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11.Europe, la belle
Fiction
Adventure
calendar Veröffentlicht am 4, Okt., 2026
calendar Aktualisiert am 4, Okt., 2026
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11.Europe, la belle

13 septembre 2299

Chères toutes et chers tous. Comment allez-vous aujourd’hui ?


Nous venons de terminer la mission de Charlèt. Nous sommes le matin, à la surface d’Europe. Plus exactement nous situons dans la station scientifique O.M.E.G.A. C’est l’unique station scientifique de toute la surface. Elle est basée à 1 kilomètre sous la surface du manteau de glace.

D’abord Europe. Comme la convention galiléenne, de la protection de la biodiversité (convention galiléenne) la protège, elle est non colonisable, seuls les scientifiques et les étudiants ont le droit d’y mettre les pieds. On ne peut même plus construire de nouvelles stations de recherche. Autant dire que dehors qu’on se sent un peu seul.

Pour venir sur O.M.E.G.A., nous sommes passés par le S.M.O.B. Le musée se trouve pile au-dessus. Si la partie publique du S.M.O.B est constituée d’un grand nombre d’aquariums, toutes espèces confondues, mais principalement venant des systèmes jupitériens et saturniens), la partie privée est un centre de recherche actif. Par contre, il n’y a pas de dôme ni de ville ici. Tous les jours les équipes retournent vivre dans les dômes de Ganymède ou à JupiterCity.

Nous nous sommes soumis à quelques examens standards et puis, nous avons pris un ascenseur gravitationnel (une toute petite navette). 3 heures de descente plus tard, nous aidions Charlèt à débarquer le matériel dans un froid de canard.



Concernant la recherche, Charlèt étudiait principalement la morphogenèse jupitérienne. Lui et l’équipe dont il fait partie essaient de savoir si zoologie d’Europe et celle de Ganymède sont d’une unique et même souche. Si c’était le cas, cela voudrait dire qu’il y a eu transfert de vie entre les deux lunes. Aujourd’hui, trois théories s’affrontent :

  1. Les lunes ont été attrapées par Jupiter et la vie s’est développée chacun de son côté sans qu’il y quelconque interaction.
  2. Les lunes ne formaient qu’une énorme lune qui a explosé sous les forces de marées donnant les 4 grosses lunes galiléennes et toutes les petites autres.
  3. Un astéroïde en a percuté une des deux, envoyant de la vie sur une autre.
  4. Un peu de tout cela.

Pour corroboré une de ces hypothèses, il faut trouver un facteur commun et c’est ce à quoi Charlèt travaille. Il pèche des spécimens sur les deux lunes, les faits régressé génétiquement (oui, on peut pratiquer cela. Même technologie qui fait rajeunir les vieux riches) et comparent leurs caractéristiques. Dépendant du nombre de régressions et de caractères communs alors nous pourrons savoir d’où viennent les lunes. Ingénieux non.

Donc nous étions ici pour pêcher. Notre mission n’a pas duré longtemps, à peine une 20aine d’heure. Le temps de descendre l’hameçon, de capturer un « poisson » et de le remonter.

L’hameçon, c’est un engin hélitreuillé automatique qui peut chauffer la banquise à une température de 80 degrés tout le long des 100 kilomètres de glace. Pourquoi 80 degrés ? Et pas 110 ou 4. Parce que 80 est la température idéale pour qu’un objet puisse avancer dans un bloc de glace le plus rapidement. L’autre point assez magique, c’est le câble de nanoparticule, est chauffé aussi (vu que c’est lui qui transporte l’énergie jusqu’à l’hameçon). Avec tout cela, il ne fallut pas plus de 5 heures pour parcourir les 100 kilomètres. 5 heures pour descendre, pêcher de la vie, 5 heures pour remonter (grâce au treuil). Voilà notre journée sur Europe.



La pêche prit par contre un certain temps, car l’équipe cherchait un animal bien particulier. Un Europarichthys colubrinus. Or comme on n’y voit que dalle là-dessous, c’était assez compliqué. L’hameçon ne contient d’ailleurs pas de caméra, juste un écho radar qui retransmet une vague holographie que seul un œil expérimenté peut comprendre. Une fois qu’on pensait en trouver un, l’hameçon restait immobile, ouvrait son clapet et émettait un signal d’attirance. Une fois pris au piège, on pratiquait une analyse ADN rapide, si c’était bon, on remontait le tout. Sinon on ouvrait et on recommençait plus loin. Nous avions eu besoin de 4 prises avant d’avoir le bon.

Pendant les vingtaines d’heures, nous avons dormi (un peu, beaucoup) ; avons aidé les chercheurs à ranger, sommes aussi sortis pour marcher à la surface, mais pas bien loin pour ne pas se perdre (même si mon connecteur connaissait le chemin) et puis ce n’était pas comme s’il y avait nombre de choses à visiter dans le coin.

Si Yosméria était aux anges de voir de la biologie proactive, moi j’avoue que j’étais surtout impatient de regarder la bête en vrai ces créatures que nous n’avions qu’en holo. Mais il n’y avait rien. Ou plutôt, impossible de voir, car l’hameçon est fermé hermétiquement (pour garder la pression et l’absence de lumière) ainsi que pressurisé. Charlèt nous expliqua que ce n’était pour ne pas les tuer sur le cou. L’aquarium de quarantaines au S.M.O.B n’attendait plus qu’eux.


À plus pour d’autres nouvelles.


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