Elle revint seule et libre de tout, également de renouer avec sa famille d’âme et de coeur que sont sa grande tante Philo, sa mère Kauri et toutes ses tantes prêtes à venir à son secours au moindre problème.
Ne manquait plus que la vérité sur ses origines, ce chaînon manquant qu’elle ne savait même pas exister et qui allait revenir vers elle grâce à l’amour d’un prince tout aussi perdu pour les siens. Car lui n’y connaissait rien à l’amour et surtout pas lorsqu’il arrivait ainsi par surprise sur son chemin de policier défait par la vie et l’humanité en général. Il vivotait entre le passé et le futur sans même savoir que ce dernier allait se révéler à lui comme un coup de poing asséné dans le ventre, lorsque la digestion des maux du passé doit enfin se faire en plein jour.

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