Les sept vérités
Les sept vérités
« Aussi étroit soit le chemin, nombreux les châtiments infâmes, je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme... » - Invictus, William Ernest Henley
Il y a de ces poètes dont les mots résonneront toujours à travers les âges, dont la musicalité agira éternellement comme un onguent sur nos maux. La première fois que j’ai lu ces vers, j’ai éprouvé une infinie gratitude. Certaines phrases sont faites pour ne jamais être oubliées et celle-ci en fait définitivement partie. Ce quatrain me rappelle que nous restons les auteurs de notre propre livre, combien même, il est difficile de tourner la page de certains chapitres, ou de surpasser l’effroi de la page blanche.
Dans cet article, j’aimerais vous partager sept vérités qui ont ponctué mon parcours de vie et qui selon moi, sont édifiantes pour tout être qui cherche à s’émanciper.
Le bon moment n’existe pas
Et n’est pas forcément celui que l’on choisit. En vérité, le bon moment vient à nous naturellement et souvent, sans crier gare. Comme le plus galant des prétendants, il nous invite d’abord à faire connaissance avec nous-même avant de finalement prendre les devants. Parfois, le bon moment se fait désirer, nous fait languir longuement. Parfois, il se déclare à un moment inopportun et nous voilà, bien que secrètement conquis, pris de court par de tels aveux.
En somme, le bon moment est celui qui nous oblige à abandonner nos préjugés, à oser en toute liberté, à assumer nos désirs, à gagner en assurance. Il est celui qui abolit toute résistance et fait renaître en nous, l’envie de persister pour ce que nous voulons. En d’autres termes, il se manifestera toujours quand nous serons prêts à changer profondément.
La patience est un maître dont nous sommes tous les élèves
Qui n’a jamais maudit le ciel de ne pas nous accorder tout de suite ce que nous voulions ? Les plus pessimistes diraient sans grande conviction que l’espoir fait vivre. Et pour cause, pourquoi croire en sa bonne étoile, quand la vie n’est plus qu’une lutte de tous les instants ? Il est difficile de faire montre de résilience lorsque frustration et découragement n’ont de cesse de nous persécuter.
Toutefois, sachez que rien ne dure éternellement et que tout n’est qu’un perpétuel recommencement. Les plus grands sages, eux, savaient qu’il y avait un temps pour tout. Et ils avaient raison. Les épreuves sont faites pour que nous puissions nous transformer progressivement afin d’accueillir ce à quoi nous aspirons. Quand nous attendons après quelqu’un ou quelque chose, cela signifie souvent qu’il nous faut retrouver notre centre. Car c’est en prêtant attention à notre for intérieur que nous saurons ensuite si nous sommes réellement alignés à nos désirs.
Puissions-nous cheminer aux côtés de la compréhension.
Rien n’est jamais acquis
Enfant, notre insouciance nous dispensait de réfléchir aux conséquences de nos actes. Adulte, nous comprenons très vite que tout comme ces fleurs sauvages, un champ qui n’est pas ensemencé ne pourra jamais être cultivé. Ainsi, chaque graine qui n’est point arrosée meurt. Il en est de même pour chaque aspect de nos vies. Là, est le prix à payer.
Car, comme il est écrit dans le Nouveau Testament : « Mise ta vie sur ce qui demeure et non sur ce qui passe... ». Cette phrase, prononcée par Jésus, place l’Homme face à ses contradictions. Pourquoi sommes-nous si négligents des choses que nous possédons ? Par son enseignement, le Christ nous invite à la réflexion, nous incite à persévérer, à suivre l’élan de notre cœur malgré l’adversité, et ce, jusqu’à rendre notre dernier soupir.
Qu’il s’agisse de notre foi, de l’ouvrage de notre vie ou de ceux que nous aimons, nous sommes tenus de poursuivre nos efforts : que ce soit en dédiant de notre temps ou par le biais de petites attentions, c’est dans l’amour de soi et celui des autres que nous nous épanouirons véritablement au quotidien.
Ainsi, n’oublions pas que tout ce qui a de la valeur à nos yeux mérite notre considération. Alors, faisons-en une priorité et travaillons avec acharnement, à la sueur de notre front.
La vie n’est pas une fin en soi
Si l’existence doit être menée à son terme, cela signifie que chaque individu a une raison d’être. Nous sommes tous ici-bas pour servir le monde, et ce, d’une manière qui nous correspond. Seulement qu’advient-il de notre ouvrage, lorsque nous mourrons ? N’est-il pas injuste de laisser derrière soi, ce à quoi nous œuvrons ? Rassurons-nous, notre abnégation sera récompensée tôt ou tard. Que l’on croit ou non à la réincarnation, au paradis ou à une certaine forme de justice divine, nous devons comprendre que ce que nous accomplissons de notre vivant est bénéfique à notre prochain, même si nous manquons de reconnaissance.
La vie, n’est qu’un champ de bataille dont nous sommes les soldats. Notre devoir, est de combattre au nom de nos convictions, de remporter la guerre incessante de nos aspirations. Aucune de nos luttes n’est insignifiante. Celles-ci répondent toutes à une cause plus noble qui mérite d’être remportée. Depuis toujours, hommes et femmes se sont engagés pour assurer leur devenir, pour préserver notre espèce, pour frayer un passage aux générations qui leur succéderont.
Nous sommes tous à notre humble échelle, un porte-étendard.
La mort n’est que le remerciement pour le service rendu.
Une délivrance pour l’âme qui a accompli dignement son vécu.
La réussite est celle que l’on se crée
Il existe tant de chemins à explorer et tout autant de possibilités qui n’attendent qu’un peu de bravoure pour se concrétiser. Le choix nous appartient en tout temps. De fait, la réussite, ne peut correspondre à l’idée que la société s’en fait. Si tout se joue en soi-même, alors la réussite est notre à l’instant même où nous décidons d’agir en notre nom. Car il n’y a point de sentiment plus noble que de devenir quelqu’un aux yeux de son âme.
Avoir le courage d’emprunter le chemin qui nous est destiné, c’est se parer d’une fierté que nulle déception ne pourra jamais entériner. C’est rendre obsolète tout motif de comparaison. C’est miser sur soi plutôt que sur les autres. C’est balayer d’un revers de la main, le regret.
Vivre en exploitant son plein potentiel. Être en toute simplicité.
La réussite, c’est reconquérir sa propre liberté.
La peur est un indicateur, l’un des plus puissants.
Quand le cœur se serre et que l’angoisse nous assujettit à notre piètre condition, c’est le signe que nous sommes en passe de nous transcender. Nous avons tous peur pour des raisons différentes. Il ne servirait à rien de le nier, les décisions les plus importantes à prendre sont souvent celles qui nous demandent de nous dépasser.
La peur est un signal, une alerte, une indication. Il nous faut l’accueillir en notre for intérieur et écouter ce qu’elle nous préconise. La plupart du temps, celle-ci jaillit en nous-même lorsqu’il est temps d’abandonner ce qui ne nous sert plus. De gré ou de force, la peur est missionnée auprès de chacun de nous, pour que nous atteignons notre plein potentiel. Elle sait pertinemment que la route sera longue et jonchée d’obstacles, que nous hésiterons à couper les liens qui nous entravent, mais soyez sûrs qu’elle restera toujours à nos côtés.
C’est en acceptant consciemment sa compagnie que nous pourrons aller au-delà de nous-même. Il n’y a pas plus fidèle alliée que cette peur qui nous malmène.
Le Temps jouera toujours en ta faveur
Le Temps a des vertus curatrices auxquelles nous accordons peu de crédit.
C’est une erreur que nous commettons tous. Au fur et à mesure des épreuves que nous traversons et tandis que nous approchons de la force de l’âge, nous nous persuadons que si la vie n’a rien pu pour nous, alors le temps non plus.
Pourtant, ce dernier est un puissant guérisseur dont les soins ont fait leurs preuves tout au long de nos vies. Oui, le Temps possède des pouvoirs dont nous ne soupçonnons pas la pérennité : capable d’agir sur les cœurs éconduits, de disperser le trouble de nos esprits, d’apaiser l’âme dans ses tourments, il est un mage bienfaisant à la pointe de la médecine, celui qui par sa sagesse, nous permettra de guérir nos blessures les plus enfouies.
Et bien que nous remettons sans arrêt en cause la longueur de son traitement, nous finissons toujours par éprouver pour lui, une profonde reconnaissance. Alors la prochaine fois que nous souffrirons pour une quelconque raison, rappelons-nous que la douleur est faite pour s’estomper et laissons le Temps, nous livrer sa médication la plus indiquée.
« Dans de cruelles circonstances, je n’ai ni gémi ni pleuré, meurtri par cette existence, je suis debout bien que blessé... » - Invictus, William Ernest Henley
Axelle B.
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