Exercice d’écriture : 5 mots imposés (en caractère gras dans le texte)
Exercice d’écriture : 5 mots imposés (en caractère gras dans le texte)
Balance ton quoi ?
La radio diffusait la douce voix de Stephan Eicher. « On finit par s’y faire avec un peu d’entrain, on sait bien que nos misères ne prennent jamais fin… ». La poésie de Philippe Djian contrastait avec le chaos qui s’offrait aux yeux de Jonas. Le salon était dévasté. Le consistoire avait dégénéré.
Jonas se mit à inventer ses propres apocopes.
— Mes pola…Mes pola…
Ses livres cornés, ses livres malmenés, ses livres détruits.
Comment en était-on arrivé là ?
Comme à chaque fois, ça avait démarré par une querelle picrocholine.
— Leïla, Leïla, Leïla, je te l’ai déjà dit mille fois : pas de jupe au boulot. Pas de jupe, hein ?!
Mais Leïla ne répondit pas. Elle restait muette, inerte au milieu de l’amas de livres.
— Leïla, tu es une fille si belle, si douce, si docile et aimante. Tu ne m’aurais jamais trahi, jamais trompé. Je m’en assurais. Mais tu ne pouvais pas t’empêcher de t’habiller comme une vraie putain, espèce de salope !
Une tirade violente, une palinodie brutale, de celles qui nous font monter les larmes aux yeux et le rouge aux joues. Sauf que Leïla, elle, ne pourra plus jamais faire monter les larmes à ses yeux, ni le rouge à ses joues : elle gît sur le sol, tabassée à mort par son gentil mari.
Et le journal du lendemain de titrer dans les pages des faits divers : « Raptus suicidaire hier en banlieue nancéienne. »
Nous étions en 1994. Le #balancetonporc avait vingt-trois ans de retard pour sauver la belle Leïla.
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