1.Moi, mes amis et notre projet
18 août 2299

Ceci est le premier billet de mon carnet de voyage. Un voyage qui, je l’espère, m’emmènera aux confins du système solaire… avant de revenir :-D.
Mais commençons par les présentations. Je m’appelle Ismérine, j’ai 19 ans et depuis gamine, j’habite avec mes parents dans la ville d’AmstrongTown, une petite bourgade de 20 millions d’habitants sous coupole non loin de la capitale lunaire : LunarCity. Mes grands-parents s’y sont installés dans leurs jeunesses afin d’y monter une ferme d’oxygène et depuis, ma famille a pérennisé ce business.
Mes vieux n’ont jamais été de grands voyageurs. Loin de là. La culture d’oxygène, c’est chronophage (mais assez passionnant pour qu’ils y sacrifient leurs vies). Si je devais énumérer mes voyages passés, la liste tiendrait sur quelques lignes. Mis à part des aller-retour sur terre pour des raisons familiales, je n’ai jamais quitté cette bonne vieille lune terrienne. J’y suis né, j’y ai grandi et jusqu’à présent, c’est tout ce dont je peux me vanter d’avoir vu.

Comme nombre d’étudiants, il y a un peu moins de deux mois, j’ai terminé mes examens de fin d’année (avec un « 18 » comme note finale). Je dois maintenant aller m’inscrire dans une université. Mais encore faut-il savoir ce que je désire vouloir étudier. Si dans un premier temps, j’envisageais la finance, je ne suis pas sûr que cela soit ma panacée. J’aurais tant voulu ressembler à mes amis, qui connaissent exactement la trajectoire de leurs existences. Certains restent sur la lune, d’autres vont aux quatre coins du système solaire. Dans tous les cas la plupart savent ce qu’ils veulent pour l’année prochaine.
Par exemple, Yosméria (ma meilleure amie) ne jure que par la Spaléontologie. L’étude de fossiles retrouvés sur d’autres planètes que la Terre (comme Mars) la passionne depuis toute petite. D’aussi loin que je me souvienne, elle me parle de spaléontologie. Je ne compte plus le nombre de fois qu’elle ait visité le musée martien des sciences naturelles (le Muhinama). Sa chambre est un sanctuaire à elles toutes seule, remplie d’holo3D. Les ossements l’ont toujours fascinée. Et vu son caractère, cela lui va à merveille (et non, je n’ai pas dit qu’elle avait un look poussiéreux : — )).
Pour Yosméria, elle a déjà choisi son université, cela sera sur Ganyversity, l’une des plus grandes et prestigieuses écoles supérieures se trouvant dans la région Jupitérienne. Enfin, ça, c’est ce qu’elle étudiera, non pas dans quelques jours, mais dans un an. L’année qui arrive comportera le plus important évènement sportif du système solaire : la GraviBall SolarCup (GB-SC). Il aura lieu sur Vénus.
Il se trouve que mes 3 amis les plus proches (Yosméria ainsi que Cédric et Grétory, les deux tourtereaux inséparables.) sont ultra-fan de Graviball. Quand, il y a un mois, Cédric annonça que son père lui avait offert 4 pass reçus de son entreprise, il y eut de la joie, beaucoup de joies, mais surtout un gros problème. Le GB-SC, c’est en mai, donc leurs examens de première année auraient été foutus, donc leurs premières années d’étude seraient foutues ; et dans leur cloud. Une année de foutue ; cela aurait fait tache. Alors Cédric eut une idée. « Pourquoi ne pas partir une année en voyage, visiter les merveilles du système solaire pendant toute une année sabbatique ? En plus, une année sabbatique, cela pourrait être valorisé dans notre cloud. »
Et en moins d’une semaine, ils prévoyaient (pour ne pas dire rêvaient) d’explorer « Europe », d’aller voir Saturne. Bref, « Voir du système » comme on dit. Ils avaient reçu 4 places, ils étaient trois. Ils savaient que la partie voyage m’intéresserait alors ils m’ont proposé leur projet. Comme je n’avais pas trop envie d’aller directement étudier, j’ai répondu oui.
Voilà le sujet de cette tranche de vie numérique : nous suivre dans cette aventure. Je vais essayer de vous détailler notre voyage le plus possible : ce que nous irons voir, nos débrouilles, nos plans. Cela pourra servir aux générations futures ou tous ceux qui voudraient tenter la même expérience que nous.
Bon, en toute honnêteté, nous n’avons pas encore prévu grand-chose. D’après nos connecteurs, il s’avérait que le plus simple pour ce genre de voyage était d’aller dans un Student Travel Partener. Nous aurions pu nous y connecter, mais il y en a un sur Mars, or comme Grétory et Cédric étaient au mont Olympe (Passionnés de ski, ils sont partis dévaler les pentes une dernière fois avant longtemps, mais j’y reviendrai en temps voulu). Ils nous ont proposé de les rejoindre pour quelques jours de glisses (qui sera aussi quelque chose de nouveau pour moi).
Si jamais vous voulez nous imiter, voici deux/trois trucs à prévoir :
- Prévenir les parents AVEC DOUCEUR, surtout s’ils ne sont pas habitués à voir leur oisillon quitter le nid plus de 2 jours :-D. Heureusement que ceux de Yosméria ont rassurés les miens(et j’ai promis que je les appellerai tous les jours).
- Aller demander votre passeport voyage-étudiant. Il offre plein de compensations, par exemple des prix sur les billets de la Musk Interplanetar Transport Company (M.I.T.C.). C’est un must à avoir sur soi quand on est un étudiant voyageur.
- Aller demander de recevoir la prime sabbatique. Pour tous ceux qui ne la connaissent pas, c’est une prime offerte aux jeunes qui partent découvrir le système. Pour l’activer, il suffit de vous connecter aux mairobots. Ce n’est pas énorme, mais c’est toujours un plus au revenu de base qu’on perçoit chaque mois par le gouvernement interplanétaire. Il y a quelques contraintes évidemment (par exemple, prouver que nous sommes allées dans plusieurs endroits, où visiter plusieurs musées, etc.), mais en comparaison de ce que cela offre, c’est bien peu de chose.
- Prendre un sac avec lequel on peut voyager facilement (merci Antonien pour ce conseil). Limite, il doit savoir se transporter à la main (ou sur le dos). Imaginer que le porte-gravity défaille, je devrai moi-même la porter :-D.
- Faire débloquer les IPL (interplanétaire localisation) de votre compte en banque. Sans cela, impossible de dépenser votre argent sur d’autres planètes.
- Mettre à jour votre connecteur pour qu’il soit autorisé à voyager. Moi, mon connecteur est lunettisé (oui je le porte sur le nez à la oldschool. Je trouve cela plus facile même si je possède une excellente acuité visuelle). J’ai pu l’updater moi-même. Mais si vous détenez un connecteur cutané (comme Yosméria. Elle l’a installée à côté de l’œil droit) alors, une petite visite chez un médibot s’impose.
Voilà, notre voyage commence ici, au spatioport lunaire. Nous sommes toutes les deux assises, mais surexcitées, attendant notre embarcation pour cette grande aventure dans un Elon X-356. Direction : Mars.

Oh ! Et pour ceux qui se demandent pourquoi ce billet ressemble à cela, c’est parce que j’ai choisi le thème millénal. Aussi j’ai décidé d’écrire avec un « clavier » et non avec un pense-dictée. (Le clavier, c’est old-school.:-D). Imaginez une grille de 6 lignes par 15 colonnes. À chaque case correspond une lettre que l’on doit taper avec un doigt (oui oui, vous m’avez bien lu, c’est physique). Il y a 300 ans, tout le monde écrivait comme cela (vu que les penses-dictées n’existaient pas encore). J’en ai installé un sur ma esheet et je rédigerai tout ce carnet de voyage avec. J’espère que cela vous plaira.
À plus pour d’autres nouvelles.
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