Elle...
Elle...
Je me souviens de ces paroles :
« La cigarette après l'amour
Ne s'écrase qu'au petit jour
Les mégots plein le cendrier
Voulaient p’t-être dire qu’on s’est aimé. »
Elles sont encore bien présentes, tant elles résonnent.
Je ne fume plus depuis bien longtemps, un temps révolu, mais ces paroles témoignent de cette nuit passée entre tes bras.
Le cendrier n’est plus, mais mon désir d’être avec toi s’est consumé à la limite de la brûlure, tant l’intensité fut forte.
Jouer avec le feu était tentant.
L’allumette craquait, et c’est mon désir de toi qui s’enflamme.
La lueur de cette flamme dans ton regard m’attrape, m’hypnotise, tant les couleurs changent et jouent dans leurs nuances.
Je la porte à cette cigarette, pour nourrir cette envie.
La chaleur monte, et se dégage cette fumée si fine, si dansante.
J’y vois tes courbes.
Un corps si fragile que, si je viens à vouloir le saisir sans tendresse, il m’échappe des mains ; alors je cherche seulement à l’effleurer, telle une douceur incandescente.
Je n’ose parfois m’en approcher : la brûlure peut être si douloureuse qu’elle laisse une trace qui met du temps à disparaître.
La douleur est souvent sourde, portée par sa violence, par son intensité.
Mais je ne peux me résigner à ne pas vouloir être auprès d’elle.
La tentation de reprendre cette cigarette que j’ai mis tant de temps à oublier, pour ne plus en être dépendant, revient parfois.
À ne plus chercher à assouvir quand elle me manque.
On n’est souvent peu de chose.
L’amour, tel une cigarette que l’on pose sur ses lèvres : à trop vouloir le solliciter, il se consume sans qu’on parvienne à le retenir.
« La cigarette après l’amour… »
Colaborar
Puedes apoyar a tus escritores favoritos

