LE BÛCHER ET L'ANTHROPOCOSME
À Constance jadis, sous l'œil de l'imposture,
Le Concile aveuglé voulut brûler le vrai.
Jérôme et le bon Huss, bravant la forfaiture,
Offrirent leur chair vive au feu d'un lourd décret.
L’Usurpateur pensait, par l'ardeur du supplice,
Réduire la parole et fermer la matrice.
Mais le bûcher n'est rien qu'un rythme qui palpite,
Une aube qui s'éveille au gouffre de la nuit.
Car l’Idée et la forme, en la cendre qui s'agite,
Trouvent la Gestation quand le vieux monde est détruit.
Ce qui fut consumé sert de socle à ce qui vient,
Et l'Ordre souverain du désordre se souvient.
Faire et puis défaire, aspirer, expirer,
L'univers est le souffle où chaque atome résonne.
L'heure, le jour, le mois, ne font que préparer,
La chute des tyrans quand la justice tonne.
Le feu qui tue le corps, dans la danse des temps,
Libère la lumière et l'esprit résistant.
L'Humain n'est pas la cendre éparpillée au vent,
Il est l'Anthropocosme, ultime parchemin !
La carte où la Sagesse, au cosmos se mouvant,
Déchiffre la Genèse et trace le grand chemin.
L'Irréductible naît du feu de ses aïeux :
Conscience totale au vaste miroir des cieux !
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